Notice: Function _load_textdomain_just_in_time was called incorrectly. Translation loading for the post-carousel domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the init action or later. Please see Debugging in WordPress for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in /home2/coupdy5p/public_html/wp-includes/functions.php on line 6131
Notice: Function _load_textdomain_just_in_time was called incorrectly. Translation loading for the antispam-bee domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the init action or later. Please see Debugging in WordPress for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in /home2/coupdy5p/public_html/wp-includes/functions.php on line 6131
Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /home2/coupdy5p/public_html/wp-includes/functions.php:6131) in /home2/coupdy5p/public_html/wp-includes/feed-rss2.php on line 8 Défaite – Coup de Griffe actu
https://www.coupdegriffeactu.com
Musée VirtuelFri, 28 Apr 2017 22:41:35 +0000fr-FR
hourly
1 https://wordpress.org/?v=6.9.4Nicolas Sarkozy est « atterré » par la défaite de François Fillon
https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/28/nicolas-sarkozy-est-atterre-par-la-defaite-de-francois-fillon/
https://www.coupdegriffeactu.com/2017/04/28/nicolas-sarkozy-est-atterre-par-la-defaite-de-francois-fillon/#respondFri, 28 Apr 2017 22:41:11 +0000http://www.coupdegriffeactu.com/?p=5376
Par Anne-Yasmine Machet Le 25 avril 2017 à 16h03 mis à jour 25 avril 2017 à 16h03
Nicolas Sarkozy prend toujours très à coeur les affaires du parti Les Républicains. Depuis l’échec de François Fillon à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle dimanche 23 avril, l’ex-chef de l’Etat est « atterré ».
Il est peut-être officiellement un retraité de la politique, mais il n’en reste pas moins très impliqué dans les affaires de son parti. A l’issue des résultats du premier tour de l’élection présidentielle dimanche 23 avril, Nicolas Sarkozy n’a pas caché son désarroi quant à la défaite du candidat des Républicains – il faut dire que cela n’était plus arrivé depuis 1958. « Il est atterré« , a confié un proche de l’ex-chef d’Etat, selon des informations publiées par Le Parisien ce mardi 25 avril.
La pilule reste très dure à avaler pour Nicolas Sarkozy, qui a tiré les conséquences de l’échec du parti. « La droite a failli, nous n’avons pas parlé à tous les Français dans cette campagne« , s’est-il lamenté auprès des siens. Puis de regretter que « l’on n’ait notamment pas assez parlé aux classes populaires. »
« Le chaos »
On imagine que l’échec a un goût d’autant plus amer que le président avait prophétisé la déroute du candidat. « Fillon est mort de chez mort. Et toute solution alternative est morte aussi. Ça va donc être le chaos« , présageait Nicolas Sarkozy mi-mars dernier, selon le Canard Enchaîné.
Après cette lourde défaite, les Fillonistes craignent, quant à eux, aujourd’hui, un grand ménage au sein du parti. « Ils vont nous faire la peau, ce sera la nuit des longs couteaux« , a déclaré l’un d’entre eux auprès de Libération dimanche 23 avril. Ambiance… Les Républicains ont amèrement regretté, en tout cas, une défaite « de personne » et non « de programme« . La reconstruction risque d’être ardue.
Le président de la République Macky Sall a appelé, lundi à Addis-Abeba (Ethiopie), au respect de la règle de la majorité, après l’échec du candidat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Professeur Abdoulaye Bathily, à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA).
« C’est dommage pour notre candidat. Nous avons déployé beaucoup d’efforts pour visiter les pays. Nous avons visité 44 pays, mais nous devons accepter la règle de l’élection. C’était la règle de la majorité », a-t-il réagit devant des journalistes.
Le Professeur Abdoulaye Bathily, candidat du Sénégal et de la CEDEAO à la présidence de la Commission de l’UA, a été battu, ce lundi, à Addis-Abeba (Ethiopie), par le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat.
Moussa Faki Mahamat a été élu nouveau président de la Commission de l’Union africaine (UA) par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation panafricaine, à l’issue d’un scrutin tenu à huis-clos, a appris l’APS de source officielle.
Le ministre tchadien des Affaires étrangères est passé après huit tours de vote, ajoute la même source. Il remplace la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.
Quatre autres candidats étaient en lice : l’Équato-Guinéen Agapito Mba Mokuy, la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi et la Kényane Amina Mohamed Jibril.
Un Ghanéen a été élu vice-président de la Commission de l’UA. Lundi matin, les chefs d’Etat et de gouvernements avaient élu leur homologue de la Guinée Alpha Condé, président en exercice de l’UA pour un an.
Le Sommet de l’UA s’est ouvert lundi dans la capitale éthiopienne.
