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Il s’est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu’on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d’en parler pendant une heure, on a foncé.
Cédric Villani : « Face à Ribéry, j’aurais l’air d’un crétin absolu sur un terrain de foot »
On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.
Vous présumez bien.
Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.
Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons… Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.
Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?
On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.
Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.

Ribéry est un surdoué de l’appréciation des effets et des trajectoires. C’est un génie en matière d’appréciation géométrique, alors qu’il est moqué pour son intellect.
J’ai connu tellement de profils différents que j’en ai retenu une leçon : l’intelligence est relative à la situation. Face à Ribéry, j’aurais l’air d’un crétin absolu sur un terrain de foot. J’ai connu des gens dans ma carrière mathématique, vous les voyez et vous dites : (il pose la main sur son front) « Mais quel putain d’inadapté, c’est incroyable, le gars bredouille, il ne sait pas quand c’est à lui de parler… » Et puis derrière, médaillé Fields, en tout cas pour celui auquel je pense. Une femme, des enfants, une maison hors de prix, un salaire dix fois supérieur au mien aujourd’hui… Selon l’angle sur lequel on le prend, on a l’impression que c’est un crétin ou un génie. Et l’un comme l’autre sont faux. Nous trois dans la pièce (il se tourne vers sa responsable communication), on se retrouverait dans le désert à devoir survivre, on aurait l’air de complets couillons là où les tribus touaregs ont appris depuis des millénaires les geste adaptés, et paraîtraient pour des génies par rapport à nous.
À propos d’image, vous avez dit : « Je viens d’un milieu ou quelle que soit l’apparence, même si vous bredouillez un machin d’une voix fluette, tant que vous avez le bon raisonnement, on se couchera devant vous. Alors qu’en politique, et plus généralement dans la vie, la façon dont on se tient, dont on parle, inspire confiance. » De la même manière, il y a parfois des joueurs géniaux à qui l’on reproche leur apparente nonchalance, qui est un procès qui vous a été fait.
(Il rit) On m’a fait toute sorte de procès. Pas adapté, comportements bizarres… Un gars dans la rue m’avait même demandé si je fumais de l’herbe. On a fait toute une histoire parce que début septembre, je me suis retrouvé à danser à la fête de la mairie du XIVe arrondissement, sur la place publique. Les uns et les autres dansant le jerk de façon pas très contrôlée, mais moi, politique, ça a été vu comme un signe d’extravagance, d’excentricité… Notre société aime les cases, et pour moi qui y suis allergique, ça n’est pas quelque chose qui me plaît.
Pendant un temps, on s’est demandé si vous n’étiez pas atteint d’une forme d’autisme. Soupçons qui se sont aussi portés sur Messi des années plus tôt, pour le même bilan : non. On soulignait votre « différence ».
Exactement. Et mon message, quand la question s’est posée, a été en substance : « Qu’est-ce qu’on s’en fout ? » Les gens sont différents, tant mieux, réjouissons-nous. Il y a ce paradoxe dans le discours : « Soyez originaux ! » Et puis quand quelqu’un est réellement différent, on trouve cela très bizarre. Dans le monde de l’économie, c’est un procès qui a aussi été fait à Mark Zuckerberg. Alors attention : spécial, hein, Mark Zuckerberg. Je l’ai rencontré en vrai, hyper control-freak, c’est pas quelqu’un avec qui le contact est simple. Mais qu’on l’aime ou pas, il fait partie des décideurs les plus importants du monde. Eh ! On commence par se respecter.

Vous avez grandi à Toulon et Brive. Vous êtes plus rugby que football ?
J’ai toujours trouvé que le rugby était un sport fascinant, j’étais bien copain à une époque avec Daniel Herrero, la légende de Toulon. Pour la petite histoire, sa fille avait passé le Bac avec mon père comme examinateur. On le sait, le rugby est aussi un sport prisé des intellectuels. Mon directeur de thèse et son collègue, médaillés Fields tous les deux (équivalent du prix Nobel en mathématiques, N.D.L.R.), étaient des grands amateurs de rugby dans les milieux Normaliens, donc c’était naturel pour moi avec ce passé-là.
