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FRIC – Coup de Griffe actu https://www.coupdegriffeactu.com Musée Virtuel Sat, 30 Jun 2018 00:55:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 SPORT FRIC CHAMPIONS LEAGUE COUPE DU MONDE!!! https://www.coupdegriffeactu.com/2018/06/30/sport-fric-champions-league-coupe-du-monde/ https://www.coupdegriffeactu.com/2018/06/30/sport-fric-champions-league-coupe-du-monde/#respond Sat, 30 Jun 2018 00:29:42 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=8330  

Anonymous - © Malick MBOW
Anonymous – © Malick MBOW

Vous croyiez qu’on va sacrifier 45 000 spectateurs colombiens par la vidéo pour privilégier 300 sénégalais à Moscou en terme de rentabilité économique la Corée du Sud est au même niveau de rentabilité que les Allemands si non plus.

En plus de ces commentaires et analyses pertinents il y a que la ligue des champions est plus importante aux yeux de la FIFA que la coupe du monde c’est l’occasion pour eux de lessiver les joueurs pour un rendement inhumain. Dépenser le maximum d’énergie au cours des saisons pour en tirer profit.

Ensuite  arrive le temps de la coupe du monde c’est vraiment le sommet  de DAVOS l’occasion où les dividendes sont rétribués à ceux qui ont usé ces joueurs (les acheteurs et les fournisseurs).

Il faut démanteler cette organisation pour refaire des coupes du monde comme dans le temps des « Pelé » aujourd’hui le monde du foot is « Wari » ou Money ou Argent.

Pour résumer sauvons la coupe d’Afrique avant qu’elle n’attrape ce virus du rendement comme Charlie Chaplin dans « les temps modernes ».

Aucune équipe africaine ne prendra la coupe du monde dans les 20 ans à venir si nous n’avons pas notre propre ligue des champions (Champions League) pour fixer les jeunes joueurs dans le continent aussi leur faire gagner correctement leur vie ici.

Et non de laisser filer ces jeunes pour être pourri ensuite par le fric de ces « acheteurs » de joueurs au prix  fort rien que pour la plus value dans la revente de ces joueurs.

Neymar a bien compris et joue très bien avec ce système.

Malick Mbow

 

 

Complots, matchs truqués, arbitres achetés, racisme...

 

LA FIFA PIRE QUE LA CPI !

 

Les Africains doivent-ils unanimement quitter la Fifa ou créer leur Fifa ? Cette question a tout son sens car, depuis que les équipes africaines ont commencé à participer au Mondial, elles ne sont jamais allées au-delà des quarts de finales : le terminus africain. Et pourtant, l’Afrique a de grandes équipes et de grands joueurs…

 

On se rappelle, les pays africains avaient, lors d’une réunion de l’Union Africaine au Mozambique, décidé de quitter la Cour Pénale Internationale (CPI), qui est une juridiction créée uniquement pour juger les leaders africains. Et dans son intelligence, la Communauté internationale avait choisi la Gambienne Fatu Bensouda comme Procureur de la CPI, une manière malicieuse de faire accepter la pilule de la CPI aux Africains.

 

C’est la même intelligence qui a abouti à la nomination de la Sénégalaise Fatma Samoura comme Secrétaire général de la Fifa. C’est justement pour que les pays africains ne comprennent pas le jeu des grands décideurs dans cette compétition sportive mondiale.

 

Les Africains doivent comprendre et bien comprendre que ce Nouvel Ordre Mondial (NOM) n’exclut pas le football et les médias. Une seule fois, l’Afrique a organisé la Coupe du Monde, le Maroc avait présenté sa candidature, mais il a été éliminé au profit de l’Amérique, qui a pourtant plusieurs fois abrité la compétition.

 

En vérité, les pays africains ne sont acceptés dans cette compétition sportive que pour compléter les poules. Mais, quels que soient leur talent, la qualité de leurs joueurs, ils ne dépassent jamais l’étape des quarts. Qu’on ne dise pas que c’est la règle du football. La Fifa semble avoir des règles et des objectifs commerciaux et stratégiques qui excluent d’office les équipes africaines.