Pour l’ex-ministre des affaires étrangères, la politique française en Syrie a été un fiasco et l’Occident doit admettre qu’il ne peut plus régenter le monde. L’élection de Donald Trump est une traduction brutale de ce fait. L’heure est venue d’un » inventaire »
L’installation de Donald Trump à la Maison Blanche marque-t-elle la fin d’une prétention américaine au leadership mondial ?
C’est trop tôt pour le dire, mais son élection a déjà désintégré nombre de convictions en Occident. Il a été choquant dans sa campagne, il est perturbant et il va y avoir des turbulences ! Mais je ne suis pas sûr qu’il soit forcément dangereux. Cela dépend un peu de nous, et des autres. A partir de 1992, après l’effondrement de l’URSS, nous avons quitté le monde bipolaire pour entrer dans un monde global semi-instable, une mer agitée, jamais calme, mais pas non plus de cyclone permanent. Pendant ce dernier quart de siècle, les Occidentaux ont cru à ce qu’avait promis George Bush père – 1989-1993 – , c’est-à-dire à un nouvel ordre mondial sous la conduite éclairée des Etats-Unis. Les conceptions étaient certes sensiblement différentes, plus nationalistes outre-Atlantique, plus idéalistes chez les Européens, mais il y avait une illusion commune. Tout cela s’effondre aujourd’hui.
L’élection de Donald Trump n’est pas la cause de ce bouleversement, elle en est une expression. Elle est la résultante d’insurrections électorales – comme par ailleurs le Brexit, ou d’autres phénomènes similaires – des classes populaires qui n’ont jamais cru à une mondialisation » heureuse « , mais aussi des classes moyennes occidentales qui s’en détournent maintenant, comme elles se détournent de l’Europe. Vu d’Europe, la victoire de Donald Trump était possible mais impensable, parce qu’il horrifiait. Elle court-circuite la pensée d’une certaine gauche américaine – et européenne – qui s’est détournée des classes populaires qui votent » mal « , et a tout misé sur les minorités.
D’autre part, la perte par les Occidentaux du monopole de la puissance qui était le leur -depuis plusieurs siècles était déjà observable depuis un certain temps. Mais il a fallu des événements terribles, tels que la reconquête des quartiers orientaux d’Alep par le régime syrien, aidé par l’aviation russe, face à des Occidentaux impuissants, puis les négociations pour une sortie de crise en Syrie annoncées par la Russie avec la Turquie et l’Iran – mais sans les Etats-Unis ni la France –, pour que cette nouvelle donne sidérante devienne une évidence. Et encore, je ne suis pas sûr qu’on ait pleinement réalisé ce que cela signifie.
La vision du monde de Trump où les Etats-Unis n’ont pas vocation à intervenir partout n’était-elle pas déjà celle de Barack Obama ?
Sur l’essentiel, notamment sur le terrain des valeurs, les conceptions de Donald Trump sont aux antipodes de celles de son prédécesseur. Mais sur l’idée que les Etats-Unis n’ont pas vocation à demeurer à perpétuité les gendarmes du monde, ni à imposer partout la démocratie, il s’inscrit dans une continuité paradoxale avec Barack Obama. Ce dernier pensait déjà que les interventions des vingt-cinq -dernières années avaient mal tourné dans la plupart des cas, notamment en Afghanistan et, pire, en Irak, et que, donc, pour préserver un leadership américain relatif dans la longue durée vis-à-vis des émergents – Chine et autres –, il fallait s’y prendre tout autrement.
Donald Trump dit un peu la même chose, mais de façon brutale et outrancière. C’est une rupture énorme avec ce qui était jusqu’ici la vision wilsonienne du monde d’une bonne partie des élites libérales américaines (et mondiales) interventionnistes, et dont les néocon-servateurs – qui ont tous voté Hillary Clinton – -représentent la forme extrême. Cela va avoir des effets profonds dans la durée sur l’ensemble des relations internationales.
Est-ce la fin de l’Occident comme entité unie et la fin du lien transatlantique ?
Il ne faut pas confondre ces deux notions. L’atlantisme se réfère à l’alignement obligé de l’Europe sur les Etats-Unis, qui s’est imposé après la seconde guerre mondiale, face à la menace soviétique. C’est cela qui a unifié les deux rives de l’Atlantique. Longtemps, en effet, les Etats-Unis n’avaient montré qu’un intérêt très relatif vis-à-vis de l’Europe. Cet atlantisme a perdu en partie sa raison d’être après l’effondrement de l’URSS, même si certains prétendent aujourd’hui que la menace russe est presque équivalente – ce qui est pour le moins exagéré.