Le football n’est pas un sport prisé par les intellectuels ?
Comme on dit : Le football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous et le rugby est un sport de voyou pratiqué par des gentlemen…
Étudiant, vous passiez vos nuits à vous amuser à la Traque. Un jeu de rôle où des équipes partaient chacune d’une porte de la ville et devaient s’attraper pour se « tuer symboliquement » . Vous étiez assez sportif, donc. Ce qui n’est pas l’image qu’on a de vous.
Objectivement je crois être assez sportif, même si cela ne se voit pas. J’ai fait le GR20 Corse comme il se doit en famille, un certain nombre de randonnées à vélo nationales et internationales… Le sport a fait partie de mon développement personnel. Pour la Traque, imaginez des groupes de Normaliens qui se répartissent à travers Paris à minuit, en petites équipes de deux ou trois. L’équipe 1 poursuit la 2, qui poursuit la 3, et ainsi de suite. À l’époque c’était un jeu de cabines téléphoniques, et nous devions appeler un standard à intervalles réguliers en disant : « Je suis dans telle cabine. – Très bien, le groupe que tu poursuis est à tel endroit. » Si le groupe qui vous poursuit vous voit dans une cabine pendant que vous êtes en train de téléphoner, il vous court après, tape sur la cabine et vous êtes prisonnier. Vous avez alors le choix entre sortir du jeu ou devenir leur esclave, leur zombie. Au fur et à mesure, les équipes s’éliminent les unes les autres, ça commence à travers tout Paris puis ça se resserre, et ça terminait en une courte-poursuite au petit matin sur l’Île de la Cité ou dans le Ve arrondissement. Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois d’être réellement dans les trois derniers, et vous finissez à 7h du matin après avoir couru toute la nuit. C’était super ! Un vrai défoulement, potache, à une époque où l’on était peut-être moins concernés par les risques de sécurité et surtout sans les téléphones portables qui ont ruiné tout l’esprit du jeu.
Quel est votre rapport au football ?
La première prise de contact remonte à l’école, comme tout le monde. Puis quelques matchs à la TV, et en particulier la Coupe du monde 1998. De façon plus ludique, j’ai joué au foot avec mes gamins comme le font tous les papas du monde. En tant que politique, dans ma circonscription en Essonne, les Ulis est une terre de football. Des gens comme Patrice Évra et Thierry Henry sont passés par là.
Le football est aussi important pour l’humaniste que je suis car cela donne des références internationales, des frissons à partager dans le monde entier. Je me souviendrai toujours de la fois où je suis arrivé dans un café en Palestine, à une époque où j’étais lyonnais. Je commence à expliquer ça, et un interlocuteur me dit : « Ah l’Olympique lyonnais, un grand club ! » Je me suis dit : « Bon sang c’est pas des blagues, le football c’est vraiment un marqueur international qui permet aux uns et aux autres de parler. » Quand vous arrivez à l’aéroport d’Alger et que vous voyez le grand portrait de Zidane sur une tour, voilà quelque chose qui nous lie par-delà les frontières. Ou en Uruguay, (Il se tape sur la cuisse) pays de football s’il en est, bon sang, où des mères de famille commencent à vous raconter par le menu la rivalité avec le Brésil. Vous sentez à quel point c’est un liant.
Étant jeune, vous y jouiez dans la cour ?
Non car dans la cour d’école, je jouais à mon sport favori : le tennis de table. C’était vraiment une part importante de ma vie pendant une époque, j’ai été classé 35. Mon petit frère a été jusqu’à 25 (au-delà de ce classement, on devenait numéroté français, N.D.L.R.). Mon père accompagnait souvent les autres gamins du club et moi dans les compétitions, c’était une manière de voyager à travers la Côte d’Azur. J’ai côtoyé des gens comme Christophe Legoût (triple champion de France en simple) ou Anthony Geminiani, qui a été l’un de mes tout premiers matchs en compétition. Je me souviens très bien de son redoutable service de gaucher très travaillé. J’étais un joueur un peu original, contre-attaqueur, j’ai joué pendant des années avec un soft en revers, puis des picots longs.
