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ENSEIGNEMENT – Coup de Griffe actu https://www.coupdegriffeactu.com Musée Virtuel Thu, 13 Dec 2018 01:19:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 « L’avenir de l’éducation, c’est ce que tous ensemble nous allons en faire » ( Pr Souleymane Bachir Diagne) https://www.coupdegriffeactu.com/2018/12/13/lavenir-de-leducation-cest-ce-que-tous-ensemble-nous-allons-en-faire-pr-souleymane-bachir-diagne/ https://www.coupdegriffeactu.com/2018/12/13/lavenir-de-leducation-cest-ce-que-tous-ensemble-nous-allons-en-faire-pr-souleymane-bachir-diagne/#respond Thu, 13 Dec 2018 01:19:03 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=9123

Pr Souleymane Bachir-Diagne © Malick MBOW
Pr Souleymane Bachir-Diagne © Malick MBOW

Amy Sarr Fall de la plateforme Intelligences Citoyennes a suscité  ce mardi 11 décembre une véritable réflexion universelle pour rendre le système d’enseignement le plus adapté aux nouvelles réalités socio-économiques de nos pays.
Le professeur Souleymane Bachir Diagne qui prenait part aux débats, est d’avis qu’il faudra anticiper l’éducation de demain dans l’action. Pour lui, l’avenir c’est ce que tous ensemble nous allons en faire. Le professeur engagé dans le progrès de l’humanité, a soulevé un véritable débat au Palais des congrès de Paris sur le thème général de : “L’éducation au cœur de la transition pour une transformation sociale et économique en 2030.” Une façon pour lui de  rappeler que l’éducation est un droit vital qu’il faut renforcer par la refonte des systèmes afin de les rendre plus innovants, inclusifs et universels.

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Conférence de Dakar – Macron : « Je n’avais d’autre choix… » https://www.coupdegriffeactu.com/2018/02/02/conference-de-dakar-macron-je-navais-dautre-choix/ https://www.coupdegriffeactu.com/2018/02/02/conference-de-dakar-macron-je-navais-dautre-choix/#respond Fri, 02 Feb 2018 22:16:06 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=6893  

  • macky-sall-emmanuel-macron © Malick MBOW
    macky-sall-emmanuel-macron © Malick MBOW

    Le 02 février, 2018 Emmanuel Macron et Macky Sall ont présidé le panel de haut niveau de la troisième Conférence internationale de financement du partenariat mondial pour l’éducation, ce vendredi. Dans son discours, le président Français a dit toute sa joie d’être Dakar pour participer à cette rencontre axée sur un sujet aussi important.

« Je suis très heureux d’être là et je dois le dire : il n’y avait pas d’autre choix. L’engagement pour l’éducation ce n’est  pas un choix qu’on peut faire ou pas. C’est une nécessité contemporaine. Parce qu’aujourd’hui, le véritable défi face à nous c’est celui de  l’éducation », a-t-il déclaré.

Pour Macron, l’éducation reste l’unique réponse face aux nombreux périls qui s’abattent sur nos sociétés. « Nous voyons partout des risques dans nos sociétés. L’obscurantisme avec le fondamentalisme religieux qui décide que nos jeunes filles ne doivent pas aller à l’école. Le risque du terrorisme que nous avons vécu, le risque de voir parfois de véritables bombes humaines  dans nos sociétés continuer à se déployer. Face à l’obscurantisme, au discours de violence, il n’y a qu’une réponse, c’est l’éducation. », prône le président Français.

Macron engage la France à hauteur de 200 millions d’euros
Aujourd’hui comme demain, souligne Emmanuel Macron, « l’éducation reste la condition de la sécurité, de la stabilité du développement durable, du progrès dans nos sociétés et la possibilité de chacun à choisir sa vie et  d‘avoir des sociétés libres ».

C’est pourquoi, la France s’est engagé à hauteur de 200 millions d’euros (1, 2 milliards FCFA). « Aujourd’hui, nous avons besoin d’un engagement ferme et concret d’atteindre ces 3.1 milliards d’euros (1550 milliards FCFA) pour notre partenariat mondial pour l’éducation. La France va plus que multiplier son propre engagement par 10. Nous allons porter à 200 millions d’euros notre engagement pour le Pme », a annoncé Macron.

Aussi, demande-t-il de faire de l’éducation des jeunes filles une priorité. « Nous devons mettre l’accent sur l’éducation des jeunes filles. Partout  où on veut promouvoir l’obscurantisme,  faire reculer la démocratie, combattre nos valeurs, ce sont nos jeunes filles qu’on sort de l’école », signale-t-il.