L’Occident est une notion plus vague et vaste, portée notamment par les néoconservateurs américains. Après 1992, les Etats-Unis ont -considéré que la démocratie, l’économie de marché et les valeurs occidentales devaient s’appliquer partout. Hyperpuissance triomphale. Avec George W. Bush – 2001-2009 – , surtout après le 11-Septembre, les Etats-Unis sont devenus plus inquiets face à un monde (Russes, -Chinois, islam) jugé trop hostile, et plus agressif (Irak). Là on peut parler d' » occidentalisme « . Obama a été élu en réaction à cela et a essayé de calmer l’Amérique.
Mais le débat n’est pas clos. En tout cas, l’occidentalisme, mélange de supériorité, d’arrogance et de paranoïa, a échoué et inquiète… en Occident. Les Américains, mais pas seulement eux, sont lassés des interventions militaires extérieures, même si certaines étaient justifiées : au Kosovo – en 1999 – ou, au début, en -Libye – en 2011 – . L’Occident doit admettre qu’il ne peut plus régenter le monde : il va être moins missionnaire. Donal Trump est une traduction brutale de ce fait.
A la question historique : peut-il y avoir un Occident sans ingérence ? La réponse n’est pas évidente. Cette vocation prosélyte semble lui être consubstantielle, depuis saint Paul qui appelait à évangéliser tous les peuples. Cela ne veut pas dire que l’Occident va couler. Mais l’heure est venue d’un inventaire sérieux sur nous-mêmes, sans repentance inutile.
L’intervention russe en Syrie n’est-elle pas, elle aussi, une ingérence ?
Oui, d’un autre type. L’ingérence, ce n’est pas nécessairement l’intervention pour défendre les droits de l’homme, comme on le croit volontiers en France. Il faut assumer qu’il y a des cas où l’intervention est justifiée par les intérêts vitaux du pays. L’intérêt national, ce n’est pas seulement l’indice du commerce extérieur. Ne justifier l’inter-vention française au Mali – déclenchée en janvier 2013 – que par la défense de » valeurs » était partiel. Nous y sommes intervenus, à juste titre et avec succès, pour défendre notre sécurité et celle des Africains, et nos intérêts, ce qui garantit nos valeurs.
Retourne-t-on à un monde dominé par des zones d’influence ?
Il y aura des tentatives en ce sens puisqu’il n’y ni communauté internationale ni ordre international et que le gendarme du monde est moins omniprésent. Les hégémonistes américains s’en indignent. Pour eux, il doit y avoir une seule zone d’influence mondiale : la leur ! Mais voilà, la Chine ne cesse de se renforcer et la Russie s’est réveillée, même si ses faiblesses sont évidentes. Quelques pays raisonnent en ces termes, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Asie du Nord-Est ou en Afrique. C’était d’ailleurs l’objectif de l’Allemagne en matière économique lors de l’élargissement européen à l’est. La francophonie ou l’hispanidad – » hispanité » – sont des -ensembles qui, en se fondant sur une langue partagée, visent aussi à conserver des zones d’influence.
Mais ces zones ne seront pas hermétiques. Voyez le Moyen-Orient qui se déstructure sous nos yeux. Aucune des puissances régionales ne peut y imposer complètement sa volonté. Ni le régime iranien avec sa stratégie irano-chiite, ni l’Arabie saoudite avec la sienne, fondée sur un saoudo-sunnisme -wahhabite, ni la Turquie et son néo-ottomanisme. L’Egypte ne peut guère gérer que ses propres intérêts. Israël – qui a tort dans sa politique palestinienne – ne cherche qu’à -garantir sa sécurité. Ajoutez à cela qu’aucune puissance extérieure n’a les moyens d’imposer sa solution au travers de nouveaux -accords de partage du type Sykes-Picot – entre la France et le Royaume-Uni, en 1916 – ou San Remo – en 1920 – .
Va-t-on vers un monde à trois, dominé par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, avec une Europe condamnée à jouer les utilités ?
Une Europe spectatrice peut-être, hélas. Mais, à part cela, sur quoi ces trois puissances, dont le poids est énorme, pourraient-elles réellement se mettre d’accord ? Donald Trump passera peut-être tel ou tel dealavec Vladimir Poutine, mais je ne vois pas sur quelles bases il pourrait y avoir un accord global entre Moscou et Washington. Ni entre la Russie et la Chine, en dépit de leur rhétorique antioccidentale commune. Ni entre la Chine et les Etats-Unis. Le jeu international est devenu beaucoup plus diversifié et mouvant, notamment en raison de la multiplicité des acteurs et des sujets.
Il y a désormais presque deux cents pays au sein des Nations unies. Même si les trois quarts d’entre eux n’ont guère d’influence, il y a quand même ceux qui contrôlent certaines ressources énergétiques, ceux qui occupent des positions géostratégiques importantes ou des » niches « , etc. A ceux-ci s’ajoutent les entreprises, les institutions financières, les ONG, les médias, les Eglises… ce qui complexifie encore un peu plus les processus de décision, y compris dans les cadres multilatéraux. Sans oublier les mafias ! C’est plus facile pour les systèmes autoritaires comme la Chine, la Russie ou l’Iran d’avoir une politique étrangère suivie – bonne ou mauvaise –, que pour les démocraties contemporaines. Donc je m’attends plutôt à de la confusion qu’à de la restructuration.