Vous étiez défenseur ?
Pas du tout, j’attaquais à la table avec mon picot long. Puis j’ai eu des picots courts, avec mousse, sans… Je collais ma plaque, avant que ce soit interdit. Dans ma chambre j’avais aussi une pile haute comme ça de Tennis Magazine. Très précisément à partir de Roland Garros 1984. Il y a une époque où je pouvais réciter tous les vainqueurs des tournois du Grand Chelem des années 1970 aux années 1990. Ma mère s’inquiétait même, elle disait : « Si ce garçon sait tant de choses sur le tennis, ça doit forcément manger de la place dans son cerveau pour d’autres choses plus importantes. »
Le football est de plus en plus une affaire de mathématiques. De courbes, de triangles, d’angles, de données, d’algorithmes. Est-ce une matière que vous avez analysé à l’époque où vous étiez chercheur en mathématiques ?
Les jeux de balle sont en général des questions intéressantes mathématiquement. En tant que pongiste, j’ai toujours été fasciné par les effets. Le fondement physique des effets c’est l’effet Magnus, bien connu des footballeurs, celui des balles liftées, coupées, ou des balles qui dévient et vous permettent de marquer en contournant le défenseur. Je me souviens d’un article de Science & Vie qui est resté avec moi pendant des années : prenez une balle qui avance. Sur le dessus, vous avez le vent qui avance dans le sens contraire du sens de rotation, et qui ralentit le mouvement. Alors que sur le dessous, ça va s’accélérer. Ce qui ralentit a une pression plus forte. Ce qui est accéléré a une pression plus faible, c’est la loi de Bernoulli qui relie la vitesse à la pression. Plus la vitesse est élevée, plus la pression est basse, donc la balle va descendre. C’est ce qui fait que la balle enroulée redescend. C’est intéressant à savoir.
Un entraîneur, Unai Emery, a dit un jour qu’il voulait que ses joueurs soient plus intelligents que lui. Comment monte-t-on une campagne avec des gens qui n’ont pas la même forme d’intelligence que vous ?
Quiconque a fait du sport a petit niveau sait que le bon entraîneur n’est pas forcément un meilleur joueur que le joueur qu’il entraîne. C’est celui qui sait analyser, trouver les bons exercices. C’est sa forme d’intelligence qui va tout changer. Rendre le joueur plus intelligent que soi, j’y souscris tout à fait, tout comme j’ai dit pendant des années
: « Le professeur qui réussit c’est celui qui se fait dépasser par son élève. » Quand l’un des miens, Alessio Figalli, a reçu la médaille Fields, ça a été l’un des moments les plus importants de ma vie, car c’était quelqu’un dont je voyais à quel point il m’avait dépassé sur le sujet qu’il avait traité. Et combien il a réussi à résoudre des problèmes sur lesquels je m’étais cassé les dents. Prenez le mot génie, qu’on a l’habitude de galvauder ici et là, notamment à mon égard. Moi j’en ai vu, des gens qui sont des vrais génies des mathématiques. Qui ont fait des trucs devant lesquels je m’agenouille. Mais quoi qu’il arrive, on peut être un génie des mathématiques, des échecs, du football, de League of Legends, et être une bille ailleurs. L’intelligence est tellement variée qu’on ne va surtout pas s’amuser à comparer les uns aux autres de façon linéaire.
Les footballeurs sont-ils des génies des maths qui s’ignorent ?
