Crise avec la Corée du Nord : les Etats-Unis revendiquent une « résolution diplomatique »

 

TRUMP-KIM-2017 © Malick MBOW
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TRUMP-KIM-society © Malick MBOW
TRUMP-KIM-society © Malick MBOW

Washington a annoncé mardi prendre des sanctions à l’encontre de huit banques nord-coréennes accusées d’alimenter le développement du programme nucléaire de la Corée du Nord.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 26.09.2017 à 12h07 • Mis à jour le 26.09.2017 à 21h25

 

Le ministre de la défense américain, Jim Mattis, a assuré, mardi 26 septembre, lors d’une conférence de presse à New Delhi, en Inde, que le « but » des Etats-Unis était « de résoudre ça diplomatiquement », le « ça » renvoyant à la crise actuelle avec la Corée du Nord.

« Nous gardons les capacités de contrer les menaces les plus dangereuses de la Corée du Nord, mais également d’appuyer nos diplomates de manière à cantonnercela le plus longtemps possible au niveau diplomatique », a-t-il précisé, alors que Pyongyang a menacé de procéder à un essai de bombe H dans l’océan Pacifique la semaine dernière.

Washington sanctionne huit banques

Washington a également annoncé, mardi, prendre des sanctions à l’encontre de huit banques nord-coréennes et 26 ressortissants accusés d’alimenter financièrement le développement du programme nucléaire de la Corée du Nord.

« Nous ciblons des banques nord-coréennes et des facilitateurs de financement qui représentent les banques nord-coréennes à travers le monde », a commenté le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, soulignant la stratégie américaine d’« isolement total » de la Corée du Nord, pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

« Les individus sanctionnés aujourd’hui sont des ressortissants nord-coréens opérant en ChineRussieLibye et aux Emirats arabes unis en leur qualité de représentants des banques nord-coréennes » dans ces pays, précise le Trésor dans un communiqué. Parmi les banques visées figurent l’Agricultural Development Bank, l’Hana Banking Corporation, l’International Industrial Development Bank ou encore la Jinmyong Joint Bank.

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Cette annonce intervient moins d’une semaine après que les Etats-Unis ont renforcé l’arsenal de sanctions économiques visant des personnes et des entreprisesaccusées d’apporter leur aide au programme militaire nord-coréen.

Dimanche, le président états-unien a annoncé un nouveau décret migratoire interdisant d’entrée, entre autres, les citoyens nord-coréens. La veille, des bombardiers américains avaient volé près des côtes nord-coréennes pour envoyer un « message clair » au dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, selon le Pentagone.

Le même jour, le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong-ho, faisait son discours à l’Organisation des Nations unies, qualifiant M. Trump de « personne dérangée » et « mégalomane ». Quelques jours plus tôt, à la même tribune, le président américain avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord si le pays attaquait les Etats-Unis.

« Déclaration de guerre »

Lundi, la Corée du Nord avait accusé Donald Trump de lui avoir « déclaré la guerre », en envoyant des bombardiers près de ses côtes. Le ministre des affaires étrangères nord-coréen a menacé ainsi directement l’armée américaine :

« Nous avons tous les droits pour prendre des contre-mesures, y compris le droit d’abattre des bombardiers stratégiques, même s’ils ne se trouvent pas encore dans l’espace aérien de notre pays. »

« Trump a affirmé que nos dirigeants n’allaient plus être au pouvoir pour longtemps », s’est insurgé le chef de la diplomatie nord-coréen. « La question de savoir qui ne restera pas là longtemps va trouver une réponse », a-t-il menacé.

« Nous n’avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord et, franchement, une telle suggestion est absurde », a rétorqué Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l’exécutif américain. « Nous avons le droit de voler, de naviguer et d’opérer partout dans le monde où c’est légalement permis », a fait valoir le Pentagone.

Reste que cet acte a ajouté une pression militaire à des tensions politiques qui ont duré toute la semaine, à l’occasion d’une surenchère d’insultes et de menaces de la part des deux pays.

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La guerre serait « encore pire »

Dimanche, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait déjà mis en garde contre « une catastrophe imprévisible » en cas de dérapage entre les deux pays. Selon lui, la crise actuelle peut être résolue par « des caresses, des suggestions et de la persuasion ».

La Chine, principale alliée de Pyongyang et première partisane d’une solution diplomatique à la crise, a également prévenu mardi que « personne ne sortirait vainqueur d’une guerre dans la péninsule coréenne, qui serait encore pire pour la région ». Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois s’est inquiété que « les provocations mutuelles » accroissent « le risque d’une confrontation ».

« Nous espérons que les responsables politiques américains et nord-coréens auront suffisamment de jugement politique pour comprendre que le recours à la force militaire ne sera jamais une façon viable de résoudre la question de la péninsule », a-t-il ajouté, alors que l’agence de presse sud-coréenne relevait mardi que la Corée du Nord semblait avoir renforcé ses défenses sur la côte orientale du pays.

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