 

La Fifa, tout comme l’Onu, sont des organisations des Etats forts. Si l’Organisation des Nations-Unies a eu le courage, depuis sa création, de copter 05 pays qui ont le privilège d’un véto, au vu et au su du monde tout entier, la Fifa semble aussi fonctionner avec son G5, composé de pays européens et américains.

 

Tout le monde sait que ce sont les 05 membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies disposant du droit de véto qui régentent le monde. Ils ont la Bombe A et ils sont les «Maîtres» du Monde. La Fifa fonctionne selon le même modèle que l’Onu, la CPI, et n’offre aucune chance aux pauvres africains.

 

Devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), devant l’Onu, à la CPI ce sont toujours les pays africains qui sont traités comme des «sous-Etats». La Coupe du Monde est devenue une compétition des pays forts, contre les africains faibles, invités à y participer pour le décor. Ce n’est que récemment que l’Afrique a eu droit à 05 participants au mondial.

 

Ceux qui suivent la Coupe du Monde, depuis le départ, ont remarqué la protection des arbitres en faveur des grands joueurs comme Ronaldo, Messi et Neymar. Les maîtres du terrain ferment leurs yeux devant toutes les fautes commises par ces stars du ballon rond. L’objectif de la Fifa, c’est de tout faire pour que ces stars aillent loin dans la compétition, afin de doper les recettes et encourager les sponsors.

 

Cette approche commerciale et mercantiliste de la Fifa est en train de décrédibiliser la compétition mondiale. Qu’on ne nous dise pas que l’Afrique n’a pas de talent. Ce football qui a enfanté des stars comme Georges Weah, Jules François Bocandé, Samuel Eto’o, El Hadji Diouf, Didier Drogba n’a rien à envier aux «bébés de la Fifa», chouchous des sponsors qui dictent leur loi de la Fédération internationale.

 

Le football draine des enjeux politiques, géopolitiques et géostratégiques. Il est politique et économique. C’est un enjeu de pouvoir. Toutes ces stars du ballon sont plus populaires, plus influentes que leurs propres dirigeants politiques, dans leurs pays respectifs.

 

Lors de la présentation de Neymar aux supporters parisiens, au Parc des Princes, plusieurs milliers de téléspectateurs, des sponsors, des journalistes, des chaînes de télévision ont été mobilisés. Ce jour-là, on avait l’impression d’être dans une cérémonie d’investiture d’un chef d’Etat ou d’intronisation d’un Roi. Rien que la présence de Neymar sur le terrain et l’intérêt que les sponsors portent sur lui peuvent avoir un impact sur la compétition.

 

Ce sont des lobbyistes, des groupes d’influence, de grandes entreprises comme Coca-Cola, Mc Donald, Adidas et le brasseur belge AB Inbev, Nike etc., qui imposent leur volonté au reste du monde. Les pays africains n’ont aucune forme d’influence sur la marche de la Fifa, et la contribution de l’économie africaine, des entreprises africaines dans les recettes de la Fifa ne représentent même pas 1% de son budget.

 

Hier, jeudi 28 juin 2018, le Sénégal a été éliminé parce qu’il aurait plus de cartons jaunes que le Japon. C’est cette formule qui a été trouvée pour anesthésier les Africains et calmer leur colère. Mais l’on devrait demander aux délégués du match Colombie/Sénégal, pourquoi le penalty sifflé en faveur de Sadio Mané n’a pas été accordé, après que l’arbitre l’ait sifflé avant de se rétracter, lorsqu’il a regardé la vidéo logée dans un couloir du terrain, où se cachent les véritables décideurs des matchs en cours.

 

Les vidéos dans les stades et les micros sans fil portés par les arbitres sont des armes fatales contre les équipes. Dans la mesure les arbitres ne sont plus maitres du terrain, ils sont sous influence d’autres personnes cachées dans les régies.

 

Avec ces nouveaux outils introduits dans le football, le nombre d’arbitres dépasse les 03 visibles sur le terrain et leurs assistants. Une véritable pagaille ! Ce penalty refusé aux Sénégalais allait changer la physionomie du match.