Nous sommes tous des génies en mathématiques qui nous ignorons. C’est comme Monsieur Jourdain (Le Bourgeois gentilhomme, N.D.L.R.) qui fait de la prose sans le savoir. Nous, nous faisons de la mathématique sans le savoir. Nos fonctions intellectuelles de reconnaissance des visages sont spectaculaires, par exemple. J’ai régulièrement fait une conférence appelée : « Mathématiques de la chauve-souris » où j’expliquais comment, avec son petit cerveau de quelques grammes, la chauve-souris peut avoir une analyse sonar qui est quasiment au maximum théorique de la performance. Elle envoie des sons qui sont presque des petites chansons, fait la différence entre ce qu’elle envoie et reçoit, repère les insectes, et c’est d’une complexité physique extraordinaire. C’est juste éblouissant. La nature fait des prouesses physiques, et les humains en font partie, notamment dans leur manière de jouer collectivement.

Avant chaque match retour de Ligue des champions, on évalue les pourcentages de chances de qualification. Comme, d’ailleurs, on fait des sondages pour savoir qui va passer au second tour des élections…
(Il coupe). Évidemment vous allez me parler de la bérézina du match entre le PSG et Barcelone. Et bien cela a défié le calcul de probabilités, ça arrive. Ça arrive en mathématiques : c’est la théorie du cygne noir (développée par le statisticien Nassim Nicholas Taleb, N.D.L.R.), avec les queues de distribution… Cela arrive dans le monde réel plus que dans le monde mathématiques, parce qu’il y a des facteurs qui jouent : la panique, la psychologie… Le monde est encore loin de se mettre en équation.
On dit que Messi peut battre n’importe quel algorithme. Existe-t-il un Messi des mathématiques, capable de battre tous les algorithmes ?
Aucun mathématicien ne maîtrise plus que quelques pourcents du champ mathématiques global, et aucun n’est capable de comprendre plus d’un tiers de la littérature mathématiques globale. Par exemple moi, je peux lire les articles qui parlent analyse réelle, équation de dérivées partielles en partie, physiques mathématiques en partie, géométrie non-euclidienne en partie… Si on vient me chercher sur la théorie des représentations, la théorie des nombres, l’algèbre, je suis à la ramasse ! Chacun son secteur.
Chacun son secteur : alors pourquoi faites-vous semblant de vous y connaître en football ?
On va dire plutôt que bon sang, j’ai essayé. Et j’ai dû reconnaître que… ce n’était pas mon truc.
Mais pourquoi ne pas assumer dès le départ que vous n’y connaissez rien ? S’il y a bien quelqu’un qui a eu d’autres choses à faire, c’est vous.
Maintenant c’est ce que je fais. Dans toutes mes dernières interviews, j’assume complètement. Voilà : « Les enjeux, les matchs, tout ça, je ne peux pas vous dire » . Je me suis bien fait cramer dans une interview récente quand on m’a demandé de citer trois joueurs champions du monde au PSG. Ça a été… mauvais quoi ! À partir de là, je me suis dit : « Bon, on arrête les bêtises et on assume. » Je peux vous parler pendant des heures du jeu de Jan-Ove Waldner, de Jörgen Persson ou de Andrzej Grubba que j’avais vu en long et en large dans les compétitions de ping-pong. De comment le jeu polonais, chinois ou suédois a changé la face du tennis de table. En revanche le football, c’est juste pas mon truc. Ça n’empêche qu’être au Parc des Princes et assister à un match, c’est quelque chose. Ça fait vibrer. Et c’est quelque chose qui doit être sur la table du maire de Paris.

Politiquement, c’est un défaut de ne pas s’y connaître en foot ?
C’est tellement important dans la vie de Paris que ça fait forcément partie des grands dossiers du maire. Mais on peut avoir un grand intérêt pour quelque chose sans s’y connaître dans le détail. Non, mais j’ai expérimenté. On a bossé !
Son directeur de campagne : Il faudrait qu’on retrouve le premier débat qu’on a eu.
