L’ambassadrice d’Italie convoquée au Quai d’Orsay après des propos de Di Maio accuse la France de ne pas «décoloniser» l’Afrique

Luigi-Di-Maio © Malick MBOW
Luigi-Di-Maio © Malick MBOW

L’Italie accuse la France de ne pas «décoloniser» l’Afrique

 

 

  • Mis à jour le 22/01/2019
  • Les polémiques se multiplient entre la France et l’Italie. Le leader italien, Luigi Di Maio, a accusé dimanche la France «d’appauvrir l’Afrique» et d’être à l’origine du drame des migrants en Méditerranée.

L’ambassadrice d’Italie en France, Teresa Castaldo, a été convoquée lundi au ministère français des Affaires étrangères après des propos du vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, accusant la

l’Afrique» et d’aggraver la crise migratoire.

«Le directeur de cabinet de la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a convoqué l’ambassadrice d’Italie, Teresa Castaldo, à la suite des propos inacceptables et sans objet tenus par des autorités italiennes hier», a indiqué une source au cabinet de la ministre.

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«Si aujourd’hui il y a des gens qui partent, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains»

Luigi Di Maio

Luigi Di Maio a souhaité dimanche que l’Union européenne prenne «des sanctions» contre les pays qui, à commencer par la France, sont selon lui à l’origine du drame des migrants en Méditerranée en les «faisant partir» d’Afrique. «Si aujourd’hui il y a des gens qui partent, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains», a insisté Luigi Di Maio, chef politique du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) qui gouverne avec la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini. Selon Luigi Di Maio, qui est aussi ministre du Développement économique, «il y a des dizaines de pays africains où la France imprime une monnaie, le franc des colonies et avec cette monnaie elle finance la dette publique française». «Si la France n’avait pas les colonies africaines, parce que c’est ainsi qu’il faut les appeler, elle serait la 15e puissance économique mondiale alors qu’elle est parmi les premières grâce à ce qu’elle est en train de faire en Afrique», avait-il argué.

Le ton monte entre les gouvernements français et italiens

Les relations entre Paris et Rome sont extrêmement tendues depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite alliée aux antisystème en Italie en juin 2018. Luigi Di Maio et le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini ont apporté de façon très démonstrative leur soutien aux «gilets jaunes», mouvement qui bouscule la présidence d’Emmanuel Macron. Matteo Salvini a accusé le président français de gouverner «contre son peuple» et a enfoncé le clou en allant jusqu’à souhaiter son départ: «Plus vite il rentre chez lui, mieux ça vaut!».

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Matteo Salvini prêt à se rendre à Paris pour demander l’extradition d’anciens activistes

Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a déclaré le samedi 19 janvier être prêt à rencontrer Emmanuel Macron, pour discuter de l’extradition des activites d’extrême gauche des «années de plomb». «Je suis prêt à aller à Paris pour rencontrer Macron, si cela peut être utile pour ramener ces assassins en Italie», a-t-il affirmé dans un tweet, relayant un article d’Il Giornale.

Selon le ministère de l’Intérieur italien, 27 anciens militants de gauche et trois de droite se cacheraient pour échapper à la Justice. Parmi ces 30 activistes, le gouvernement italien réclame aussi à Paris l’extradition de 14 Italiens recherchés pour terrorisme depuis les «années de plomb» et en fuite en France. Le dimanche 13 janvier, Matteo Salvini avait déjà annoncé qu’il comptait réclamer à la France d’autres militants d’extrême gauche condamnés pour meurtre, après l’arrestation de Cesare Battisti, longtemps protégé par Paris.

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