 

Auteur: Youssouf SANE – Seneweb.com

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Moustapha Guirassy lors de la cérémonie de Graduation IAM : « Sans empathie pas de créativité, ni d’innovations… » https://www.coupdegriffeactu.com/2016/10/29/moustapha-guirassy-lors-de-la-ceremonie-de-graduation-iam-sans-empathie-pas-de-creativite-ni-dinnovations/ https://www.coupdegriffeactu.com/2016/10/29/moustapha-guirassy-lors-de-la-ceremonie-de-graduation-iam-sans-empathie-pas-de-creativite-ni-dinnovations/#respond Sat, 29 Oct 2016 22:39:53 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=3314 Mamadou-GUIRASSY © Malick MBOW
Mamadou-GUIRASSY © Malick MBOW

Le Président Directeur général de l’Institut africain de management-IAM, lors de l’ouverture de la cérémonie de graduation des PROMOTIONS 2015-2016 de l’institut, dans un discours très vivace et plein de spiritualité,est revenu sur les 20 ans de l’IAM. Vingt années dira t’il de « résultats, impacts d’abnégation, qui ont permis à  l’IAM de rayonner et de donner pour beaucoup d’africains un sens  à leur existence ».
Rappelant l’importance des souvenirs, il fera savoir que de la qualité du rappel, fait la grandeur de l’l’existence et de l’être humain.
« Le rappel pour la formation de leader est tout aussi important puisqu’il permet de forger trois consciences qui semblent être importantes dont la première est la conscience de soi »
Sur cet aspect il regrettera que la jeunesse africaine triche beaucoup « on a cessé d’être nous mêmes, de porter nous mêmes cette véritable mission qui devrait être la nôtre. Mais celui là qui sait exactement la passion de sa charge, il n’hésite pas à aimer et au bout il y a le succès. On n’aime pas on fait semblant d’aimer, celui qui sait sa véritable mission, il n’hésite pas à aimer les arbres (…), il faut identifier cette charge et l’aimer »
La deuxieme conscience est celle de l’autre, fera t’il savoir, avant d’inviter les étudiants à la solidarité. « Sans empathie pas de créativité, ni d’innovations » révélera t’il.
Pour finir avec un mot sur la marraine de cette promotion, Moustapha Guirassy dira que son choix est par rapport à « sa classe par rapport à un mode de pensée, à un impact sur la communauté et sur le continent. Un modèle parce que femme incarnant toutes les valeurs à transmettre aux étudiants »

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Ibrahima Thioub, recteur de l’Ucad : « L’université de formation théorique est une pure perte pour nos pays» https://www.coupdegriffeactu.com/2016/09/13/ibrahima-thioub-recteur-de-lucad-luniversite-de-formation-theorique-est-une-pure-perte-pour-nos-pays/ https://www.coupdegriffeactu.com/2016/09/13/ibrahima-thioub-recteur-de-lucad-luniversite-de-formation-theorique-est-une-pure-perte-pour-nos-pays/#respond Tue, 13 Sep 2016 22:30:24 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=2691
  • ibrahima THIOUB © Malick MBOW
    ibrahima THIOUB © Malick MBOW

    Le 13 septembre, 2016

  • Ibrahima Thioub, recteur de l’Ucad: « L’université de formationthéorique est une pure pertepour nos pays»

    En marge de la cérémonie officielle de clôture des activités citoyennes 2016 qui se sont déroulées dans la commune de Niakhène dans le cadre du programme Ucad rurale, Ibrahima Thioub,recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, fait le bilan de cette édition. En même temps, il décline sa vision de l’université en insistant sur l’importance de la professionnalisation dès la première année d’université entre autres.

    Monsieur le recteur, quelles sont vos ambitions après avoir repris le programme Ucadrurale ?

    Nous avons repris les activités citoyennes cette année pour relancer un vieux projet qui avait été initié par le recteur Abdou Salam Sall, mais qui a été entre-temps interrompu. Nous sommes donc revenu pour renouer le partenariat avec la commune de Niakhène. Et dans ce cadre, nous nous sommes dit qu’il faut leur donné un certain nombre de signes qui montrent vraiment notre volonté à faire avancer la section Niakhène du programme Ucad rurale. Mon souhait est qu’Ucad rurale puisse couvrir toutes les communes du Sénégal et que cela aille au-delà d’Ucad rurale. J’aurais bien aimé qu’on effectue un maillage avec les autres universités et qu’on puisse intervenir dans les coins les plus reculés de la société afin qu’on sente que l’université est là pour aider à la transformation de la société, car en réalité c’est cela le rôle de l’université.

    Cela voudrait-il dire que l’université ne jouait pas son rôle ?

