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Prix Nobel – Coup de Griffe actu https://www.coupdegriffeactu.com Musée Virtuel Thu, 07 Mar 2019 22:03:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 RIGOBERTA MENCHU, PRIX NOBEL DE LA PAIX, VENDREDI https://www.coupdegriffeactu.com/2019/03/07/rigoberta-menchu-prix-nobel-de-la-paix-vendredi/ https://www.coupdegriffeactu.com/2019/03/07/rigoberta-menchu-prix-nobel-de-la-paix-vendredi/#respond Thu, 07 Mar 2019 22:03:41 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=9602
RIGOBERTA MENCHU© Malick MBOW
RIGOBERTA MENCHU© Malick MBOW

 7 mars 2019

Dakar, 7 mars (APS) – Le chef de l’Etat, Macky Sall, reçoit vendredi à 13h, au palais de la république, l’activiste des droits de l’homme et prix Nobel de la paix, la guatémaltèque Rigoberta Menchu, annonce le pôle communication de la présidence.

 

Rigoberta Menchu est en visite à Dakar dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale de la Femme, indique la source.

 

L’entretien avec le Chef de l’Etat sera suivi d’une déclaration conjointe, poursuit le texte qui ajoute que dans l’après-midi, à 16H, le Chef de l’Etat présidera l’ouverture de la cérémonie consacrée à la Journée Internationale de la Femme, à l’hôtel King Fahd Palace, en compagnie de madame Rigoberta Menchu.

 

Le combat de Rigoberta Menchu Tum, qui a inlassablement dénoncé les violations des droits de l’homme au Guatemala dans les années 80, a été couronné par le Prix Nobel de la Paix en 1992.

 

La force symbolique de ce prix a grandement contribué à l’accomplissement des négociations de paix qui ont mis fin en décembre 1996 à 36 années de guerre dans son pays.
En tant que Présidente de l’Initiative Autochtone pour la Paix, elle s’est investie dans la protection des droits politiques, sociaux et culturels des peuples autochtones et des minorités ethniques.
En sa qualité d’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, elle a contribué à la promotion de la première Décennie internationale des peuples autochtones (1995-2004).

 

 

 

RIGOBERTA MENCHU, GUATEMALA (1959-)

Nadège Wuestenberghs

Prix Nobel de la paix en 1992, cette Guatémaltèque a défendu toute sa vie les droits des peuples autochtones. Elle connut une enfance difficile sous un régime militaire, un engagement politique qui couta la vie à plusieurs membres de sa famille et un exil forcé au Mexique.

Son enfance dans les fincas

Rigoberta Menchu naquit le 9 janvier 1959 au Guatemala dans le hameau de Chimel, petit village situé dans le nord-ouest du pays. Comme 60% des habitants de son pays, elle est autochtone : elle provient de l’ethnie K’iche’, apparentée aux Maya.

Dès sa plus tendre enfance, Rigoberta travailla avec ses parents et ses frères et sœurs dans les fincas, de grandes propriétés terriennes où l’on cultivait du coton, mais aussi du café. Des familles entières de son village étaient transportées par camion vers ces plaines côtières. Malnutrition, maltraitance, pauvreté, telles étaient les conditions de vie des familles autochtones guatémaltèques de l’époque. Un des petits frères de Rigoberta mourut devant ses yeux après une longue agonie due à la malnutrition, ce qui l’a amenée à réfléchir sur son avenir. Un avenir qui, de l’avis de ses parents, n’allait pas être des plus réjouissants.

Mes parents me disaient que j’allais avoir à faire face à de nombreuses ambitions, mais que, malgré ça, je n’allais pas avoir la possibilité de les réaliser. Que ma vie n’allait pas changer, elle allait continuer pareil, le travail et la souffrance.

Rigoberta était désespérée à l’idée que les conditions de vie de son peuple soient les seules possibles. Elle se mit à haïr les propriétaires terriens, les ladinos, qui exploitaient son peuple.