 

Au cours de la cette même rencontre, un joueur colombien a touché la balle de la main, dans sa surface de réparation, mais l’arbitre était devenu subitement aveugle. Les deux cartons jaunes qui ont écarté le Sénégal de la compétition ont été distribués hier seulement. D’autres équipes ont subi cette même injustice, notamment le Maroc face au Portugal.

 

Le football est un art, s’il est pratiqué selon ses règles, sans partialité de la part de l’arbitre, mais aussi en dehors de toute pression politique ou économique.

 

Malheureusement, ce sont les sponsors qui dirigent le football mondial et les Africains, qui vivent dans les pays les moins avancés, ne pourront jamais aller au-delà de leur terminus préétabli. Un match de football se perd ou se gagne sur un petit détail. Et les arbitres, bien préparés pour cela, s’arrangent toujours pour trouver le détail fatal pour chasser un à un les Africains de la compétition.

 

Il n’y a aucune surprise. Et il n’y en aura pas. Les Africains ne seront jamais respectés, ni par la Fifa, ni au Conseil des Sécurité des Nations-Unis, ni par une autre organisation internationale. Même à l’occasion des sommets du G20 ou du G7, les Africains y participent en tant que simples invités. Or, la Fifa n’est rien d’autre que l’organe qui gère le volet sportif de la Communauté internationale.

 

Les Africains subissent cette injustice depuis toujours. Sur le plan judiciaire, c’est la CPI qui a été inventée, financée par la Communauté internationale pour juger les dirigeants africains qui n’ont pas fait pire que Georges Bush, Nicolas Sarkozy ou Tony Blair, avec leur cortège de morts en Libye, en Irak, en Syrie…

 

Aujourd’hui, les chefs d’Etats africains sont interpelés face à cette situation. Ils avaient pris leur courage à deux mains pour dénoncer le fonctionnement de la CPI, dressée contre les Africains. Ils doivent saisir la Fifa pour attirer son attention sur les sabotages orchestrés, à l’occasion des Coupes du monde, contre les équipes africaines. S’il faut boycotter la compétition pendant quelques années, cela vaudrait le coup, car l’injustice n’a que trop duré.

 

Certes, il y a l’économie du sport. Mais, si la compétition est organisée selon les exigences des sponsors, le football devient autre chose que du sport. Car, jamais les Africains ne pourront influencer positivement le budget de la Fifa. Il faut regarder la situation économique des pays qualifiés en Coupe du monde, cette année.

 

Le Sénégal tente difficilement de sortir des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), l’économie nigériane n’est pas encore stable, surtout avec l’instabilité qui règne au Nord du pays, née des agissements de Boko Haram ; la Tunisie, depuis le Printemps Arabe, se cherche sur le plan politique ; l’Egypte connaît les mêmes difficultés, même si le Maroc garde le cap dans une Afrique du Nord fortement touchée par les flux migratoires, le terrorisme et la crise politique en Libye.

 

Aucun de ces pays ne dispose d’une société nationale financièrement apte à concurrencer les grandes entreprises comme Mc Donald.

 

La Fifa est donc devenue une CPI bis, qui fonctionne selon la santé financière des sponsors. Il faut la refonder, car les Africains n’ont pas leur place dans son mode de fonctionnement.

 

C’est une organisation souvent secouée par des cas de corruption et de complot. En plus, le football n’est plus un simple sport, comme avant, c’est devenu un enjeu de pouvoir et de puissance financière, dirigé par des gens sous le contrôle des grandes entreprises et des lobbies.

 

Sur la période 2011-2014, les revenus (officiels) de l’organisation se sont ainsi élevés 2.700 milliards de FCFA, soit le PIB annuel du Liberia et du Burundi réunis. Alors, est-ce que la Fifa va accepter de se détourner de cette manne financière en laissant le Libéria ou le Burundi accéder à un certain niveau de la compétition ?

 

C’est parce que ces pays n’apportent rien à la Fédération. Le football n’est plus du sport tout court, c’est du business. Alors, les sportifs africains et leurs dirigeants souvent très naïfs, peuvent voir ailleurs.