    L’université telle que nous l’avons aujourd’hui est héritée du moyen-âge français. Cette université était celle du savoir et exclusivement du savoir. Elle s’adressait à une aristocratie et aux enfants des aristocrates. La colonisation française qui l’a implantée ici a continué à lui donner cette orientation, la formation y est théorique et vise plus la promotion de la carrière des enseignants. On fait des recherches pour avancer dans sa carrière non pas pour résoudre les problèmes des communautés. Il peut arriver incidemment qu’un travail universitaire résolve un problème de la société, mais fondamentalement cette mission n’est pas l’orientation de nos universités telle que héritées du colon. Nous avons une université qui forme des agents qui ont tendance à se détacher de la société et qui n’y reviennent qu’à travers l’administration, le salariat. Ils réapprennent même à intervenir dans la société. La formation, telle qu’elle est donnée à l’université, n’offre pas beaucoup d’alternatives à l’étudiant. La seule chose qu’il est capable de faire après sa formation, c’est de revenir enseigner à l’université, donc s’auto-reproduire. Nous sommes donc dans un système où les meilleurs sont formés pour s’auto-reproduire. Les autres, après leurs diplômes universitaires ont une bonne formation, mais n’ont aucun métier à part les médecins et les journalistes. Il leur faut donc aller dans une école de formation ou sur le terrain pour acquérir un métier. Ce type d’université là, il nous faut rompre avec. Et pour y arriver, il nous faut procéder par le «learning by doing» (apprendre en faisant). Il faut donc nécessairement aller sur le terrain, quel que soit le type de formation qu’on fait, afin de s’imprégner des problèmes de la société. Il nous faut faire de telle sorte que quand un cordonnier de la ville de Ngaye Mékhé a un problème pour rendre plus flexible le cuir qu’il a tanné pour fabriquer une chaussure, qu’il puisse penser que c’est le département de chimie qui doit être la solution à son problème. Mais aujourd’hui, aucun cordonnier ayant ce problème ne pourra penser que l’université est la solution à son problème et cela même si ce cordonnier a son fils qui est étudiant au département de chimie. C’est ce type d’université-là qu’il faut supprimer afin de créer une autre université. Pour moi, créer une autre université revient à mettre la main à la pâte, continuer la formation théorique de haut niveau, mais tout en veillant à créer des bretelles de sortie et d’entrée. Afin de permettre un va-et-vient entre le terrain et l’espace académique de haut niveau. Et c’est justement dans ce sens-là que pour moi le programme Ucad rurale a toute son importance. Comme je viens de le dire, Niakhène n’en est qu’un volet.

    Quelle est votre vision pour la section Niakhène du programme Ucad rurale ?

    Ma vision pour Niakhène, c’est de commencer à mettre ici un château d’eau, car pour l’heure le problème fondamental à résoudre, c’est l’accès à l’eau. Pas seulement l’eau pour la boisson, mais aussi l’eau pour arroser les plantes, ensuite faire de l’agroforesterie, de l’élevage, de la production maraîchère, implanter un centre médico-social. Tout cela connectera la recherche et le service à la communauté à la production, car pour moi les 100 mille étudiants de l’Ucad doivent être nourris par l’Ucad. On doit donc être en mesure de produire ne serait-ce que la viande et les œufs, ce qui nous fera des économies considérables tout en améliorant les conditions d’étude des étudiants. Cela nous permettra aussi de booster la recherche appliquée sur le terrain. Si nous voulons donc à titre d’exemple produire à Niakhène le problème pédologique qui se posera, il nous faudra le régler en collaboration avec les paysans. Ce qui améliorera la production et retiendra les jeunes sur le terroir. Les 50 hectares offerts à l’Ucad par la commune de Niakhène abriteront donc des pavillons pour les étudiants et pour les enseignants qui y séjourneront pendant l’année universitaire pour des travaux de terrain avec les populations.

    On voit que vous avez votre vision à vous de l’université. Parlez-nous-en ? 