Cette exploitation était d’autant plus intolérable que très peu d’Autochtones savaient s’exprimer en espagnol, la langue des autorités du pays, si bien qu’il était impossible pour la plupart d’entre eux de se plaindre des traitements qu’ils subissaient dans les fincas. Rigoberta apprit l’espagnol à l’âge de 20 ans pour dénoncer ces abus et pour pouvoir défendre son peuple.

Premiers engagements

Le Guatemala connut dans les années 1970 une répression militaire de grande ampleur qui toucha directement les peuples autochtones et donc la famille de Rigoberta.

En particulier, ce gouvernement se livra à une oppression des peuples autochtones afin de prendre leurs terres. Dans de nombreux villages, des jeunes femmes étaient violées et tuées par les soldats. Des familles entières ont été expulsées de leurs terres. Pour réagir à cette dictature, des paysans autochtones se réunirent pour former le Comité d’Union Paysanne (CUC), parmi lesquels se trouvait le père de Rigoberta. Cette dernière rejoignit le mouvement quelques années plus tard alors qu’elle était encore adolescente. Dans son village, les familles unies réussissaient à repousser l’armée. Mais partout ailleurs, des atrocités se déroulaient tous les jours.

Moi, ça me faisait honte de rester dans mon coin si isolé parce que j’étais tranquille et ne de pas penser aux autres. Alors j’ai décidé de m’en aller.

Rigoberta voyagea dès lors dans plusieurs fincas dispersées dans des régions différentes du Guatemala pour parler aux autres femmes et pour leur apprendre à diriger leur communauté dans ses rapports avec le gouvernement. Très engagée dans ce mouvement, elle participa également à de nombreuses manifestations pour demander à l’armée d’arrêter ces tortures.

Toute sa famille était aussi impliquée dans cette cause : son frère de 16 ans était secrétaire de la communauté et sa mère apportait la bonne parole dans de nombreux villages. Mais le gouvernement guatémaltèque les traquait ; il devenait dangereux pour les membres de sa famille de se réunir. En 1979, son frère fut torturé et brûlé vif par l’armée. Ensuite, ce fut le tour de sa mère qui fut séquestrée et violée par des chefs militaires. Après avoir été torturé, son père mourut en 1980 dans un incendie provoqué par les forces de l’ordre. Ce fut un véritable choc pour la jeune Rigoberta.

Elle partit alors en exil en 1981. Elle se rendit au Mexique, ce qui la brisa. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait quitter son pays à cause du gouvernement qu’elle qualifia de « meurtrier ».

De l’exil au prix Nobel de la paix

Cet exil marqua une nouvelle phase dans sa vie. Bien que loin, elle continua à combattre la répression au Guatemala et à défendre les droits des peuples autochtones de son pays, avec son histoire. Deux ans après son exil, parut le livre Moi, Rigoberta Menchu. Elizabeth Burgos, anthropologue originaire du Venezuela, a rédigé cet ouvrage biographique à partir de nombreux entretiens avec Rigoberta.

Sur base de cette biographie et de l’histoire de Rigoberta, celle-ci reçut le prix Nobel de la paix en 1992, « en reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basées sur le respect pour les droits des peuples autochtones ». Rigoberta Menchu est d’ailleurs la première femme autochtone à obtenir un prix Nobel de la paix. Elle collabora également à l’élaboration de la déclaration des droits des peuples autochtones. Elle est aussi ambassadrice de bonne volonté de l’ONU.

Elle aurait voulu faire juger l’ex-dictateur militaire guatémaltèque Efrain Rios Montt devant les tribunaux en Espagne pour crime de génocide contre le peuple indigène du Guatemala. Mais elle n’y parvint pas.

En 2006, Rigoberta Menchu devint une des fondatrices du « Nobel women’s initiative » avec notamment Jody Williams et Shirin Ebadi. Cette organisation composée de six femmes « nobélisées » œuvre afin d’apporter la paix, l’égalité et soutient les droits des femmes dans de nombreux pays à travers le monde.

Rigoberta Menchu est également membre de « Peacejam », une fondation qui permet aux lauréats du prix Nobel de la paix de s’adresser aux jeunes et de leur inculquer des valeurs comme la défense des droits de l’homme et la paix.