La chute d’Alep et la prise en charge du -règlement du conflit syrien par le trio Russie-Turquie-Iran ne sont-elles pas le symbole d’un nouvel ordre mondial ?
L’idée de l’ordre mondial que nous nous faisions était illusoire. La tragédie d’Alep est le symbole cruel de l’erreur complète des Occidentaux, dès le début, dans l’affaire syrienne. C’est presque comparable au fiasco de Suez – en 1956, une coalition franco-israélo-britan-nique intervenait militairement en Egypte, à la suite de la nationalisation du canal de Suez par le président Nasser, avant d’être -contrainte de se retirer sous pressions américaine et -soviétique – . – Alep – symbolise l’effondrement des politiques occidentales guidées avant tout par des critères moraux et des -postures éthiques, sans doute honorables, mais qui, en pratique, n’ont pas marché. Finalement, c’est la Russie qui a les cartes en main, avec l’Iran. Même si elle échoue, cela ne nous remettra pas dans le jeu. Tirons-en les leçons !
Qu’auraient dû faire les Occidentaux en Syrie ?
Choisir dès le début. Face à l’épouvantable guerre civile qui se profilait, soit les Américains et les Français se disaient : nous n’avons pas les moyens nécessaires ni la légitimité pour intervenir, alors faisons de l’humanitaire massif pour atténuer les souffrances des -Syriens en aidant davantage la Turquie, la -Jordanie et le Liban, et en acceptant d’accueillir plus de réfugiés, tout en essayant de nous -concerter avec les Russes.
Soit nous jugions fondamental d’imposer la démocratie en Syrie. Et alors, nous nous donnions les moyens militaires, financiers et politiques de réussir, ce qui voulait dire intervenir massivement à l’appui de nos amis démocrates, malgré leurs faiblesses, et donc envoyer, s’il le fallait, cent mille hommes pour des années, tout en nous assurant du soutien de nos opinions publiques. Mais nous n’avons choisi clairement ni l’un ni l’autre, tout en faisant croire aux opposants à Bachar Al-Assad que nous les aiderions vraiment… Parfois moralisme et cynisme se rejoignent.
Deux autres erreurs ont été commises. D’abord de ne pas écouter les chrétiens de -Syrie et du Liban, qui avertissaient que, si le -régime de Bachar était cruel, le suivant serait pire. Deuxièmement, en croyant que la Russie allait laisser tomber la seule implantation -extérieure – la base navale de Tartous – qu’elle avait gardée. Ce concentré d’erreurs est l’aboutissement de croyances et de réflexes chimé-riques qui se sont accumulés depuis vingt à trente ans. Je suis attaché aux droits de l’homme, mais je craignais depuis longtemps que le droit-de-l’hommisme, comme seul -critère de choix en politique étrangère, nous mène dans une impasse. Nous y sommes. Nous n’avons plus les moyens de nos émotions, et il ne peut être question de recommencer la colonisation. Il faut repenser tout cela : bilan des interventions, et fixation de critères plus rationnels et rigoureux pour l’avenir.
La France a été la plus interventionniste des Occidentaux en Syrie. Pourquoi ?
On peut reprocher son incohérence à Obama : édicter une » ligne rouge » – sur l’usage d’armes chimiques par le régime syrien, comme en août 2013 – et ne pas réagir quand elle a été violée fut une erreur grave. Mais, conceptuellement, l’erreur française fut plus profonde et continue. Après avoir raté le coche lors des événements deTunisie et d’Egypte en 2011, la France s’est engouffrée en Syrie pour des raisons idéologiques : une sorte de néoconservatisme à la française, à la fois grave et -futile. La France, convaincue que c’était sa » mission « , a surévalué ses forces, hésité…
Il faudrait passer en revue tout ce qui a été fait depuis Jacques Chirac. Tout n’est pas négatif : Jacques Chirac a été remarquable en ce qui concerne l’Irak ; Nicolas Sarkozy a eu des réussites avec la Géorgie, la crise financière, le G20 ; et François Hollande est courageu-sement et efficacement intervenu au Mali. Il a bien géré, en Centrafrique – l’opération » Sangaris « , de 2013 à 2016 – ,et a lancé le processus de Minsk pour l’Ukraine. Il n’empêche qu’on a l’impression de ne plus bien savoir qui nous sommes et où nous sommes.
Dans ce nouveau paysage mondial, -l’Europe est-elle hors jeu ?