    Pour moi, réunir 1 000 étudiants en 1ère année de philosophie et leur enseigner Platon, Emmanuel Kant et autres, c’est bien, car l’humanité en a besoin, mais pas à un niveau aussi grand en nombre. Ma vision à moi, c’est d’introduire la professionnalisation dès la première année. Ainsi donc, ceux qui n’arrivent pas à passer en 2ème année peuvent sortir vers une bretelle professionnelle avec la possibilité de revenir à l’université après avoir travaillé un ou deux ans, ainsi de suite pour les autres années. Plus vous sélectionnerez plus vous aurez donc des conditions d’excellence pour ceux qui sont sélectionnés et pour ceux qui ne le sont pas, ils ne sont pas éliminés, mais plutôt réorientés vu qu’on les aurait préparés à un métier ; ce qui ne leur enlève pas la possibilité de revenir à l’université quelques années après. C’est mon propre itinéraire à moi. J’ai quitté l’école à 17 ans. Je suis allé dans une école de formation professionnelle, j’ai appris un métier que j’ai exercé durant 2 ans. Je suis revenu à l’université, j’ai fait une maîtrise et un Dea. Je suis ensuite reparti exercer mon métier pendant deux ans. Je suis revenu faire une thèse. Je suis reparti exercer mon métier pendant un an avant que l’université ne me recrute et là je suis en train de terminer ma carrière en tant que professeur titulaire. Est-ce que cela a été un mal que je sorte et que je revienne ? Je ne le trouve pas. Parce qu’à chaque fois que je suis revenu, j’étais beaucoup plus mature sachant précisément comment je dois apprendre pour réussir. Et quand je revenais en tant qu’étudiant, j’avais un salaire ; ce qui me permettait de me passer de la bourse d’Etat. Moi je n’ai donc jamais manifesté pour réclamer une bourse. C’est cela le défi aujourd’hui et Ucad rurale devra y contribuer très largement. Cela ne s’arrêtera pas à Niakhène, ça ira dans d’autres régions. Déjà, nous avons une proposition dans la région de Dakar.
    Avez-vous pensé au suivi des près de 2 000 mille plants mis en terre dans le cadre des activités citoyennes de cette année sur le domaine d’Ucad rurale à Niakhène ?
    Le suivi est très important. Il nous faut donc penser à comment faire survivre les plants que nous avons mis en terre. Ici, nous avons déjà un cheval et une charrette. Il nous faudra renforcer cet équipement en prenant des agents contractuels locaux qui seront payés par l’université. Il suffira juste d’y mettre un robinet ou un raccord afin qu’ils puissent arroser les plantes. Le plus important est que les plants passent la saison sèche pour un autre hivernage et c’est gagné. Il faut aussi que nous amenons de façon participative les populations à partager nos points de vue, que nous les écoutions pour savoir ce qu’elles attendent de nous, de notre présence afin de pouvoir satisfaire cette attente, nous ajuster progressivement et nous accommoder les uns aux autres. Ce n’est pas gagné d’avance, mais nous allons y travailler.

    Quel sera l’avenir de l’équipe des étudiants volontaires ayant participé aux activités citoyennes 2016 ?

    Pour le moment, on est enthousiaste, on a fait quelque chose de très grand avec des étudiants de beaucoup de disciplines. L’année prochaine, on renouvèlera l’équipe et ceux d’entre eux qui voudront revenir pourront partager leur expérience avec les autres. Nous n’attendrons pas la veille de l’hivernage prochain. C’est dès demain que nous engagerons les démarches nécessaires pour mobiliser beaucoup plus de ressources. Il y a des structures telles que le Port qui nous ont soutenus cette année et j’espère que d’autres vont nous soutenir les années à venir. Nous allons communiquer autour de nos activités et réunir des ressources afin d’avoir un impact beaucoup plus important. Si personnellement j’ai ce que je veux, la saison sèche prochaine on va produire quelque chose sur le domaine. Comment ? Pour le moment je ne sais pas, mais en tout cas c’est mon vœu et on va y travailler d’arrache-pied. Une chose qui me tient aussi à cœur, c’est que les étudiants qui vivent cette expérience même au bout d’une semaine en sortent transformés. J’en ai l’expérience, j’ai dirigé pendant 17 ans un programme d’échanges entre le Kalamazo college et la Faculté des lettres. Dans le cadre de ce programme, je recevais 7 à 10 étudiants américains chaque année. Je leur faisais visiter tout le Sénégal en leur donnant des cours sur l’histoire de l’islam et Sénégal rive et vallée. La question était très simple : «Toutes les conditions sont réunies dans la vallée du Sénégal pour le développement. Pourquoi la vallée ne se développe pas ?» C’était la question à laquelle chaque étudiant devait répondre en mettant en exergue le facteur qui, selon lui, freine le développement. Est-ce le rapport entre les ethnies, les castes, la terre ou même la question de l’eau. Après donc avoir suivi les cours, chacun d’eux devait produire un papier de 10 à 15 pages pour dire pourquoi la vallée du Sénégal ne se développe pas. Au bout donc du processus, on en sort transformé et on aide à la transformation de ce milieu. Pour moi, c’est ce que doit être l’université. L’université de formation théorique est une pure perte pour nos pays. Et j’ajouterai que le plus grave, c’est qu’on peut passer 6 ans dans ce système et en sortir comme un «cartouchar». Pour moi, c’est un scandale, dépenser pendant 6 ans sur un étudiant et lui dire un jour, c’est terminé, tu peux partir et il n’a rien entre les mains. C’est un véritable scandale et on doit y remédier. Chaque personne qui rentre à l’université doit en sortir avec une compétence reconnue ; ce qui fait qu’il sorte avec l’estime de lui-même, qu’il garde la confiance qu’il a en lui-même. Autrement, l’université risque de préparer des gens pour Boko haram. Et cela, même par égoïsme, nous devons nous battre pour l’éviter. C’est ma vision pour l’université et je pense que jusqu’à ce qu’on me démontre que ce n’est pas la bonne voie, je vais continuer à y travailler.

    Quelle est, selon vous, la cause de cette défaillance que vous déplorez au niveau du système universitaire ? 

    Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’avoir des universités coupées de nos sociétés, mais malheureusement jusqu’ici c’est le cas. Il est vrai qu’au lendemain des indépendances, c’était la construction de l’Etat qui primait. On pouvait donc se permettre de former des milliers d’universitaires férus de droit pour rédiger les Constitutions, les lois, donné des agents à l’Etat… Mais à partir des années 1984, la rupture est survenue et on avait désormais des diplômés de l’université qui n’étaient plus acceptés sur titre à l’Ecole normale supérieure. Sinon auparavant, si vous avez une licence, quelle que soit la faculté, vous allez travailler, devenir enseignant ou autre. Et quand vous avez la maîtrise en droit, vous allez vous inscrire au barreau. Il vous fallait juste faire un stage dans un cabinet d’avocats et vous devenez avocat, pas besoin de passer un concours. C’est dans ces années d’ajustement structurel que tout a été bloqué et la licence ou la maîtrise ne vous donnait plus directement accès à l’Ecole normale supérieure, devenue la Fastef. A l’époque où j’étais étudiant, on a mené le combat, mais c’était peine perdue, car on était dans les années d’ajustement structurel. Depuis lors, la demande existe, l’offre aussi, mais il y a un décalage entre la capacité d’absorption de l’économie en termes de bras et le nombre d’étudiants qui sont formés. Il se trouve par ailleurs que notre système scolaire a connu deux vitesses. Nous avons eu une extension de l’école élémentaire, l’école moyenne et l’école secondaire dans tout le pays au moment où l’université était figée sans réforme, continuant à enseigner de la même manière avec la même mission de recherche et de formation. Mais une recherche déconnectée des problèmes du pays au point où l’Etat a senti le besoin de créer des instituts de recherche en dehors de l’université. On avait donc laissé les universitaires dans le ciel et les étudiants sur la terre ; ce qui rendait le dialogue difficile. De plus en plus difficile par le fait que massivement, ces élèves formés dans ces nouvelles écoles élémentaire, moyen et secondaire arrivent en masse à l’université avec un niveau beaucoup plus faible que celui des élèves des années 1970. Donc, le niveau des élèves baissait pendant que l’université gardait son modèle pédagogique figé. C’était donc l’hécatombe et cela continue d’ailleurs. Pour moi, la question est mal posée, car quand moi je réussissais à l’Entrée en 6ème, il n’y avait qu’un seul lycée pour la région de Thiès, Louga et Diourbel : c’était le lycée Malick Sy qui polarisait ces 3 régions. En venant ici, j’ai vu un lycée à Thilmakha et un Cem à Niakhène. Alors qu’à l’époque, dans tout le département de Mbour, il n’y avait qu’un Cem et c’était dans la ville de Mbour. Le véritable problème est que nous n’avons pas les ressources humaines pour servir dans les nombreux établissements que compte notre système éducatif aujourd’hui. C’est cela qui fait baisser le niveau. Un étudiant qui a «cartouché» à la Faseg, on l’envoie dans un Cem pour enseigner les mathématiques et la physique. Il est inévitable que cela se ressente sur le niveau des élèves. Moi quand j’étais au lycée, mon prof de sciences naturelles était un agrégé. Aujourd’hui, c’est des «cartouchars» de la 2ème année qu’on envoie enseigner les sciences naturelles dans nos lycées. Et à l’université, on se plaint que les étudiants n’ont pas le niveau, ils font des examens et à la fin c’est 70 à 80% qui échouent. Je trouve que sur ce point, la question est mal posée. Il faut plutôt qu’on se demande à partir du niveau actuel des élèves la compétence socialement utile qu’on peut leur donner pour qu’ils servent le pays. Si on posait ainsi la question, on aurait modifié l’approche pédagogique et on les aurait formés sur le terrain pour leur donner des compétences utiles dans les collectivités locales. Mais tant qu’on restera avec la question de la faiblesse du niveau de nos bacheliers et qu’on leur enseignera avec la même technique que moi j’ai connue quand j’étais étudiant, l’hécatombe persistera. Si vous continuez à enseigner l’empire carolingien, le djihad omarien, la révolte des taï-ping et autres aux étudiants de la 2ème année d’histoire, c’est bien. Mais avec le niveau de français qu’ils ont, 80% ne comprendront pas ce que vous dites. Comment voulez-vous donc qu’ils réussissent aux examens ? Vous aurez forcément une hécatombe. Ils resteront donc 6 ans à l’université à manger, à avoir une bourse ou une aide parentale et iront forcément tout le temps au front à l’avenue Cheikh Anta Diop. Pour vraiment couper cela, il faut qu’après 3 ans, l’étudiant puisse sortir de l’université avec un métier et vous verrez que tout de suite on pourra baisser le niveau démographique. On peut construire beaucoup d’universités, mais il nous faut modifier notre approche pédagogique où les gens font 6 ans à l’université et sont en 2ème année. Tout organisme qui mange et qui ne défèque pas est atteint d’indigestion. Et je peux dire que c’est ce dont souffrent nos universités. Il faut que nous puissions harmoniser le flux d’entrée avec le flux de sortie. Et c’est cela le sens de la décision 1 du Conseil présidentiel sur l’enseignement supérieur. Profes­sionnalisation à courte durée vers les métiers des sciences, de la technologie et des mathématiques. C’est ces types de réformes, articulées avec des initiatives come Ucad rurale, qui nous permettront de nous en sortir.