Alors qu’elle intensifia ses actions pour protéger les peuples minoritaires et les femmes, Rigoberta Menchu se présenta deux fois, en 2007 et en 2011, aux présidentielles du Guatemala. Elle créa le parti politique WINAQ, qui représente les communautés autochtones du pays. Mais ce fut un échec. Elle ne récolta que 3% des voix en 2007 et en 2011. Elle revint sur cette défaite dans une interview de 2008 pour le « Talk de Paris » et déclara :

Nous avions l’intention d’ouvrir une brèche pour créer un instrument politique plus indigène du Guatemala, nous sommes en train de construire notre mouvement.

Malgré cet échec, Rigoberta Menchu s’impose comme une figure emblématique dans la défense des peuples autochtones. Elle voyage toujours à l’heure actuelle à travers le monde pour parler de son vécu, toujours vêtue du costume traditionnel K’iche’.

Sa vision de la lutte des femmes

Rigoberta Menchu a longtemps œuvré à l’égalité entre hommes et femmes dans son pays. Plus jeune, quand elle travaillait pour le mouvement CUC, Rigoberta s’aperçut que les hommes de sa communauté ne la prenaient pas au sérieux. Elle eut des difficultés à imposer ses choix alors qu’elle était très active dans le comité. Certains hommes avaient du mal à accepter la participation des femmes dans ce mouvement et empêchaient leurs épouses de combattre à leurs côtés ce qui révoltait Rigoberta. Cependant, pour celle-ci, il n’était pas question de créer une organisation seulement pour les femmes.

Créer une organisation pour les femmes, c’est donner une arme de plus au système qui nous opprime.

Selon elle, cela alimenterait le machisme mis en place. Rigoberta pensait que les hommes devaient participer aux discussions tournant autour des problèmes femmes et contribuer aux débats. Elle continua ensuite à défendre les droits des femmes, à changer les mentalités concernant leurs devoirs et leurs droits et à combattre le machisme dans son pays.

Œuvres

Rigoberta Menchu (1998), Crossing borders, (trad. Ann Wright), Verso, 252p

Rigoberta Menchu, Dante Liano (2005), The Girl from Chimel, (trad. David Unger), Groundwood Books, 56 p.

Rigoberta Menchu, Dante Liano (2006), The Honey Jar, (trad. David Unger), Groundwood Books, 56 p.

Rigoberta Menchu, Dante Liano (2008), The secret legacy, (trad. David Unger), Groundwood Books, 64p.

Références

Les citations sont tirées des références ci-dessous.

Burgos E. (1983), Moi, Rigoberta Menchu, (traduit de l’espagnol par Michèle Goldstein), France, Editions Gallimard, 508 p.

Club Quetlzal, « Rigoberta Menchu, sa vie, son œuvre ».
http://www.clubquetzal.org/decouvrir-le-club-quetzal/116

Encyclopédie Universalis, « Menchu Rigoberta (1959-) ».
http://www.universalis.fr/encyclopedie/rigoberta-menchu/

Interview Talk de Paris (2008) sur France24, « Rigoberta Menchu, Nobel de la Paix ».
http://www.dailymotion.com/video/x5sv64_rigoberta-menchu-nobel-de-la-paix_news

L’association Peacejam dont fait partie Rigoberta Menchu : http://www.peacejam.org/

Nobel Prize, “Rigoberta Menchu Tum – Biographical”.
http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1992/tum-bio.html

 Previous: Vivian Labrie, Québec (1953-)

Next: Erin Brockovich, États-Unis (1960-)

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Le discours poignant du Dr. Denis Mukwege, prix nobel de la paix https://www.coupdegriffeactu.com/2018/12/13/le-discours-poignant-du-dr-denis-mukwege-prix-nobel-de-la-paix/ https://www.coupdegriffeactu.com/2018/12/13/le-discours-poignant-du-dr-denis-mukwege-prix-nobel-de-la-paix/#respond Thu, 13 Dec 2018 01:47:49 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=9125 Denis-Mukwege © Malick Mbow
Denis-Mukwege © Malick Mbow