 

Pour rappel, la Coupe du monde 2014 organisée au Brésil a assuré 2.500 milliards de FCFA de recettes. Concernant les droits TV, lors de cette mondiale, les médias désirant diffuser le Mondial brésilien ont ainsi déboursé 1.500 milliards de FCFA.

 

Quelle est la télévision africaine capable de concurrencer les télévisions européennes ou américaines pour l’achat des droits de retransmission ? Les sponsors ont mis près de 550 milliards de FCFA, lors du Mondial 2014 au Brésil.

 

Quelle est la société africaine financièrement solide pour investir dans le sponsoring du mondial ? Voilà pourquoi les Africains ne comptent pas dans cette compétition. Et ils seront toujours déçus en croyant que la Coupe du Monde est une rencontre sportive. Que non ! C’est un sommet économique, à l’image de Davos…

 

Mamadou Mouth BANE,

Journaliste

Directeur de publication de DAKARTIMES

mamadoumouthbane@gmail.com

 

Remy N’Gono (RFI) : « La VAR et la FIFA éliminent le Sénégal »

Pressés, harcelés, étouffés, étranglés, dominés sur tous les plans de jeu par des Sénégalais décomplexés, surmotivés et engagés, les Colombiens, dépassés n’ont fait que se débarrasser du ballon, le balancer , rater des passes, commettre des fautes dans leurs 30 mètres pour résister pendant toute la première mi-temps.

 

Ayant choisi d’aligner une formation résolument offensive avec le trio Niang-Mané-Baldé, Aliou Cissé a totalement anesthésié le plan tactique du sélectionneur colombien José Pékerman. Alors qu’on vantait le trio offensif Falcao-James-Cuadrado, ce sont plutôt les Sénégalais qui ce sont procurés des situations dangereuses.

 

14′, la combinaison éclair entre Niang, Baldé et Mane sonne l’alerte. Deux minutes seulement après, servi par Baldé, Sadio Mané s’engouffre dans la surface de réparation et est abattu par un tacle par derrière. L’arbitre n’hésite pas et pointe le penalty. C’est alors que la VAR, devenue VOL, l’interpelle à l’oreillette pour aller prendre les recommandations de la FIFA: le penalty est annulé. Voilà le tournant du match. Et dès cet instant, on est convaincu que le Sénégal est mal barré. Loin d’être démoralisés par ce coup derrière le crâne, les Lions ont encore menacé par Baldé dont le tir est malheureusement très mou à la 26′, et Sarr avec une frappe écrasée à la 27′.

 

On n’aura pas vu James Rodriguez, meilleur buteur de la coupe du monde 2014 jusqu’à sa sortie sur blessure à 30ème minute. On n’aura pas vu Falcao muselé par les robustes défenseurs sénégalais jusqu’au retour des vestiaires à la 56 ème minute où il tente une percée et est repris de justesse, une tête au-dessus de la barre suite à un corner à la 65′. La défense sénégalaise et même N’diaye ont été autoritaires. Hélas! Ça ne suffisait pas.

 

Quel match de Youssouf Sabaly qui n’aura pas permis à Cuadrado de réussir une seule fois jusqu’à sa sortie sur blessure à la 70′. Et c’est juste au moment où il rejoint le banc que Cuadrado pointe son nez et obtient un corner. La défense sénégalaise n’est pas encore organisée, Mina profite pour clouer N’diaye à la 72ème minute.

 

Gassama impérial tout comme Idrissa Gueye. Niang combatif tout comme Baldé. Sadio Mané sur qui tous les espoirs reposaient pour diriger les troupes comme leader technique, aura plutôt été l’ombre de lui-même, ralentissant le jeu, faisant les mauvais choix et clou c’est lorsqu’il tombe seul alors qu’il a un coup franc merveilleusement placé pour marquer.

 

Décevant, révoltant, rageant! Le Sénégal est éliminé sur le nombre de cartons et sur une décision de la VAR qui aura finalement été une invention de la FIFA contre l’Afrique. Comme le dit un proverbe africain: 《 Tu as beau avoir raison et des témoins, mais tu ne gagneras jamais un procès contre l’enfant du juge》.