Il y a des puissances européennes, mais » l’Europe » n’est pas à l’origine un projet de puissance. Au départ, elle est un mode d’organisation du plan Marshall, quand les Américains nous ont imposé de coopérer avec les Allemands – après la seconde guerre mondiale – . Puis c’est un marché. L’idée d’Europe puissante est apparue bien plus tard : quand François Mitterrand, le chancelier allemand Helmut Kohl et Jacques Delors – alors ministre de l’économie et des finances français – ont relancé le projet européen en 1984. Jusqu’en 1992, il y a eu cette volonté de faire l’Europe politique, -sociale, économique et des citoyens… Les Français voulaient l’Europe de la défense. Mais déjà, à l’époque, les autres Européens n’étaient pas très convaincus sur ce point.
Aujourd’hui, les Européens, qui croyaient vivre dans le monde idéal de la communauté internationale et du droit, se réveillent dans Jurassic Park : Donald Trump inquiète tout le monde, Poutine nous provoque, l’islam se convulse. Cela pourrait déclencher un électrochoc créateur mais, pour le moment, rien ne se passe. J’ai relu récemment les conclusions du Conseil européen de Laeken – Belgique – , en 2001 : sur le nécessaire sursaut européen, elles sont beaucoup plus ambitieuses qu’aujourd’hui.
Comment relancer l’Europe ?
Pas en ajoutant des promesses aux promesses, sans rien changer au système ! De plus en plus de gens décrochent : les anti-Européens bien sûr, mais aussi des sceptiques, des gens déçus, et beaucoup de gens allergiques à la -réglementation à outrance. En fait, une majorité. Donc, il faut annoncer une pause pour écouter les peuples, admettre qu’ils veuillent conserver un peu d’identité, de souveraineté et avoir plus de sécurité. Dans une conférence refondatrice, les gouvernements volontaires décident une opération de subsidiarité -massive, aux termes de laquelle la Commission arrête de tout réglementer en détail et est remissionnée sur des éléments-clés et d’avenir, à commencer par un Schengen fiable, avec un contrôle effectif des frontières extérieures.
Si nous y parvenons, alors nous pourrons présenter aux peuples une idée de l’Europe de nouveau convaincante. En tout cas, je ne crois pas qu’on puisse avancer sans avoir réentraîné les peuples au préalable. Même Wolfgang Schäuble – le ministre des finances allemand – le dit. En parvenant à convaincre les peuples, on pourra recommencer à bâtir l’Europe de demain, celle qui défendra notre mode de vie dans un monde troublé.
Que va changer l’arrivée de Trump pour l’Europe ?
Sur Donald Trump, on a entendu en Europe beaucoup de gémissements et de cris -d’orfraie. Il faut dépasser cette sidération. Les Européens, du moins les trois ou quatre -dirigeants qui pèsent, devraient dire : » Vous voulez sortir de l’accord sur le climat ? C’est une erreur. Nous continuerons à l’appliquer y compris avec la société civile et des entreprises de votre pays. » C’est ce que les Chinois ont annoncé. Donald Trump veut casser -l’accord sur le nucléaire iranien ? Les Européens n’ont qu’à répondre : » C’est un accord international que nous continuerons à appliquer. Si vous voulez nous en empêcher par des sanctions extraterritoriales et judiciaires, nous créerons un système d’échange avec les émergents, la Russie et la Chine pour travailler malgré tout avec l’Iran. »
Si nous sommes capables d’adopter ce genre de position, le grand business américain fera pression sur Donald Trump. Enfin, Trump veut faire un deal avec Poutine ? Eh bien, définissons sans attendre notre conception de relations réalistes avec la Russie. Cela suppose de prendre notre perte sur certains dossiers, comme la Crimée ou la Syrie, de proposer de coopérer avec la Russie sur d’autres plans – tout en restant fermes et dissuasifs. Quant aux accords commerciaux, cela va dépendre de l’escalade entre Pékin et Washington. De toute façon, avec quelqu’un comme Donald Trump, cela ne sert à rien de parler de valeurs universelles, il vaut mieux afficher à l’avance nos positions, fondées sur nos intérêts. Dans ce cas-là, elles compteront.
Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo
Ancien secrétaire général de l’Elysée de François Mitterrand et ex-ministre des affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), le diplomate ethomme politique Hubert Védrine reste un observateur aussi aigu que réaliste de l’état du monde. Il a publié dernièrement Le Monde au défi (Fayard) et Sauver l’Europe ! (Liana Levi).
