
Par LEXPRESS.fr , publié le 04/04/2016
L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac fait partie des personnes identifiées dans les fichiers de Mossack Fonseca au Panama.
afp.com/MARTIN BUREAU
Jérôme Cahuzac, le roi d’Arabie Saoudite, le président ukrainien… L’Express fait le point sur les noms qui apparaissent dans la liste des personnalités impliquées dans le scandale planétaire d’évasion fiscale.
140 noms ont été dévoilés à partir des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, qui ont fuité dans le cadre de l’affaire planétaire d’évasion fiscale nommée « Panama Papers« .
En France, un millier de personnes auraient eu recours aux services de Mossack Fonseca sur la période concernée par les documents (1977 à 2015), a déclaré Elise Lucet sur RTL ce lundi. Son magazine Cash Investigation fait partie des médias ayant eu accès aux fichiers complets.
EN DIRECT >> Panama Papers: révélations sur un gigantesque scandale d’évasion fiscale
Cahuzac, Platini, Balkany…
Parmi les personnalités politiques et les proches d’élus au pouvoir, un nom apparait: celui de l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a démissionné en 2013 après les révélations sur ses comptes à l’étranger et l’enquête qui le vise pour fraude fiscale. « L’avocat de Jérôme Cahuzac a fait savoir que son client réservait ses explications pour son procès prévu en septembre 2016 », précise Le Monde.
Michel Platini, résident suisse, suspendu de l’UEFA pour une affaire de corruption présumée, apparaît aussi dans les fichiers de la société panaméenne pour avoir procuration sur une société nommée Balney Enterprises Corp. Dans le monde du football, l’Argentin Lionel Messi est cité. Il aurait ouvert un compte offshoreau moment où le fisc espagnol a commencé à s’intéresser à ses affaires.
Jérôme Fenoglio, le directeur du journal Le Monde, qui a participé avec une centaine d’autres médias à l’enquête, a mentionné ce lundi matin sur France Inter l’implication d’un « grand parti national français ». Il a par ailleurs évoqué le nom du président syrien Bachar Al-Assad, qui aurait utilisé les comptes offshore pour contourner les sanctions internationales consécutives à la guerre en Syrie.
Le magazine Cash Investigation de Mossack Fonseca, mentionne par ailleurs Patrick Balkany, ainsi que l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi (propriétaire d’Altice Media Group, actionnaire de L’Express). Concernant ces derniers, aucune précision n’est apportée sur leur implication. Il cite également laSociété Générale, qui « administre encore des dizaines de sociétés écran dans les paradis fiscaux ».
Un autre Français impliqué est l’architecte français Patrick Henri Devillers, associé de l’épouse d’un ancien dignitaire chinois, Bo Xilai.
Douze chefs d’Etat et de gouvernement
Douze chefs d’Etat et de gouvernement figurent dans les documents. Parmi eux, certains sont actuellement en fonction: le président argentin Mauricio Macri, le premier ministre islandaisSigmundur Davíð Gunnlaugsson, le roi d’Arabie Saoudite Salmane Al Saoud, le président ukrainien Petro Poroshenko, et le président des Emirats Arabes Unis Khalifa bin Zayed.
Tous ont fait enregistrer des sociétés offshore dans un paradis fiscal par Mossack Fonseca, affirme Le Monde. Sociétés offshore qui ne sont pas forcément liées à des activités illégales, même si le soupçon de fraude fiscale est lourd.
Des proches de personnalités politiques de premier plan
En Europe, le nom du père de David Cameron(décédé en 2010), de l’épouse du commissaire européen au climat Micaela Domecq Solis Beaumont, et de la soeur de l’ancien roi d’Espagne Pilar de Borbon, apparaissent aussi dans les archives de Mossack Fonseca.
– Des proches du président russe Vladimir Poutine, aidés par des banques et d’autres entreprises, seraient impliqués dans un détournement de quelque 2 milliards de dollars en utilisant des sociétés écran, obtenant ainsi de l’influence auprès des médias et de l’industrie automobile. Le Kremlin a accusé le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) d’avoir lancé une « campagne d’informations » mensongère.
Les révélations touchent tous les continents. le secrétaire particulier de Mohammed VI, le roi du Maroc, un collaborateur de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, un neveu du président sud-africain Jacob Zuma, ou encore la fille du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, et le beau-frère du président chinois Xi Jinping. Aucun responsable politique américain ne figure dans la liste, en revanche.
Des banques et des chefs d’entreprise
Plus de 500 banques, filiales et succursales ont travaillé avec Mossack Fonseca depuis les années 1970 pour aider leurs clients à gérer des sociétés offshore. Plus de 1100 sociétés ont ainsi été mises en place par l’intermédiaire d’UBS et plus de 2300 par l’intermédiaire de HSBC et ses filiales.
29 milliardaires figurant sur la liste de Forbes des personnes les plus riches au monde sont mentionnés.
Et l’argent du crime
Le cabinet d’avocats panaméen a travaillé avec au moins 33 personnes et sociétés figurant sur la liste noire des Etats-Unis en raison de liens entretenus avec des barons mexicains de la drogue, des organisations terroristes ou des Etats voyous, incluant la Corée du Nord.
Parmi les clients du cabinet figurent aussi des responsables de chaînes de Ponzi (un système d’escroquerie), des fraudeurs fiscaux ainsi qu’un homme d’affaires américain condamné pour s’être rendu en Russie afin d’avoir des rapports sexuels avec des orphelins mineurs.
Les fichiers identifient une personne qui a affirmé avoir organisé une campagne de versements illégaux à hauteur de 50 000 dollars destinés à payer les cambrioleurs du Watergate aux Etats-Unis.