Bernard Pivot ne lit jamais « ni allongé, ni couché, ni au bord de la mer »

Bernard PIVOT© Malick MBOW
Bernard PIVOT© Malick MBOW

le 07 décembre 2019

Alors que Bernard Pivot a annoncé mardi quitter la prestigieuse Académie Goncourt, il était samedi l’invité de l’émission « C’est arrivé demain ». Il se confie sur ses futures lectures et relectures au micro de Patrick Cohen.

INTERVIEW

Mardi, Bernard Pivot tournait la page de l’Académie Goncourt après cinq ans de présidence pour profiter de la vie et de ses étés. Un temps disponible que le célèbre journaliste consacrera désormais à sa famille et à la relecture de classiques de la littérature française, toujours bien assis à une table.

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« Pour lire, il faut avoir le cul bien stable »

Le journaliste de 84 ans, connu pour avoir animé chaque vendredi soir l’émission littéraire Apostrophes entre 1975 et 1990, ne consacrera plus ses étés à lire entre 50 et 70 romans pour le Goncourt. Désormais, il va pouvoir lire et relire des livres pour le plaisir mais il ne changera pas ses habitudes de lecture pour autant. Car Bernard Pivot ne lit « jamais allongé, ni couché, ni au bord de la mer ». « Je suis devant une table », précise-t-il. « Je peux prendre un livre et puis prendre des notes. Sans confort. » Selon le journaliste, pour lire, « il faut avoir le cul bien stable et plutôt sur du dur ».

Bernard Pivot va enfin pouvoir relire les classiques de la littérature française, ce qu’il n’a jamais pu faire jusqu’à présent : « J’ai jamais relu. J’ai jamais eu le temps ! Comment vous voulez que je fasse ? Maintenant, je vais relire Huysmans, je l’ai pas beaucoup lu. Comme il sort dans la Pléïade, je vais en profiter et l’emporter à Noël ».

« Cela fait 50 ans que je n’ai pas mis le nez dans un livre de Chateaubriand »

Pour le plaisir, le journaliste va également relire Chateaubriand. « Cela fait 50 ans que je n’ai pas mis le nez dans un livre de Chateaubriand. Les Mémoires d’outre-tombe, est-ce que ça va me tomber des mains ou est-ce qu’au contraire ça va me plaire ? », se demande Bernard Pivot. Il en profitera également pour lire des écrivains qu’il ne connait pas bien comme le poète Patrice de La Tour du Pin. « Tout le monde en parlait dans les années 70 et finalement je ne l’ai jamais lu. Et je me suis toujours dit ‘c’est une faute professionnelle mon pauvre Bernard !’. Mon bonheur, c’est aussi de prendre un volume de Voltaire dans la Pléïade puis lire la correspondance de Voltaire. C’est un bonheur de lire ses lettres. », explique-t-il.

Pour Bernard Pivot, « ce qui est important, c’est l’écriture. L’écriture de Jean-Louis Hue quand il raconte la pluie, l’écriture de Houellebecq, certains n’aiment pas mais elle est intéressante et originale ». Il note aussi l’écriture de Jean-Paul Dubois, Prix Goncourt 2019, « formidable ». Et celle d’Amélie Nothomb, dans son livre qui s’intitule Soif : « elle a trouvé une manière de faire dire à Jésus des paroles qui sentent un peu le soufre mais c’est remarquablement écrit », constate le journaliste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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