La défaite est toujours « très dure à digérer » pour Nicolas Sarkozy près de deux mois après son échec à la primaire de la droite et du centre…
La pilule a du mal à passer. Près de deux mois après son échec (cuisant) à la primaire de la droite et du centre, où il a été éliminé dès le premier tour, Nicolas Sarkozy a toujours sa défaite en travers de la gorge. Non seulement François Fillon, le nouveau chef de clan sorti très largement vainqueur du scrutin, ne prend plus ses appels, mais en plus, les soutiens historiques de l’ancien président de la République au sein du parti ont été relégués au second plan… « On le dit très, très énervé par le mauvais traitement réservé, selon lui, à ses amis », a confié vendredi 13 janvier sur Europe 1 Yves Thréard, éditorialiste de la station et directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Mais ce n’est pas tout. Sur son cas personnel, le mari de Carla Bruni serait tout aussi critique.« Il ruminerait sa défaite sans arrêt, toujours très dure à digérer », a ainsi affirmé Yves Thréard. Mais tout n’est pas perdu et les relations entre Nicolas Sarkozy et François Fillon pourraient très prochainement s’améliorer. Et pour cause : les deux hommes doivent déjeuner ensemble ce vendredi. L’occasion d’arrondir les angles ?« L’ex-chef de l’Etat n’a pas dit son dernier mot », a en tout cas fait savoir l’éditorialiste.
Yahya Jammeh pourrait gagner encore du temps à la tête de la République de Gambie, car, la Cour suprême aurait précisé que, selon le calendrier judiciaire républicain, cette instance suprême ne peut siéger, comme prévu, qu’aux mois de mai et de novembre, mai pas en janvier.
D’après un document officiel prêté à la Cour Suprême gambienne signé par le juge nigérian Walter S.N. Onnoghen, l’instance fédérale avoue qu’elle ne pourrait siéger qu’aux mois de mai et novembre comme le stipule la législation judiciaire en vigueur en Gambie.
Pourtant, c’est demain 10 janvier que la Cour suprême (reconstituée dernièrement) devait étudier l’appel de Yahya Jammeh concernant les résultats de la présidentielle.
Cette Cour suprême en léthargie depuis 20 mois, via un communiqué, a ainsi précisé ne pouvoir siéger qu’aux mois de mai et novembre et a prié les différents acteurs politiques à respecter le calendrier judiciaire républicain.
Dans cette logique, Adama Barrow, censé prendre ses fonctions le 19 janvier, devra encore patienter avant d’humer l’air du palais et Yaya Jammeh devra aussi continuer à assumer ses fonctions de Président de la République jusqu’au moins le mois de mai prochain.
Le début de la procédure va donc débuter dans cinq mois et il y aura toujours ce vide juridique qui confortera Yahya Jammeh dans sa position d’homme fort de la Gambie d’ici mai ou novembre.
Reste maintenant de savoir quelle sera la posture de la communauté internationale, puisque la CEDEAO a décidé de ne pas envoyer de forces militaires. Une rencontre avec Yahya Jammeh est d’ailleurs prévue cette semaine.
Alain Juppé a beaucoup de mal à digérer sa défaite à la primaire de la droite et du centre. Selon ses proches, le maire de Bordeaux serait même « sous terre »…
Une véritable désillusion. A l’issue du second tour de la primaire de la droite et du centre, dimanche 20 novembre, Alain Juppé a dû s’incliner face à François Fillon. Crédité d’un score très faible il y a encore quelques semaines, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a finalement remporté contre toute-attente – et haut la main – le scrutin, rassemblant 66,5% des voix, contre seulement 33,5% pour le maire de Bordeaux. La claque est d’autant plus grande pour Alain Juppé que tout le monde depuis un an, des médias aux sondeurs en passant par les observateurs politiques, le donnait largement vainqueur de la primaire qui ne devait être pour lui qu’une simple formalité avant d’accéder à la présidentielle.
Alors forcément, la pilule a du mal à passer. « Ca a été très dur », avoue un proche du maire de Bordeaux au Figaro vendredi 16 décembre. « On a intégré la défaite dès le soir du premier tour, mais quand on a vu le verdict au soir du second tour avec presque trente points d’écart, le coup est devenu encore plus rude. Or Alain Juppé est un grand sensible », poursuit ce fidèle parmi les fidèles.« On a pris un grand coup de gourdin sur la tête « , renchérit Benoist Apparu, l’un des chevaliers d’Alain Juppé, qui a fait campagne à ses côtés. « Il est sous terre », va jusqu’à affirmer l’un de ses anciens coéquipiers dans les colonnes du quotidien.
« Je n’ai eu qu’une vie de souffrance »
Pour mieux accepter sa défaite cuisante, Alain Juppé est vite retourné dans son « cocon », « sa bulle » : la mairie de Bordeaux. Mais le candidat vaincu est à fleur de peau. La preuve : son premier conseil municipal depuis son retour a tourné au pugilat.