     

    Auteur: Ladislas Didier LANDO – Stagiaire – Lequotidien

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    Mesure radicale du Président Macky : Les enseignants réquisitionnés https://www.coupdegriffeactu.com/2016/05/26/mesure-radicale-du-president-macky-les-enseignants-requisitionnes/ https://www.coupdegriffeactu.com/2016/05/26/mesure-radicale-du-president-macky-les-enseignants-requisitionnes/#respond Thu, 26 May 2016 00:45:19 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=1555  

    Macky SALL - © Malick MBOW
    Macky SALL – © Malick MBOW

    Le gouvernement du Président Macky vient de prendre sa première grande mesure radicale envers une corporation. Au sortir du conseil des ministres, le ministre de l’éducation nationale Serigne Mbaye Thiam a annoncé ce soir que le gouvernement a décidé de réquisitionner les enseignants et que les grévistes sont tenus de rendre les notes aux élèves. Le ministre a indiqué que les gouverneurs et préfets sont instruits pour identifier et sommer les enseignants concernés de rendre les notes en leur notifiant leur réquisition. Cet acte posé par Macky Sall marque un tournant dans la gestion de la crise structurelle dans le monde de l’éducation. Le risque pour les enseignants, s’ils n’obtempèrent pas, c’est la radiation comme les policiers en avril 1987 sous le régime de Diouf…

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    https://www.coupdegriffeactu.com/2016/05/26/mesure-radicale-du-president-macky-les-enseignants-requisitionnes/feed/ 0
    (Interview) Moise Sarr, Directeur des bourses : « Nous avons fait signer aux meilleurs élèves un acte d’engagement à servir le Sénégal » https://www.coupdegriffeactu.com/2016/03/16/interview-moise-sarr-directeur-des-bourses-nous-avons-fait-signer-aux-meilleurs-eleves-un-acte-dengagement-a-servir-le-senegal/ https://www.coupdegriffeactu.com/2016/03/16/interview-moise-sarr-directeur-des-bourses-nous-avons-fait-signer-aux-meilleurs-eleves-un-acte-dengagement-a-servir-le-senegal/#respond Wed, 16 Mar 2016 22:48:56 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=744 Moise SARR - © Malick MBOW
    Moise SARR – © Malick MBOW

    Le 16 mars, 2016

    Si la France tente de moins en moins les étudiants sénégalais, ils pourront désormais se tourner vers les grandes écoles américaines, canadiennes et même russes. Aujourd’hui, l’exclusivité de la bourse en France est levée. Moïse Sarr, Directeur du Service de gestion des étudiants sénégalais de l’extérieur explique les dispositions qui sont adoptées pour améliorer leurs conditions à l’étranger. Entretien

    Quelle est la situation actuelle des étudiants sénégalais de l’extérieur pour l’année académique 2015-2016 ?

    Pour cette année, la commission ne s’est pas encore réunie. Il y a eu une cinquantaine de bacheliers qui ont eu la mention Très bien ou bien avec une inscription dans les classes préparatoires pour le cas de la France et dans les grandes écoles dans les autres pays en Occident. Pour cette année, on a levé l’exclusivité de la bourse en France. Aujourd’hui, le jeune bachelier sénégalais qui a une inscription dans une grande école au Canada peut obtenir une bourse s’il en fait la demande. Il y a aussi ce que l’on appelle les bourses de coopération. Le Sénégal entretient des relations d’amitié et de coopération avec certains pays comme la Chine, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Russie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous envoyons des jeunes étudier dans ces pays. Ces bourses également sont gérées par notre service dans la mesure où le pays d’accueil paie une partie de l’allocation et le Sénégal donne l’autre contrepartie. Ceux qui sont allocataires ont jusqu’au 31 décembre de l’année pour procéder à leur renouvellement. Cette année, nous avons constaté qu’au 31 au soir, il y avait beaucoup d’étudiants du Canada, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Égypte, de la Chine qui étaient renouvelables et qui n’avaient pas encore envoyé leurs dossiers. Avant, tous ceux qui n’avaient pas envoyé leurs dossiers avant le 31 décembre étaient frappés de forclusion. Mais aujourd’hui, par humanité et par respect, nous leur envoyons des emails et leur accordons un délai d’un mois.

    L’année dernière, les étudiants avaient dénoncé le retard des paiements de leurs bourses et avaient même observé un mouvement d’humeur. Qu’en est-il ?

