Plan B : et si Wade jouait la carte Idy ?

 

Idrissa SECK - © Malick MBOW
Idrissa SECK – © Malick MBOW

 

Depuis la polémique ramadanesque consécutive à sa sortie sur la direction de la qibla pour la prière, Idrissa Seck est aphone. Il s’est limité, le jour de la Korité, à théoriser les retrouvailles de la famille libérale en prenant, par cette subtilité du langage dont il a le secret, le soin d’écarter Macky Sall du legs. Pour une mise en perspective historique, il avait pensé au Pr. Serigne Diop pour superviser lesdites retrouvailles ; non sans disqualifier Karim, relativement à la course vers 2019, quand il exhorta à une collecte de fonds pour rembourser la dette que le pré-candidat devrait supposément payer pour être complètement blanchi.

En clair, l’ancien Premier ministre s’est intelligemment mis en pole position guettant un élargissement de l’horizon afférent à la question de la candidature qui agite le parti sopiste. Maintenant que nous y sommes avec la guerre épistolaire entre Me Wade (ou son nègre ?) et son confrère Madické Niang, analysons le fait.

Si le Pds maintient le plan A, il ne s’offre à lui que « d’affronter » Macky Sall pour imposer le format de candidature préétabli, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire quand la candidature refusée de Alassane Ouattara ne s’est accommodée d’aucune compromission pendant 15 ans. Or, en l’espèce, l’état de dispersion des forces de l’opposition ne nous prédispose pas à croire que le Parti démocratique sénégalais puisse exercer une quelconque pression pour changer le cours des choses. Autrement, il ne manquerait pas à Karim le soutien propre à le faire sortir de prison sans devoir souscrire à un protocole secret sous les auspices qataris.

Ainsi, s’il est vrai que Wade a voulu miser sur un autre profil qui ne soit pas libéral pur jus, il coule de source que ce souhait a frustré les légitimistes. Pis, le candidat de substitution, supposé ou réel, pourrait être perçu par l’opinion comme un usurpateur de destin. Dans le cas de Hadjibou Soumaré, par exemple, il sûr que l’ex-Pm va subir les contrecoups néfastes de la dernière actualité. Pourtant, en lançant son mouvement dernièrement, il a rejeté toutes ces accusations en déclarant, urbi et orbi, n’être le plan B de personne.

Même si Madické Niang était choisi, un autre hiérarque du parti libéral, parmi les nombreux faux-numéros 2, ramerait à contre-courant. En fait, le secrétaire général national, victime de son jeu de ruse, est face à un vrai dilemme cornélien.

Cependant, Me Wade peut essayer la carte Idy en initiant, auparavant, des retrouvailles de la famille libérale, sous le mode du rassemblement des houphouëtistes. Pour ce faire, il faut que Karim Wade, qui serait le vrai dépositaire de l’agenda, aille au-delà de la simple réconciliation avec Idrissa Seck en édifiant sur son rôle dans le projet de dévolution monarchique du pouvoir jadis prêté à son père. C’est de cette manière seulement que le leader de Rewmi obtiendra le pardon de l’électorat wadiste. Mais, qui ose avouer ses crimes sans perdre l’estime des complices ?

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