Son entourage reste toutefois persuadé que leur champion finira par se relever, même si, à 71 ans, c’était sûrement son dernier combat. « Sur le coup, il a été sonné. Puis il a commencé à encaisser comme il a si souvent fait dans sa vie politique. Il ne s’ennuie pas à Bordeaux, il digère », explique ainsi un élu bordelais. Mais pour l’heure, l’intéressé est pris d’un sacré coup de blues. « Je n’ai eu qu’une vie de souffrance. Tout ce que j’ai fait en politique s’est mal fini », s’est-il récemment lamenté auprès d’un parlementaire. Le chemin vers la guérison risque d’être long…
Les choses bougent en République Islamique de Gambie. Selon des informations parvenues à JOTAY.NET les forces de sécurité ont pris le contrôle du siège de la Commission électorale et ont évacué tout le personnel. Aussi, le parti du président Yahya Jammeh, Alliance patriotique pour la réorientation et la construction, a saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats. Tout cela au moment où la délagation de la Cedeao est en Gambie pour négocier avev Jammeh.
Les forces armées Gambiennes ont pris mardi soir le controle de la commission électorale. Une décision survenue au moment où une délégation de la Cedeao conduite mardi par Elen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO est actuellement entrain de discuter avec le Président Yahya Jammeh à Banjul.
Aussi apprend-on, l’ambassadeur de la Gambie à Washington vient de lâcher le président sortant de Gambie, Yahya Jammeh. Dans une déclaration écrite, Sheikh Omar Faye vient, ce matin, de présenter sa démission de son poste d’ambassadeur. Il a par la même prêté allégeance au nouveau président élu de la Gambie, Adama Barrow.
-Yahya Jammeh aurait reconnu sa défaite mais exige de partager le pouvoir avec Adama Barrow
Via un communiqué du Département d’État, les États-Unis ont condamné le revirement de Yaya Jammeh qui, une semaine après avoir reconnu sa défaite, rejette les résultats de la présidentielle Gambienne donnant la victoire à Adama Barrow.
« Nous condamnons fermement la déclaration du 9 décembre du président Jammeh, qui a rejeté les résultats des élections du 1er décembre et réclamé de nouvelles élections. Cette action est une violation répréhensible et inacceptable de la confiance du peuple de la Gambie et une tentative flagrante de saper un processus électoral crédible et de rester au pouvoir illégitimement. »
Washington met en garde le président sortant et appelle à une mobilisation autour du Président élu, plébiscité par la commission électorale.
« Nous demandons au président Jammeh, qui a accepté les résultats des élections le 2 décembre, de procéder à une transition ordonnée du pouvoir au président élu Barrow conformément à la constitution gambienne, a indiqué le département d’État dans son communiqué. Nous appelons toutes les institutions en Gambie, y compris les dirigeants élus, les forces armées, les chefs religieux, les partis politiques et les organisations de la société civile à rejeter la violence et à soutenir pacifiquement la volonté exprimée clairement par les urnes. Les gens ont parlé et il est temps pour les Gambiens de se réunir pour assurer une transition pacifique vers le président élu Barrow. »
Avant les États-Unis, le Sénégal avait dénoncé la volte-face de Jammeh. Via le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Dakar l’avait « fermement » condamnée. Exigeant « que le président sortant respecte sans condition le choix démocratique librement exprimé par le peuple gambien, qu’il organise la transmission pacifique du pouvoir et qu’il assure la sécurité et l’intégrité physique du président nouvellement élu ».
Auteur: seneweb News – Seneweb.com
]]>https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/10/les-etats-unis-avertissent-jammeh/feed/0Gambie : défaite historique du président autocrate Yahya Jammeh
https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/02/gambie-defaite-historique-du-president-autocrate-yahya-jammeh/
https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/02/gambie-defaite-historique-du-president-autocrate-yahya-jammeh/#respondFri, 02 Dec 2016 13:47:43 +0000http://www.coupdegriffeactu.com/?p=3814Après une nuit très tendue de décompte des résultats, la Commission électorale annonce que M. Jammeh est battu dans les urnes et va reconnaître sa défaite.
Par Amadou Ndiaye (Banjul) et Amaury Hauchard (Banjul)
Coup de tonnerre dans la politique gambienne. Yahya Jammeh, au pouvoirdepuis vingt-deux ans, a été battu à l’élection présidentielle de Gambie, face au candidat de l’opposition unie, Adama Barrow, 51 ans. Depuis la fermeture des bureaux de vote, jeudi soir à 17 heures, la rumeur de sa défaite enflait, mais rien d’officiel ne venait la confirmer. C’est chose faite vendredi 2 décembrepeu avant midi heure locale : le responsable de la Commission électorale indépendante, Alieu Momarr Njai, annonce devant des visages ébahis que le président reconnaît sa défaite. Une page de l’histoire de la Gambie se tourne.