    Depuis 2013, il n’y a jamais eu de retards de paiements. Ce qui s’est passé l’année dernière, c’est que mes services n’ont pas pu payer à temps les étudiants à qui nous avons octroyé des bourses et qui en retour n’ont pas renvoyé leurs dossiers. Je précise que tous les 1ers du mois, mes services procèdent au paiement régulier avec les étudiants, sauf s’il coïncide avec un jour férié ou un samedi.

    L’année dernière était une année de réformes et la commission a tardé à se réunir. Il y avait un changement fondamental, car le ministre de l’Enseignement Supérieur a sorti un arrêté qui, pour la première fois, a mis en place une commission pour l’attribution des allocations et bourses. Et comme l’arrêté a été pris, le ministre ne pouvait plus se substituer à la commission pour payer ces bourses. Il fallait que cette commission se réunisse pour que l’arrêté soit adopté. Et quand ce fut fait, il se trouvait que les jeunes avaient déposé en juillet et août alors que l’arrêté a été adopté en mars. C’est ce qui explique ce retard. D’autre part, certains étudiants qui sont partis à l’étranger par leurs propres moyens demandent aussi des bourses alors que ce n’est pas l’État qui les a envoyés. Un étudiant qui se rend à l’extérieur pour étudier, comme c’est le cas de la France, dépose au niveau du Consulat une attestation bancaire de 615 euros par mois pour 12 mois. Malheureusement, il faut le constater pour le regretter que certaines attestations sont fausses ou sont de complaisance. C’est pourquoi le jeune qui étudie en France ne reçoit pratiquement rien de ce qu’il a eu à justifier comme ressources. Et parce qu’il a déposé une demande de bourse, il veut coûte que coûte que l’État puisse faire quelque chose. Je rappelle aussi que tous les jeunes que l’État a envoyés à l’étranger ont été payés et pris en charge dès le mois qui suit leur entrée dans le pays d’accueil.

    Cette année aussi, les bourses ont été payées depuis le 18 septembre. Le jeune qui décide de partir par ses propres moyens et qui dépose une bourse est différent de celui que l’État a envoyé pour poursuivre ses études. Souvent, ce sont ces gens-là qui disent qu’ils n’ont pas encore été payés. Pour être payé, il faut d’abord que l’on vous accorde une bourse.

    Pour l’année académique 2014-2015, il y avait 2217 personnes qui ont demandé des bourses. Tous les bacheliers avec mention très bien bien et Assez bien ont eu à obtenir pour l’année, cette année-là, une bourse d’excellence, une bourse pédagogique ou une aide. À ce jour, tout étudiant qui est déjà allocataire, qui a eu à renouveler son allocation et qui a droit au paiement, a été payé.

    Avant, des étudiants qui obtenaient une mention Bien ou Assez bien ne pouvaient pas bénéficier dans certains cas de leurs bourses parce que les quotas étaient atteints. Qu’en est-il aujourd’hui ?

    Cela n’existe plus. Je ne dis pas que ça n’existait pas, mais aujourd’hui tout étudiant avec mention Bien, Très bien ou Assez bien bénéficie de facto soit d’une aide soit d’une bourse. L’année dernière, nous avons attribué des milliers de bourses, aides, allocation et bourses de coopération.

    Combien cela représente-t-il ?

    Nous étions à un peu de 7 milliards FCFA. Mais nous payons d’abord ceux qui sont attributaires. Ceux qui ont redoublé deux fois entre la 1re et la 3e année ou entre la 4e et la 5e, perdent leurs bourses. Un seul redoublement est autorisé entre les deux cycles. En sachant qu’un changement de filière est considéré comme un redoublement.

    Aujourd’hui, l’exclusivité des bourses en France a été levée. Quelle appréciation en faites-vous ?

    Il s’agit d’une grande première et d’une injustice qui a été réparée. Nous ne pouvions pas comprendre qu’un État qui est indépendant depuis 1960 puisse donner que des bourses en France. Avant, le bachelier qui obtenait la mention Très bien qui allait en France bénéficiait d’une bourse d’excellence. S’il partait au Canada ou aux États-Unis, il n’obtenait qu’une aide. C’était injuste. Mais depuis 2014, le verrou a été levé. Aujourd’hui, on peut envoyer des étudiants partout, pourvu qu’ils respectent l’orientation de la nouvelle réforme à savoir pour les meilleurs des inscriptions dans les classes préparatoires des grandes écoles et aussi qu’ils intègrent les filières scientifiques, les technologies, les sciences de l’ingénierie et aujourd’hui l’agriculture, qui est une priorité avec le Pse (Plan Sénégal émergent : NDLR). Nous avons aussi constaté que le président de la République a octroyé des bourses et allocations spéciales de 650 euros aux malvoyants qui ont obtenu une préinscription à l’étranger. Et que tous les enfants qui sont pupilles de la nation et qui ont déposé une demande de bourse avec un acte de décès d’un des parents, ont eu à bénéficier d’une aide à défaut d’avoir une bourse sociale. Nous travaillons pour accompagner nos étudiants pour qu’ils puissent rentrer et servir le pays. Aussi, le jeune bachelier sénégalais qui obtient la mention Très bien, Bien, qui ne souhaite pas aller à l’étranger, peut bénéficier d’une bourse d’excellence de 60.000 FCFA, ce que les doctorants avaient jusqu’ici.