Ils m’ont fait des notes, des fiches, des cours ! Il m’ont fait des cours ! Pour m’expliquer combien, le nombre de matchs, la position dans la Coupe des Champions…
Son directeur de campagne : Puis nous on s’emmerde quand on va au match avec lui parce qu’on y va pour le plaisir, alors que lui regarde vraiment le match. Donc on n’a pas le droit de lui parler, c’est chiant !
Au lendemain de PSG-Dortmund, vous n’avez pas tweeté. Contrairement à ce que vous aviez fait au lendemain du match aller face au Real. La question s’est posée ?
Oui ! Les avis divergeaient. (Il se tourne vers sa responsable communication) Elle m’a dit « Hors de question » , et moi : « Guys, il est hors de question que je tweete sur le résultat du match. » Et de la même façon, quand Quotidien m’a demandé : « Alors, c’est quoi la nationalité de Cavani ? » J’ai répondu : « Il est parisien de cœur. » Il est quoi, uruguayen ? Je ne voulais pas risquer de me tromper. J’ai assumé mon truc, et de toute façon on s’en fout. Il joue au PSG, il fait partie de la famille, pour ainsi dire.
Il paraît que vous êtes allé parler à des Ultras à la fin d’un match, parce que vous étiez très impressionné par les virages.
La tribune VIP c’est très bien, mais on a l’air de plus s’amuser chez les Ultras. D’abord on m’a dit : « En campagne, il peut y avoir un problème. Puis ça peut se castagner. Allons-y après la campagne. » Donc j’irai. Alors oui, il y a le problème des chants, et en particulier certaines chansons que la communauté LGBT juge offensants selon les standards actuels. Je suis d’accord avec eux. Il y a quelque chose à trouver pour faire évoluer sans être agressifs, pour que tout le monde s’y retrouve. Mais en tout cas, avec toutes ces nuances, ils ont l’air de bien s’amuser.
On pourrait donc vous retrouver en virage bientôt ?
Mieux : j’attends ça avec impatience.PROPOS RECUEILLIS PAR THÉO DENMAT

APS | Le 19 avril, 2018
Parrainage électoral : le président Sall justifie le vote de la loi
Le président de la République Macky Sall a approuvé le vote jeudi de la réforme constitutionnelle introduisant le parrainage électoral à la présidentielle, invoquant à nouveau les risques de blocage du système électoral en raison de la pléthore de partis politique, actuellement au nombre de 300, une situation qui risquerait de créer selon lui l’anarchie.
Le vote de cette loi contesté par l’opposition ’’a pour vocation de prévenir les risques de blocage du système électoral » sénégalais, a déclaré le chef de l’Etat Sénégal depuis Paris où il se trouve actuellement.
Dans des propos relayés par la Radio Futurs médias (RFM, privée), il a rappelé les difficultés enregistrées lors des législatives du 30 juillet dernier, élection à laquelle participaient 47 listes et coalitions de partis, ce qui avait induit des problèmes d’organisation et dans le déroulement de cette consultation dans les conditions souhaitées.
Il a aussi signalé que le ministère de l’Intérieur est actuellement saisi d’une vingtaine de demandes pour la reconnaissance de partis politiques, les formations légalement constituées étant actuellement au nom de 300, une situation inédite pour un pays de la taille du Sénégal, a laissé entendre le président Sall.
Selon lui, si des mesures ne sont pas prises pour prévenir cette ’’anarchie’’, d’ici quelques années, il serait impossible d’organiser des élections au Sénégal.
Cela ’’finira par tuer la démocratie », assure le président de la République, qui a rappelé avoir appelé la classe politique à des concertations sur cette question, au lendemain du référendum sur la réforme de la constitution de mars 2016.
Des députés de l’opposition ont « vivement » dénoncé l’adoption de de la réforme constitutionnelle visant à introduire le parrainage électoral à la présidentielle, un texte voté sans débat à l’unanimité des députés de la majorité présents lors de la délibération.