 

  1. RÉMY NGONO
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Coupe du monde 2018 : pourquoi le foot permet de comprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les dérives de la mondialisation sans jamais oser le demander https://www.coupdegriffeactu.com/2018/06/24/coupe-du-monde-2018-pourquoi-le-foot-permet-de-comprendre-tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-derives-de-la-mondialisation-sans-jamais-oser-le-demander/ https://www.coupdegriffeactu.com/2018/06/24/coupe-du-monde-2018-pourquoi-le-foot-permet-de-comprendre-tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-derives-de-la-mondialisation-sans-jamais-oser-le-demander/#respond Sun, 24 Jun 2018 02:00:30 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=8278 Sepp Blatter dollar© Malick MBOW
Sepp Blatter dollar© Malick MBOW

L’économiste Branko Milanovic s’est intéressé aux effets de la mondialisation sur le football, notamment au travers de la question de l’intégration de joueurs en provenance du monde entier dans les meilleurs clubs.

Foot business

Publié le 22 Juin 2018

Atlantico : Dans un article économique publié en 2005, l’économiste Branko Milanovic a pu analyser les effets de la mondialisation sur le football, notamment au travers de la question de l’intégration de joueurs en provenance du monde entier dans les meilleurs clubs. ​Ses conclusions font état d’un renforcement des inégalités pour les clubs eux-mêmes, et d’un lissage du niveau des équipes nationales. Comment expliquer ce résultat ?

Alexandre Delaigue : Le raisonnement de Milanovic est le suivant : si on part d’une situation où il y a peu de mouvements des joueurs de foot entre pays, dans ce cas-là si vous avez un bon joueur, il aura peu tendance à aller dans un championnat qui n’est pas celui de son pays d’origine. Donc un pays doté d’un certain nombre de bons joueurs – des études faites par l’analyse du nombre d’habitant, de la population ainsi que du PIB par habitant parviennent à déterminer le nombre de joueurs de bons niveau qui vont émerger – alors ces mêmes joueurs, s’ils n’ont pas la possibilité d’aller ailleurs vont se répartir à l’intérieur de leur championnat national.

Il y aura de fait une certaine égalité de niveau dans les championnats nationaux.

Imaginez qu’aucun professionnel français ne puisse partir à l’étranger, alors les clubs français auraient de biens meilleurs joueurs. En revanche, à l’échelle des équipes nationales, il faut d’abord constater que seuls certains pays ont des championnats très compétitifs, la connaissance de meilleures tactiques de jeux et d’un niveau optimale est atteinte dans un nombre très restreint de pays. Par conséquent, les joueurs évoluant dans leur pays d’origine ne vont pas alors se confronter aux meilleurs niveaux de jeux disponibles et la qualité de la sélection nationale dépendra de la qualité du championnat national et de grands écarts entre les nations se feront ressentir

Dans une situation comme celle-ci, c’est comparable à ce qu’il y avait avant en Europe, avant l’Arrêt Bosman, dans laquelle on avait des clubs comme l’Etoile Rouge de Belgrade qui était capable de gagner une coupe d’Europe, chose qui nous paraîtrait totalement inconcevable aujourd’hui. Il y a avait quelques joueurs français qui jouaient à l’étranger, on peut citer Jean-Pierre Papin qui évolua en Série A mais dans l’ensemble les joueurs français demeuraient sur leur territoire d’origine.

Voyez le mécanisme, les championnats nationaux ont des bons clubs, tous les clubs sont à peu près à l’égalité alors quand l’Arrêt Bosman s’est immiscé dans le paysage du football européen et mondial les joueurs de bon niveaux ont décidé d’aller dans les meilleurs clubs étrangers.