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Angus Deaton, prix Nobel d’économie: “le développement d’un pays dépend toujours d’un développement politique” https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/17/angus-deaton-prix-nobel-deconomie-le-developpement-dun-pays-depend-toujours-dun-developpement-politique/ https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/17/angus-deaton-prix-nobel-deconomie-le-developpement-dun-pays-depend-toujours-dun-developpement-politique/#respond Mon, 17 Apr 2017 14:32:44 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=5277  

L’Ecossais, récompensé en 2015, publie un essai “La Grande Evasion. Santé, richesse et origine des inégalités”, dans lequel il décrit une réalité plus optimiste que dans le passé. Rencontre avec cet économiste humaniste.
Lundi 17 Avril 2017

Angus Deaton
Angus Deaton

L’espérance de vie s’est considérablement rallongée. La mort prématurée n’est plus le lot commun. La pauvreté mondiale s’est réduite, à mesure que les deux plus grands pays du monde, la Chine et l’Inde entraient dans le bal de la croissance économique. Bref, la vie est globalement meilleure aujourd’hui qu’hier, pour les sept milliards d’humains qui habitent la planète…
C’est cette réalité que l’Ecossais Angus Deaton, prix Nobel d’économie en 2015 et professeur à l’université de Princeton aux Etats-Unis, décortique dans son livre, La Grande Evasion. Santé, richesse et origine des inégalités (éd. PUF). Un ouvrage d’économie clair et accessible, placé sous les auspices du film culte de 1963 : La Grande Evasion de John Sturges, avec Steve McQueen — durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs prisonniers, aviateurs de différentes nationalités, s’évadent d’un camp allemand, le Stalag Luft III.

« Le film met l’accent non sur la réussite limitée de cette évasion, mais sur le désir inextinguible de liberté que manifeste l’homme, même face à des obstacles apparemment insurmontables », commente Deaton.

Rencontre avec un économiste humaniste.

Pourquoi ouvrir votre livre sur l’histoire de votre père ? C’est assez inhabituel pour un livre d’économie…
Ce n’était pas prévu au départ. A la fin du processus d’édition, juste avant les épreuves, l’un des relecteurs m’a conseillé d’écrire une ouverture plus personnelle. L’histoire de mon père s’est imposée et j’ai écrit la préface en dix minutes. Il est mort peu de temps avant la parution, et je lui ai aussi dédié l’ouvrage. Leslie Harold Deaton est né en 1918 à Thurcroft, un village minier d’Ecosse situé dans le Yorkshire. Il était promis à la mine mais fut enrôlé en 1939 et envoyé en France. Tuberculeux, il dut quitter l’armée et échoua dans un sanatorium.

En 1942, il épousa ma mère, et, en pleine pénurie de main-d’œuvre, se fit embaucher comme garçon de courses dans un cabinet de génie civil à Edimbourg. Il décida de devenir lui-même ingénieur civil, et étudia dix ans pour cela, en se battant beaucoup. Mon père s’est donc évadé de son milieu social et a tout fait pour qu’à mon tour, j’ai une vie meilleure que la sienne. Son existence condense tout ce que le livre développe sur le progrès ; son parcours et sa mobilité exemplifient cette grande évasion que je raconte. Avec ce livre, je voulais évoquer la vie humaine et non parler de statistiques. Je souhaitais m’adresser à des lecteurs ordinaires et j’ai le sentiment que cette ouverture parle aux gens.

L’un de vos champs de recherche réside dans la mesure économique du bonheur. Comment l’économie peut-elle s’emparer de cette notion subjective ?

