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13/08/2018
Ankara a présenté ce lundi un ensemble de mesures visant à enrayer l’effondrement de la devise turque. Recep Erdogan, de son côté, menace les États-Unis de représailles.
La banque centrale de Turquie a annoncé ce lundi une batterie de mesures destinées à rassurer les marchés, après l’effondrement de la livre.
Berat Albayrak, le gendre du président Erdogan à la tête d’un super-ministère des Finances, avait prévenu que des décisions seraient prises en ce sens dans une interview au grand quotidien Hurriyet. « Nos institutions prendront les mesures nécessaires à compter de lundi pour soulager les marchés. […] Nous avons préparé un plan d’action pour nos banques et les petites et moyennes entreprises, les secteurs les plus affectés par les fluctuations monétaires actuelles ». Fortement secouée depuis plusieurs semaines, la lire turque a en effet dévissé vendredi de 16% face au billet vert.
Dimanche, le président Erdogan a prévenu qu’il entendait riposter à ce qu’il a qualifié de « complot politique » américain contre la Turquie en cherchant « de nouveaux marchés et alliés ». « D’un côté, vous êtes avec nous dans l’Otan et, de l’autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable? », a-t-il renchéri ce lundi dans un discours à Ankara.
« Complot politique »
Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium turc: le ping-pong entre les deux alliés au sein de l’Otan est allé crescendo ces derniers jours, emportant avec lui la livre turque.
Au cœur de cette bataille: le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour « terrorisme » et « espionnage » et placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention. Recep Erdogan n’entend faire aucune concession: « Le but de l’opération est d’obtenir la reddition de la Turquie dans tous les domaines, de la finance à la politique. Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l’aide de Dieu, nous surmonterons cela », a-t-il déclaré devant des partisans réunis à Trébizonde.
Le président turc n’a pas semblé outre mesure inquiet de la décision du président Donald Trump, annoncée dans un tweet, de doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs. « Tout président que tu sois, tu ne peux pas t’endormir et dire, au réveil, ‘voilà, j’impose tant de taxes sur l’acier et l’aluminium' » turcs, a lancé Recep Erdogan ce lundi, jugeant que la décision de son homologue américain « n’a aucune explication sensée ».
Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira « en passant à de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés, aux dépens de celui qui a lancé une guerre économique contre le monde entier, y compris notre pays », a-t-il menacé. « Certains ferment les portes et d’autres en ouvrent de nouvelles », a ajouté le dirigeant, qui a renforcé ces dernières années ses liens avec des pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.
Lundi, le président turc s’est efforcé de rassurer les milieux économiques dans son discours à Ankara. « ‘Touché, coulé’, il n’y a rien de tel. Les dynamiques économiques de la Turquie sont solides, elles sont fortes et bien ancrées », a-t-il assuré, martelant que les turbulences financières étaient selon lui dues à des « opérations ».
Vers une remise en cause de l’alliance Turquie-USA?
Pour Erdogan, c’est l’ensemble de l’alliance entre la Turquie -devenue membre de l’Otan en 1952 avec le soutien de Washington- et les États-Unis qui est en jeu. L’armée américaine dispose d’une importante base à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe jihadiste État islamique (EI).
La Turquie reproche aussi aux États-Unis le soutien apporté en Syrie aux Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara voit dans cette milice une émanation du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), classé « terroriste » par la Turquie mais aussi par les États-Unis. « Nous ne pouvons que dire ‘good bye’ à quiconque décide de sacrifier son partenariat stratégique et une alliance d’un demi-siècle avec un pays de 81 millions d’habitants pour sauvegarder ses relations avec des groupes terroristes », a tonné Recep Erdogan. « Vous osez sacrifier la Turquie et ses 81 millions d’habitants pour un pasteur lié à des groupes terroristes? ».
Les États-Unis demandent en effet la libération immédiate du pasteur, qui risque jusqu’à 35 ans de prison, alors que la Turquie plaide pour l’extradition de Fethullah Gülen, prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d’être l’architecte du putsch manqué de juillet 2016.
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Gokan GUNES,AFP ven. 10 août
La situation s’est encore aggravée en fin d’après-midi avec l’annonce par le président américain Donald Trump d’une forte augmentation des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs qui s’élèveront désormais respectivement à 50% et 20%.
La livre turque, qui a perdu près de 40% de sa valeur face au billet vert depuis le début de l’année, s’échangeait à 6,6115 livres contre un dollar à 13H35 GMT, soit une baisse vertigineuse de 19% sur la journée. La livre turque a même brièvement atteint 6,87, son plus bas historique.
Devant cette déroute, le président Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à la « lutte nationale » en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie, dénonçant une « guerre économique » contre la Turquie. Son appel n’a fait qu’accélérer la chute de la livre.
Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l’équipe économique de M. Erdogan.
La bérézina de la livre turque a eu un impact au-delà des frontières et fait chuter les titres de plusieurs banques européennes et conduit Wall Street à ouvrir en baisse, illustrant la crainte d’une contagion à l’économie mondiale.
La chute de la livre vendredi « montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l’imminence d’une crise monétaire totale », souligne dans une note David Cheetham, analyste chez XTB.
– « Nous avons Allah » –
La devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, mais l’hémorragie s’est accélérée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain.
Ces deux alliés au sein de l’Otan ont imposé des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux. Si ces mesures sont avant tout symboliques, elles ont inquiété les investisseurs étrangers dont l’économie turque est dépendante.
En annonçant sur Twitter qu’il autorisait la hausse des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs, M. Trump a d’ailleurs mentionné la baisse de la livre turque face au dollar et déclaré : « Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment ».
En l’absence d’annonce de mesures fortes, le président turc et son ministre des Finances n’ont pu enrayer l’inexorable chute de la livre tout au long de la journée.
« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale », a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est).
Pendant son intervention, la livre turque a chuté encore plus fort, signalant l’insatisfaction des marchés.
Face à cette situation, le président Erdogan a pointé vendredi un doigt accusateur en direction d’un mystérieux « lobby des taux d’intérêt » dont il n’a pas défini les contours.
« S’ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah ! », avait-il lancé dans un précédent discours, dans la nuit de jeudi à vendredi.
– Crédibilité en jeu –
Outre ces tensions, les marchés s’inquiètent des orientations de la politique économique du président Erdogan, la banque centrale turque rechignant à relever ses taux pour contrer une inflation qui a pourtant atteint près de 16% en juillet en rythme annuel.
Nombre d’économistes estiment qu’il faudrait une hausse massive des taux de la banque centrale pour réguler l’inflation et soutenir la livre, mais M. Erdogan y est fortement hostile.
Visiblement soucieux d’envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du président Erdogan, a insisté sur l' »importance » selon lui de l' »indépendance de la banque centrale » turque.
Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s’est efforcé sans succès d’apaiser les marchés qui voient d’un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président.
« Les pouvoirs renforcés du président Erdogan (…) ont rendu encore plus incertain de savoir si les responsables politiques auront la capacité d’agir pour stabiliser l’économie », souligne William Jackson, de Capital Economics.
L’agonie de la livre turque cette semaine n’a quasiment pas été traitée par les principales chaînes de télévision et les journaux à grand tirage, pour la plupart contrôlés par le pouvoir.
burx-gkg/az
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