Carles Puigdemont promet l’indépendance catalane mais suspend son application

 

Carles-Puigdemont © Malick MBOW

Carles-Puigdemont © Malick MBOW

M6info

Malgré les mises en garde de Madrid et Bruxelles, Carles Puigdemont, président de la Généralité de Catalogne, a promis l’indépendance de la Catalogne mais veut dialoguer avec Madrid.

Il aura finalement tremblé. Le président de la Catalogne Carles Puigdemont a proclamé mardi le droit de la région du nord-est de l’Espagne à devenir un Etat indépendant. Mais dans le même temps, il a suspendu sa mise en oeuvre du processus afin de permettre un dialogue avec Madrid.

“J’assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d’une République”, a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone. “Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d’indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée.”

Carles Puigdemont n’a cependant pas demandé un vote explicite du Parlement en faveur de cette déclaration d’indépendance.
“La Catalogne a gagné le droit d’être un Etat indépendant”, a estimé le président de la Generalitat, en s’appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre, marqué par une victoire écrasante des partisans du “oui” à l’indépendance (90%) pour un taux de participation de 43%.

Pression de Bruxelles et Madrid

Jusqu’au bout, les dirigeants européens et espagnols auront mis la pression sur le président de la Généralité de Catalogne pour qu’il y renonce.

L’Union européenne, déjà secouée par le Brexit, avait prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas une Catalogne indépendante. Le président du Conseil européen Donald Tusk a encouragé Carles Puigdemont à éviter “une décision qui rendrait le dialogue impossible”, redoutant “un conflit dont les conséquences seraient à l’évidence négatives pour les Catalans, pour l’Espagne et pour toute l’Europe”.

Mise en garde de Madrid

A Madrid, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy avait averti ces derniers jours qu’en cas de déclaration unilatérale d’indépendance, il pourrait suspendre l’autonomie de la région, une mesure jamais appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée.

Le gouvernement espagnol a aussitôt insisté auprès de l’AFP qu’une médiation avec Carles Puigdemont, le leader séparatise, n’était “pas envisageable”. Et la rumeur d’une vidéo-conférence avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été immédiatement démentie par Bruxelles.

Le défi lancé à l’Etat par le dirigeant de cette région au cœur de l’Europe méditerranéenne, où vivent 16% des Espagnols, reste sans précédent depuis que le pays a retrouvé la démocratie en 1977. Les catalans sont divisés presque à parts égales sur le sujet, mais souhaitent en majorité un référendum en bonne et due forme.

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