Il y a beaucoup de débats sur cette question de la mesure du bien-être et moi-même, je ne suis pas sûr d’être toujours d’accord avec moi-même ! Je pense aussi quelquefois que le bonheur est un concept très subjectif et que sa mesure n’est pas toujours d’une grande aide, ou qu’en tout cas, elle n’en capture pas la spécificité. A partir de ces enquêtes, on met en relation le bien-être et la santé, le bien-être et le revenu, le bien-être et la croissance. On cherche à savoir s’il y a des fondements économiques au bonheur. Mais il faut rester très prudent car il y a différentes conceptions du bonheur. Le bonheur peut être une simple humeur, la façon dont on se sent à un moment précis, un jour donné. Ce bien-être émotionnel est très différent de la façon dont on perçoit et évalue plus généralement, la qualité de sa vie.

Est-on plus heureux quand on a plus d’argent ?

Justement, cela dépend de quel bonheur on parle. Les pauvres sont globalement moins satisfaits de leur existence que les riches, mais quand on interroge les gens sur leurs émotions et sentiments éprouvés la veille de l’enquête (inquiétude, stress, tristesse, découragement, colère, douleur), on se rend compte que la vie émotionnelle des pauvres ne diffère guère de celle des riches. La richesse ne protège pas de l’angoisse, de la peur ou de la tristesse. Mais ces données sont toujours complexes à manier car on fait en sorte de ne pas proposer aux gens une définition arrêtée du bonheur.

Si on leur demande par exemple si leurs enfants les rendent heureux, les gens répondent oui bien sûr, mais si on dissocie les deux niveaux, en leur demandant s’ils se sentent heureux, et vingt questions plus tard, s’ils ont des enfants, on n’aura pas le même type de réponse. On sait aussi que les gens qui sont opprimés, ont un rapport au bonheur qui relève d’une stratégie de survie. Ils se convainquent qu’ils sont heureux pour survivre. C’est aussi ce qu’enseignent les religions qui prônent un certain détachement par rapport à la réalité ici-bas. Mais cela ne fait pas pour autant disparaître la pauvreté et l’oppression.

Vous montrez que l’inégalité est une conséquence de la croissance.

Difficile de faire un lien nécessaire entre les deux phénomènes. Je montre que les périodes de progrès rapide se doublent souvent d’une augmentation des inégalités. Cela s’est par exemple produit au XIXe siècle avec les effets du chemin de fer qui ont enrichi certaines personnes et entraîné de nombreuses inégalités en même temps. C’est pareil aujourd’hui avec Internet et les nouvelles technologies. Le récit du progrès est aussi un récit d’inégalités. Mais, les inégalités peuvent aussi stimuler, encourager le progrès. Un exemple : l’un de vos camarades de classe essaie des choses, réussit et devient très riche. Cela peut vous donner envie d’y parvenir à votre tour, d’imiter à votre façon ce que d’autres ont accompli. Aujourd’hui, la valeur d’un diplôme supérieur est bien plus élevée qu’avant, elle augmente ainsi votre salaire et creuse donc les inégalités. Economiquement, les inégalités ne sont pas toujours nocives. Elles ont aussi un effet d’incitation.

Une large section de votre livre est consacrée à l’aide internationale. A vous lire, cela ne marche pas du tout…

Certains croient que l’on peut aider un pays à se développer comme on peut aider quelqu’un à réparer sa voiture. D’un côté, changer les freins, le carburateur, de l’autre, bâtir tant d’écoles, tant d’hôpitaux… Cette vision technique, mécaniste est une illusion. Cela ne marche pas, parce que le développement d’un pays dépend toujours d’un développement politique, c’est-à-dire d’un contrat passé entre les citoyens et leur gouvernement.

Or, certains gouvernements exploitent leur population. Dans de nombreux pays, en Afrique notamment, les dirigeants ne cherchent pas à bien diriger, mais simplement à s’approprier les richesses du pays. Dans ces pays, porter l’aide vers les plus pauvres est une illusion car ce n’est pas les donateurs qui contrôlent leur destin sinon les dirigeants corrompus eux-mêmes. L’aide peut même empirer les choses. Et saper les institutions locales.