Il y a alors un effet d’entrainement : un très bon club attire de très bon joueurs, ce même club va commencer à gagner davantage de compétition, il obtiendra encore plus de subventions pour s’offrir de nouveaux très bon footballeurs  et ce phénomène de concentration des éléments les plus efficaces se déroule au niveau des clubs. En résulte alors les scénarios types que la champions league nous offre par exemple : ce sont toujours les mêmes clubs qui remportent la victoire

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L’effet bénéfique de ce processus se ressent au niveau des équipes nationales. Imaginons que nous soyons un très bon joueur sénégalais, dans le système pré-Bosman, il nous était très difficile d’aller jouer dans les meilleurs clubs étrangers, donc de vous confronter à un plus haut niveau et donc de progresser : nous aurions stagné dans le championnat sénégalais et ralenti de fait notre capacité d’apprentissage et de perfectionnement de notre niveau. Aujourd’hui, dans tous les pays, les équipes nationales sont constitués de leur meilleurs joueurs qui sont allés jouer dans les meilleurs clubs et qui se sont améliorés par la confrontation avec le haut niveau.

Ils sont bien meilleurs maintenant qu’ils sont allés voir ailleurs que s’ils n’avaient évolué dans le championnat national – à quelques exceptions près bien sûr-.

On observe par conséquent un nivellement vers le haut des équipes nationales, il n’y a plus de petites équipes, mais la tare principale est la concentration des « succès » dans les clubs les plus prestigieux et les plus performants qui crée une asymétrie évidente lors des compétitions effectuées. Ces clubs sont comparables à des machines de guerres qui ont définitivement les moyens de s’offrir des talents exceptionnels

Quelles sont les leçons d’une telle étude concernant la mondialisation ? Quels seraient les autres secteurs qui pourraient bénéficier de tels effets ?

Ce qui est intéressant dans l’idée de la mondialisation et qui rejoint mon propos sur la théorie de Milanovic, c’est celle du libre-échange. On observe aujourd’hui quelques très grandes entreprises qui dominent le marché mondial, mais on constate également une absence flagrante d’entreprises de taille moyenne.

De la même manière que la mondialisation favorise les meilleurs clubs du monde, elle favorise les premières entreprises qui vont être évidemment et largement plus performantes que les autres, attirant par répercussion les meilleurs salariés dotés de meilleures compétences leur permettant de réaliser le plus gros chiffre d’affaires. On a par conséquent le même effet d’entrainement qui se concentre au niveau des grosses sociétés et des multinationales qui est parfaitement transposable à la façon dont les grands clubs monopolisent les talents.

En revanche, il subsiste une différence entre ces deux modèles : alors que les joueurs de foot reviennent dans leur pays d’origine pour former une équipe nationale plus efficace, l’effet des salariés retournant favoriser l’essor économique de leur pays n’est pas aussi évident. Il n’y a pas d’équivalent économique d’une forme de coupe du monde dans laquelle on irait chercher nos meilleurs salariés expatriés pour les faire gérer nos entreprises nationales. C’est ce que les économistes appellent l’effet de superstar, l’effet de concentration des talents et des performances économiques dans un nombre réduit d’entreprises avec l’idée que au-delà des meilleurs entreprises, plus grand-chose ne subsiste. Pour illustrer, on se retrouverait avec quelques entreprises automobiles qui sont les plus efficaces au monde sans avoir comme avant des constructeurs de taille moyenne dont les marques sont exclusivement Nationales, qui fonctionnerait dans le marché intérieur. Les gens préfèrent aller faire appel aux tout meilleurs.

Ce paradigme permet également de saisir l’impact des flux migratoires pour les pays en développement. Le fait, pour ces pays de pouvoir envoyer de migrants dans des pays beaucoup plus attractifs et dont le niveau de vie est bien supérieur, est justement de pouvoir faire rapatrier ses revenus dans le territoire d’origine qui peut bénéficier au gouvernement exportateur de cette main d’œuvre. Le secteur médical ghanéen envoie énormément de docteurs et de personnel médical vers la Grande Bretagne ou les Etats-Unis.

Mais également  les Philippines qui envoient énormément de personnel à l’étranger.

C’est ici une situation caractérisée par le fait que la mobilité du travail (encouragée par l’UE et Schengen) qui bénéficie à l’économie nationale en permettant à des gens de se rendre dans les endroits depuis lesquels leur force productive ne sera que plus efficace.

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