François Hollande se lance dans la lutte contre la corruption

François HOLLANDE - © Malick MBOW

François HOLLANDE – © Malick MBOW

Par Grégoire Normand  |  06/07/2018,

 

 

Plus d’un an après avoir quitté la présidence de la République, François Hollande a décidé d’être le président d’honneur de l’association Stop Corruption. (Crédits : Gonzalo Fuentes)L’association Stop Corruption, co-présidée par l’ancien ministre des Finances Michel Sapin et l’ex-député de Loire-Atlantique Michel Hunault, veut organiser une grande conférence internationale le 11 décembre prochain à Sciences-Po. Le président d’honneur de l’organisation François Hollande devrait faire le discours d’ouverture.

La lutte contre la corruption va avoir son grand rassemblement à Paris. Lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de Sciences-Po Paris le 5 juillet, l’ancien ministre des Finances Michel Sapin, l’ancien député Michel Hunault spécialisé dans la lutte contre le blanchiment et le directeur de l’école de la rue Saint-Guillaume Frédéric Mion ont annoncé qu’une grande rencontre intitulée #Stopcorruption aura lieu le 11 décembre prochain à l’institut d’études politiques.

Pour l’ancien ministre de François Hollande, « ces valeurs d’éthique sont décisives dans la construction des démocraties et l’efficacité du monde économique. » La récente mise en examen de Vincent Bolloré pour des soupçons de corruption dans l’affaire des ports africains rappelle que ce type de pratique est loin d’avoir disparu dans les milieux politico-financiers.

Lire aussi : Vincent Bolloré mis en examen pour « corruption » dans l’affaire des ports africains

Régulation des mouvements financiers

Au printemps dernier, François Hollande (président d’honneur), Michel Sapin (co-président), Michel Hunault (co-président), Daniel Lebègue (ancien président de l’association Transparency International France) et Gérard Rameix (ancien président de l’autorité des marchés financiers) ont crée l’association #Stopcorruption qui veut notamment assurer « la transmission et la sensibilisation aux valeurs de l’éthique. » Les membres fondateurs veulent également promouvoir « la défense de la transparence et de la régulation des mouvements financiers. »

La conférence qui « se veut être un lieu d’échanges et de réflexion de haut niveau » prévoit d’inviter des représentants des institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE), des responsables politiques et des dirigeants d’entreprise.

« Si de nombreuses mesures ont été mises en oeuvre ces dernières années, beaucoup reste encore à faire. Les opinions publiques exigent de leurs dirigeants des mesures fortes et un engagement », explique le communiqué.

Un manifeste en faveur de la lutte contre la corruption

Lors de cette journée, les organisateurs ont prévu la tenue de six tables rondes sur des thèmes différents :

  • le renforcement de la coopération internationale « comme condition de l’efficacité dans la lutte contre la corruption » ;
  • la mobilisation citoyenne à travers l’exemple des ONG ;
  • les entreprises face à la corruption ;
  • la corruption et son impact sur le développement des pays émergents et la protection de l’environnement ;
  • l’action de l’Union européenne contre la corruption ;
  • le rôle des médias et de la justice

Ces rencontres devraient accueillir des intervenants des secteurs public et privé tels que Nicole Notat, présidente de Vigeo Eiris, Pascal Saint Amans, directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE ou encore l’ancienne Garde des sceaux, Christiane Taubira.

À l’issue de cette journée, les organisateurs ont prévu de publier un manifeste « qui réaffirmera l’importance d’une stratégie ambitieuse et globale en faveur de la lutte contre la corruption. » Michel Sapin a également annoncé que l’Élysée était convié à l’événement. « L’objectif est de montrer qu’il y a une continuité dans l’action des différents gouvernements ». À l’été 2017, le gouvernement d’Édouard Philippe a fait voter la loi de moralisation de la vie publique comprenant, entre autres, les interdictions des emplois familiaux et d’activité de conseil pour les parlementaires.

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