En effet si vous êtes un dirigeant et que vous n’avez que faire de votre peuple mais pour seul intérêt de rester au pouvoir, vous devez quand même trouver de l’argent et passer pour cela, un semblant de contrat politique avec votre peuple. Si l’argent vient de la Banque mondiale, à quoi bon ? L’aide extérieure fait plus de mal que de bien. Cette illusion de l’aide constitue un obstacle à l’amélioration du sort des pauvres. Elle n’est jamais guidée par les besoins des bénéficiaires sinon par les intérêts nationaux et internationaux du pays donateur.

telerama.fr

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Bob Dylan a finalement reçu son prix Nobel de littérature à Stockholm https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/02/bob-dylan-a-finalement-recu-son-prix-nobel-de-litterature-a-stockholm/ https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/02/bob-dylan-a-finalement-recu-son-prix-nobel-de-litterature-a-stockholm/#respond Sun, 02 Apr 2017 23:11:08 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=5091  

Bob DYLAN © Malick MBOW
Bob DYLAN © Malick MBOW

02/04/2017

De passage à Stockholm ce week-end, le chanteur américain de 75 ans en a profité pour venir récupérer son prix. La fin d’un (très) long suspense.

Après des mois d’incertitude et de controverse, Bob Dylan a finalement reçu ce samedi à Stockholm son prix Nobel de littérature lors d’une rencontre à huis clos avec les académiciens suédois qui l’ont distingué pour sa poésie. A 75 ans, il est le premier chanteur à rejoindre les hommes et les femmes de lettres canonisés par l’Académie suédoise depuis 1901, comme Thomas Mann, Albert Camus, Samuel Beckett, Gabriel Garcia Marquez ou Doris Lessing.

La médaille en or et le diplôme attribués à Bob Dylan en octobre lui ont été remis lors d’une « cérémonie privée à Stockholm », sans médias ni public à sa demande, à laquelle ont assisté 12 membres de l’Académie, a écrit samedi soir sur son blog la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise, Sara Danius.

« L’humeur était bonne. Du champagne a été bu, a-t-elle confié. Un moment conséquent a été passé à regarder la médaille en or de près, en particulier son revers magnifiquement ouvragé, l’image d’un jeune homme assis sous un laurier qui écoute les muses ».

Une « leçon Nobel » avant le 10 juin ?

La remise du prix a eu lieu dans un lieu tenu secret avant le concert qu’a ensuite donné Bob Dylan dans la soirée à Stockholm, où il doit en donner un second dimanche. Le chanteur n’a pas fait de discours de réception – qui peut aussi être une chanson -, préalable indispensable à la remise du confortable chèque (huit millions de couronnes, 838.000 euros) accompagnant le prix Nobel.

Tout lauréat doit rendre sa « leçon Nobel » dans les six mois suivant la cérémonie de remise du prix le 10 décembre, soit avant le 10 juin. « L’Académie a de bonnes raisons de penser qu’une version enregistrée (du discours) sera envoyée à une date ultérieure », avait indiqué récemment Sara Danius.

Un prix décerné par des ‘hippies séniles’ 

Les deux concerts de Bob Dylan dans la capitale suédoise samedi et dimanche sont le coup d’envoi d’une tournée européenne à l’occasion de la sortie de son nouvel opus, un triple album de reprises de Frank Sinatra. Samedi soir, Ylva Berglof, 62 ans, a vu le chanteur sur scène pour la 18e fois. « Il mérite (le Nobel) même si je trouve qu’il n’a pas bien géré. Il aurait pu se montrer plus reconnaissant », a-t-elle estimé. Les spécialistes étaient nettement moins surpris. « Dès que vous voulez l’emmener dans une direction, il prend le contrepied », explique Martin Nyström, critique musical du quotidien Dagens Nyheter.

À la surprise générale, Bob Dylan, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, avait été récompensé en octobre « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », selon les attendus de l’Académie. Son nom, comme celui du Canadien Leonard Cohen, décédé en novembre, revenait de temps en temps dans les spéculations, sans jamais être pris au sérieux.

Là où les puristes attendaient ses compatriotes Philip Roth ou Don DeLillo, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a âprement défendu son choix et celui de ses pairs, inscrivant la poésie chantée de Dylan dans la tradition homérienne. Du côté des indignés, l’Ecossais Irvine Welsh, auteur de Trainspotting, s’était moqué d’un prix décerné par « des hippies séniles ».