    Des bourses de mobilité sont aussi octroyées. L’étudiant en doctorat ou en ingénierie peut aussi obtenir une bourse de mobilité pour aller faire un mois, 4 mois ou dix mois à l’étranger. Celui-ci, s’il est sélectionné, reçoit en fonction de la zone géographie 650 euros par mois. Cette possibilité s’ouvre également aux jeunes sénégalais qui sont à l’étranger. Cette année, nous avons engagé des négociations avec des entreprises locales, comme le groupe Atos, qui nous a donné 10 places pour des jeunes qui sont à l’étranger et qui veulent des stages au Sénégal, pour une durée de 6 mois. Et Atos s’est engagé à donner 100 000 FCFA par mois et si le stage est concluant un contrat pour l’étudiant.

    Qu’est-ce que vous faites concrètement pour le retour des cerveaux ?

    J’ai mal quand je vois un étudiant ici, bac+5 qui se contente d’un petit boulot parce qu’il ne veut pas rentrer. Cela fait mal. Donc, j’ai lancé avec de jeunes étudiants sénégalais qui sont rentrés il y a moins de deux ans, un réseau qui s’appelle Back to galsen, et qui prend de l’ampleur dans les réseaux sociaux, notamment Facebook. Ces jeunes aujourd’hui créent des entreprises où ils peuvent collaborer avec d’autres dans d’autres pays. Aujourd’hui, il y a près de 10 entreprises qui sont créées par des jeunes qui sont dans ce réseau. Aujourd’hui, avec le Pse-J, près de 1000 jeunes ont été sélectionnés pour être formés à l’entrepreneuriat. Nous avons aussi fait signer aux étudiants avec mention Très bien et Bien, un engagement à servir l’État. Et ainsi développer un esprit de patriotisme pour que lorsque l’État a besoin d’eux, ils puissent rentrer et servir leur pays.

    Combien d’étudiants sénégalais dénombrez-vous dans les grandes écoles à l’étranger ?

    Aujourd’hui, le nombre d’étudiants allocataires de bourses inscrits dans les grandes écoles dépasse le millier.

    Cette année deux étudiants sénégalais ont été reçus dans la prestigieuse école Polytechnique. Est-ce qu’il y a des mécanismes pour pousser les étudiants dans les filières scientifiques ?

    Il s’agit de deux étudiants de l’Université Assane Seck de Ziguinchor et un de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Avec Polytechnique aujourd’hui, nous avons signé un protocole d’accord et une mission de prospection de l’École se rend à Dakar en début mars pour faire la promotion du concours qui s’ouvre bientôt. Aujourd’hui, nous envoyons des polytechniciens dans les lycées sénégalais comme Mariama Ba, Limamoulaye, Birago Diop, etc., le Prytanée militaire pour les encourager à intégrer les filières scientifiques. Souvent, ce sont dans ces lycées que l’on retrouve le plus de mentions au Bac et des prix pour le Concours général. Nous voulons par là susciter des vocations. Nous sommes en train de voir la possibilité d’envoyer des professeurs de ces lycées en France pour qu’ils puissent voir comment sont encadrés ces élèves qui sont dans les classes préparatoires.

    Quels sont les dispositifs de gestion qui sont mis en place pour aider les étudiants ?

    Nous offrons l’opportunité à l’étudiant sénégalais de lui servir de garant pour obtenir un logement en France. Une convention tripartite entre l’étudiant, le bailleur et l’ambassade est signée. Le bailleur s’il n’est pas payé jusqu’au 8 du mois peut nous saisir directement. À notre niveau, nous ponctionnons directement de manière échelonnée sur la bourse de l’étudiant, mais nous épongeons auparavant le loyer de l’étudiant. Nous sommes en train de faire une offensive au niveau des Crous parce que jusqu’ici nous étions privilégiés, mais depuis un certain temps, il y avait un manque de confiance qui faisait que nos jeunes avaient des difficultés pour bénéficier des chambres. Nous devons à la vérité de dire que beaucoup d’étudiants ne payaient pas et que des dettes nous ont été envoyées par le Crous. Mais, avec le dispositif caution solidaire, nous les accompagnons. Nous avons également signé une convention de logement social avec un bailleur français qui s’appelle Adoma. Celle-ci prévoit 500 logements. L’étudiant sénégalais qui est logé dans le cadre de cette convention paie uniquement entre 60 et 180 euros.

     

    Auteur: Lala Ndiaye

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