Les députés de l’opposition, sous la conduite du président du groupe parlementaire liberté et démocratie, Me Madické Niang, avaient décidé de boycotter la suite de la plénière, pour protester contre la décision de la majorité de faire voter sans débat ce projet de loi de réforme constitutionnelle.
« La démocratie sénégalaise est gravement atteinte. La majorité a décidé sans concertation d’adopter cette loi. Cette majorité vient d’accomplir un acte très grave », a estimé Me Madické Niang, avant de prendre date, assurant que le ’’combat’’ engagé par l’opposition contre cette réforme « ne fait que commencer’’.
De longues discussions et conciliabules de plus de 30 minutes n’ont pu permettre à la majorité et à l’opposition de s’accorder, suite à la proposition du député Moustapha Cissé Lô de voter ce texte sans débat, ce qui a amené les députés de l’opposition à boycotter la suite des débats qui avaient démarré à la matinée.
L’opposition partie, la majorité a voté le texte, 120 voix, soit à l’unanimité des députés présents.
Sur proposition du président du groupe parlementaire Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) de la majorité, Aymérou Gningue, un amendement a été fixé, suivant lequel tout candidat à la présidentielle doit s’assurer le parrainage d’au moins 0,8 pour cent des inscrits sur le fichier électoral.
Le projet de loi, tel que présenté par le gouvernement, avait fixé ce seuil à 1 pour cent.
Auteur: Aps
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La résolution 2334 a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine ; une décision historique qui a suscité la réprobation d’Israël.
LE MONDE | 23.12.2016 à 20h49 • Mis à jour le 24.12.2016 à 11h40 | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)
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Barack Obama a décidé de laisser à son successeur, Donald Trump, un héritage qu’il ne pourra défaire : la résolution 2334, adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), vendredi 23 décembre. Ce texte dénonçant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine.
Au terme de quarante-huit heures de tourbillon politique, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.
Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales.
Un souci d’équilibre
En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, Union européenne (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».
Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte, au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit.
« C’est une victoire pour le terrorisme, la haine et la violence », s’est lamenté Danny Danon, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, selon lequel la résolution représente un « non à la possibilité d’une paix ». Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a aussitôt rejeté cette « résolution anti-israélienne honteuse » et annoncé qu’Israël ne s’y conformera pas.
Amertume israélienne
A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu des Etats-Unis auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte.
Mais la volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique.
Vendredi dans l’après-midi, sous couvert d’anonymat, des responsables israéliens exprimaient leur amertume – et aussi une certaine panique – dans les médias, en affirmant que Barack Obama et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se trouvaient derrière ce « coup honteux » et qu’ils « abandonnaient » Israël.
L’accusation est d’autant plus injuste que, comme le rappelait vendredi soir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, M. Obama a « démontré un engagement sans précédent pour la sécurité d’Israël ». La diplomate faisait implicitement référence au nouvel accord de défense sur dix ans, conclu entre les deux pays à l’automne pour un montant de 38 milliards de dollars (36,3 milliards d’euros).
590 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est
Samantha Power a expliqué que les Etats-Unis ne votaient pas en faveur de la résolution parce qu’elle « se concentre trop étroitement sur les colonies » en ne tenant pas compte des autres facteurs dans le conflit.
Mais l’abstention se justifie, selon elle, par la continuité de la position américaine, d’un président à l’autre, républicain ou démocrate, depuis des décennies : elle se résume par une condamnation de la colonisation et un soutien à une solution à deux Etats. En 2011, l’administration Obama avait ainsi opposé son veto à une résolution condamnant la colonisation, dont la formulation avait été jugée trop déséquilibrée.
L’ambassadrice américaine a rappelé que le nombre de colons s’élevait à présent à 590 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont 90 000 au-delà de la barrière de sécurité construite par les Israéliens.