« Arrogance »

Pris à son corps défendant dans ce tumulte de louanges et de critiques, Bob Dylan a accueilli l’annonce par un silence non moins tonitruant. Au point qu’un notable de l’Académie, Per Wästberg, s’était emporté contre son « arrogance ». Le soir du banquet, le 10 décembre, c’est l’ambassadrice américaine en Suède qui avait lu son discours de remerciements, dans lequel il confiait son étonnement de voir son nom aux côtés de Rudyard Kipling (1907) ou Ernest Hemingway (1954).

« Ces géants de la littérature dont les oeuvres sont enseignées dans les classes, figurent dans les rayonnages des bibliothèques du monde entier et dont on parle avec tant de déférence ont toujours fait sur moi la plus profonde impression », disait-il alors.

Avec son folk-rock lettré, ses lunettes noires et sa voix rugueuse, Bob Dylan est passé du troubadour folk à l’aube des années 1960 à la superstar décorée en 2012 par le président américain Barack Obama.

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Le prix Pritzker remis à un trio d’architectes espagnols https://www.coupdegriffeactu.com/2017/03/01/le-prix-pritzker-remis-a-un-trio-darchitectes-espagnols/ https://www.coupdegriffeactu.com/2017/03/01/le-prix-pritzker-remis-a-un-trio-darchitectes-espagnols/#respond Wed, 01 Mar 2017 21:04:29 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=4752 Musee Soulage © Malick MBOW
Musee Soulage © Malick MBOW
Le prix Pritzker 2017 © Malick MBOW
Le prix Pritzker 2017 © Malick MBOW

Publié le 01/03/2017 à 19:21

Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta. © Javier Lorenzo Domínguez

remis, le 1er mars, aux trois architectes du cabinet RCR Arquitectes Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta.

Le prix Pritzker 2017 a été attribué, le 1er mars, au trio d’architectes espagnols Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta. Ils appartiennent au cabinet RCR Arquitectes, qu’ils ont fondé en 1988. C’est la première fois que le Pritzker récompense trois professionnels à la fois. Le prix sera officiellement remis le 20 mai, à Tokyo.

RCR Arquitectes est notamment à l’origine du musée Soulages, basé à Rodez (Aveyron) et inauguré en 2014, et du centre d’art La Cuisine, situé à Nègrepelisse (Tarn-et-Garonne). « C’est une grande joie et une grande responsabilité, a réagi Carme Pigem. Nous sommes ravis de voir distingués, cette année, trois professionnels qui travaillent de manière très collaborative. »

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Bob Dylan, Prix Nobel de littérature 2016 https://www.coupdegriffeactu.com/2016/10/13/bob-dylan-prix-nobel-de-litterature-2016/ https://www.coupdegriffeactu.com/2016/10/13/bob-dylan-prix-nobel-de-litterature-2016/#respond Thu, 13 Oct 2016 23:10:18 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=3078 Prix Nobel

 

L’Académie suédoise a choisi de récompenser le musicien et poète américain « pour avoir créé […] de nouveaux modes d’expression poétique ».

LE MONDE | 13.10.2016 à 13h04 • Mis à jour le 13.10.2016 à 20h12

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Le prix Nobel de littérature 2016 est décerné à Bob Dylan, 75 ans, « pour avoircréé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », a annoncé la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius. L’Américain, premier musicien à être récompensé par l’académie depuis la création du prix en 1901, succède à la Biélorusse Svetlana Alexievitch.

« Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille », a expliqué Mme Danius à la télévision publique SVT, affirmant que les membres de l’académie avaient manifesté « une grande cohésion » dans ce choix. « Il s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake », le célèbre poète anglais mort en 1827, a-t-elle affirmé, citant Visions of Johanna et Chimes of Freedom.

« Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampleur littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice desmusiques de genres différents, des textes de genres différents. »

Une histoire de l’Amérique à lui seul

Dylan est une histoire de l’Amérique à lui seul, synthétisant dans son œuvre la poésie surréaliste de la beat generation, l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie quotidienne propre à la country.

Présentée par l’Académie suédoise comme une « icône », la légende du folk a sorti son 37e album, Fallen Angels, en mars. A l’occasion d’une cérémonie de remise de trophées, organisée en 2015, l’auteur-compositeur était revenu sur son parcours :

« Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk. Et je les ai jouées (…), je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs, et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde. »

A cette occasion, il avait aussi défendu sa voix : « Mes critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ?(…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : “C’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité”»

Lire notre critique de « Fallen Angels » :   Bob Dylan dans l’ombre de Frank Sinatra

Des textes politiques

Depuis des années, le nom de Bob Dylan revenait souvent mais peu d’experts s’attendaient à ce que l’académie franchisse le pas de récompenser un chanteur aussi populaire que lui. Né le 24 mai 1941, à Duluth, dans le Minnesota, l’artiste a grandi dans une famille juive de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, comme la plupart des adolescents américains, Bob Dylan tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de formerson propre groupe.

En 1959, étudiant à l’université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk : Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. En 1961, il abandonne ses études et déménage à New York pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village. C’est à cette époque que Robert Allen Zimmerman adopte comme nom de scène Bob Dylan, qui sera aussi le titre de son premier album. Sorti en 1962, celui-ci est un fiasco.

La percée se produit un an plus tard avec l’album The Freewheelin’Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation : Blowin’ in the Wind, chanson pacifiste qui sera un hymne des années 1960 contre la guerre au Vietnam, et A Hard Rain’s A-Gonna Fall. En 1963, il participe à la marche sur Washington autour de Martin Luther King.

A partir de la fin des années 1960, il se détache de plus en plus des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d’être l’étendard des contestations et des luttes de l’époque, publiant un recueil de poésie en 1971, Tarantula, ets’essayant même à la peinture et au cinéma. Depuis les années 1980, son extraordinaire créativité s’est tarie, malgré des albums remarquables (Oh Mercyen 1989, Time Out of Mind en 1997) et le premier volume d’une autobiographie célébrée par la critique, Chroniques (2004), dont on attend toujours la suite. Showman infatiguable, quoiqu’inégal, il parcourt la route sans relâche – il est ces jours-ci à l’affiche du Desert Trip Festival, en Californie, où il rejouera vendredi 14 octobre en première partie des Rolling Stones, une semaine après un premier concert-événément.

Lire aussi :   En Californie, papy-rockers et baby-boomers crient dans le désert

« Un pouvoir poétique extraordinaire »

Décidément habitué à être là où ne l’attend pas, il a aussi reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ».

Bien qu’il n’ait signé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois copié, jamais égalé.

C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993. Le prix Nobel s’accompagne d’une récompense de huit millions de couronnes suédoises (822 000 euros).

>> Retrouvez toutes les paroles des chansons de Bob Dylan en anglais et en français

Bob Dylan en dix dates

24 mai 1941 : naissance de Robert Zimmerman à Duluth (Minnesota).

1962 : il publie son premier album, Bob Dylan.

1963 : il enregistre l’hymne pacifiste Blowin’in the Wind.

28 août 1963 : il participe à la grande marche sur Washington pour les droits civiques et chante après le discours de Martin Luther King.

1965 : il déroute ses fans en passant du folk acoustique au rock électrique avec l’album Bringing it All Back Home. Et se fait huer au festival folk de Newport.

1966 : il publie l’album Blonde on Blonde, considéré comme son chef-d’œuvre.

30 juillet 1966 : accident de moto qui l’écarte de la scène pendant trois ans.

1979 : il se convertit au christianisme.

1988 il commence son never ending tour (« tournée sans fin »), expression inventée par la critique pour qualifier une tournée quasiment ininterrompue jusqu’à ce jour.

2008 : il obtient le prix Pulitzer de musique.

Mai 2016 : il publie son dernier album en date, Fallen Angels, composé de reprises de Frank Sinatra.

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