L’examen actuel d’un projet de loi à la Knesset légalisant tous les avant-postes – colonies sauvages et illégales, même au regard du droit israélien – illustre la pente dangereuse suivie par le pays, alors que sera célébré, en juin 2017, le 50e anniversaire de l’occupation. « Il faut faire un choix entre les colonies et la séparation » avec les Palestiniens, a lancé Mme Power à l’attention du premier ministre Benyamin Nétanyahou.
Lire aussi : Les colons, la bombe à retardement d’Israël
La frustration de John Kerry
S’exprimant lors du Forum Saban à Washington, le 4 décembre, John Kerry, avait exprimé sa frustration vis-à-vis de la droite israélienne et son idée d’un « grand Israël » qui absorberait les territoires occupés.
Interrogé sur la position de l’administration Obama en cas de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, M. Kerry avait traduit les hésitations de la Maison Blanche. « S’il s’agit d’une résolution biaisée et injuste prévue pour délégitimer Israël, nous nous y opposerons. Evidemment que nous le ferons. Nous l’avons toujours fait. Mais cela devient de plus en plus compliqué », ajouta-t-il, ne cachant pas sa frustration.
Lors de sa première élection, Barack Obama semblait décidé à agir sur ce dossier. Au second jour après son entrée en fonctions, il avait ainsi nommé un envoyé spécial pour le Proche-Orient, George Mitchell. Mais dès 2010, l’échec de sa première tentative de médiation avait découragé le président américain, qui avait délégué le dossier à son secrétaire d’Etat.
John Kerry a fourni beaucoup d’efforts, qui se sont révélés vains. Depuis l’effondrement des négociations israélo-palestiniennes en avril 2014, puis la guerre dans la bande de Gaza l’été suivant, les relations politiques entre les deux parties dans le conflit sont inexistantes. Seule la coordination sécuritaire fonctionne à plein.
Au cours des derniers mois, la droite nationale religieuse en Israël n’a pas caché sa satisfaction à l’idée de tourner la page des années Obama et de saisir l’occasion d’une remise à plat des relations bilatérales avec les Etats-Unis, grâce à l’arrivée de M. Trump à la Maison Blanche.
Ce dernier a réitéré son intention de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, en rupture complète avec la tradition diplomatique de son pays, selon laquelle le statut de Jérusalem ne sera déterminé que dans le cadre de négociations de paix. Enfin, le président élu a déjà annoncé l’identité du futur ambassadeur en Israël. Il s’agit de David Friedman, un ami avocat spécialiste de la banqueroute, connu pour son soutien idéologique à la colonisation et son opposition à un Etat palestinien.
L’« héritage » d’Obama
« Ce vote risque de pousser Trump à être encore plus pro-israélien, souligne un diplomate à Jérusalem. On risque d’assister par exemple à un déménagement accéléré de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv vers Jérusalem. »
Dans un tweet, Donald Trump a assuré vendredi soir que « les choses seront différentes après le 20 janvier ». Mais la résolution, elle, ne pourra être défaite. La seconde conférence pour la paix au Proche-Orient, que la France compte organiser le 15 janvier à Paris, après une première rencontre en juin, devrait se tenir dans une ambiance plus tendue que prévue.
En Israël, l’adoption de la résolution va dominer le débat public dès la fin du shabbat, samedi soir, alors que le pays s’apprête à fêter Hanoucca. Yaïr Lapid, le chef de file du parti de centre-droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition, épouse totalement la ligne de M. Nétanyahou.
Au cours d’une conférence téléphonique, vendredi soir, avec des correspondants étrangers, M. Lapid a fait savoir qu’il s’était entretenu dans la journée avec un conseiller de Barack Obama pour exprimer sa vive inquiétude à l’idée d’une abstention américaine. L’ancien journaliste trouve « étrange » que le président démocrate laisse « ce genre d’héritage » sur le bureau de son successeur.
Mais il redoute surtout les conséquences pour Israël. « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant, dit-il. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. Ce sera un chemin long et compliqué, et je vous assure que pendant cette période, il n’y aura pas de négociations. »
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