Vingt-deux ans de pouvoir sans partage
Il faudra à M. Njai une heure de plus pour annoncer les résulats : sur les 577 683 « bulletins » comptés sous forme de billes versées par les électeurs dans des bidons de couleur correspondant à chaque candidat, M. Barrow l’emporterait avec 45,6 % des voix, devant M. Jammeh à 36,7 % et Mama Kandeh, ex-député du parti au pouvoir et candidat d’une nouvelle formation, à 17,6 %.
Quelque 890 000 électeurs, sur près de 2 millions d’habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest enclavé dans le territoire sénégalais étaient appelés aux urnes jeudi pour départager les trois candidats. Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, Yahya Jammeh, élu pour la première fois en 1996 puis réélu tous les cinq ans depuis, briguait un cinquième mandat à la tête de la Gambie.
Sept heures du matin, ce vendredi, dans la banlieue de Banjul, Sheriff, 74 ans, vient acheter du pain. « C’est fini, Brikarama est tombé, Barrow a gagné ! » L’oreille penchée sur le poste radio qu’il a accroché à l’arrière de son vélo, il exulte. « Qui gagne Brikarama, la plus large ville du pays, gagne la Gambie, Jammeh a perdu ! » Les Gambiens réalisent soudain que le candidat de l’opposition Adama Barrow a réussi ce que personne n’avait réussi à faire depuis l’indépendance de la Gambie, en 1965 : une alternancedémocratique.
« On connaît Jammeh »
La nuit a été longue, à Banjul, avant ce dénouement historique. A l’issue d’une journée de vote calme sous un cagnard qui a fait s’évanouir plus d’un votant, les premiers résultats devaient être publiés à 19 heures. A la commission électorale, les observateurs étaient tendus. « Barrow a déclaré qu’il n’accepterait pas la défaite, et on connaît Jammeh… Ça va être une nuit dangereuse pour la Gambie », explique l’un des 18 observateurs étrangers qui ont réussi à joindre la Gambie, alors que ni l’Union Européenne, ni la CEDEAO n’ont reçu le feu vert de la présidence pour envoyer des observateurs. L’Union Africaine, elle, a pu envoyer six experts électoraux, mais aucun observateur.
« Il faut qu’on occupe la rue dès les premiers résultats, avant que la majorité ne le fasse, sinon c’est fini pour nous, quelle que soit l’issue du scrutin », explique en début de soirée Bubakar Sanneh, l’un des trois députés de l’opposition dans une Assemblée nationale aux 46 élus acquise au parti au pouvoir, l’APRC. Lui a appelé ses militants à prendre le pavé dès 22 heures, et commencer le jubilé prévu pour fêter une victoire que le clan Barrow voit inéluctable. « Regardez la foule qui nous a suivis durant cette campagne,expliquait le candidat de l’opposition dans la matinée en sortant de son bureau de vote. Jammeh ne va pas résister car le pouvoir appartient au peuple, et aujourd’hui, nous avons l’appui du peuple entier. »
Mais à 22 heures, les choses sont différentes. Les rues de la capitale et de sa banlieue se sont vidées de leurs habitants, calmes, alors que seuls foulent le pavé les militaires à béret rouges de l’armée gambienne, lourdement armés mais professionnels. Les résultats ont commencé à arriver, certes, mais au compte-gouttes : seulement une dizaine de régions sont pour l’instant tombées, les moins importantes du pays. « Je ne comprends pas comment ils peuvent publier les résultats de l’autre bout du pays alors que ceux d’ici ne sont pas encore là », se demande un journaliste gambien, alors que les régions de Serrekunda et Brikarama, épicentres démographiques du petit pays et banlieues de la capitale Banjul, n’ont pas encore donné leur vainqueur.
Il faudra attendre sept heures ce vendredi, donc, pour connaître ces importants résultats, et midi pour l’issue finale. La raison ? « Jammeh a refusé qu’on diffuse ces grosses villes dans lesquelles il a perdu, il ne voulait pas partir, explique une source bien informée à la présidence. Mais ses proches sont venus lui parler, et il semble qu’il ait maintenant accepté sa défaite. » Tout cela se passe en interne, mais la publication desdits résultats, diffusés un à un dans la matinée par le président de la Commission électorale indépendante sur la télévision nationale, corrobore l’hypothèse.
« Jamais personne n’a fait ça »
Enfin, à 11 h 30, alors que le président de la Commission électorale indépendante, Alieu Momarr Njai, devait annoncer les résultats au siège de ladite Commission, en présence de la presse internationale, un coup de fil vient retarder l’annonce. Interrogations dans la salle. Que se passe-t-il ? Le visage d’un confrère gambien devient grave, les Gambiens ont peur d’un énième retournement de son président, réputé imprévisible. Après plusieurs minutes de flottement, M. Njai prend la parole : « Conférence de presse reportée, M. Jammeh va prendre la parole. C’est incroyable ! Jamais personne n’a jamais fait ça avant, accepter sa défaite avant même que la Commission ne l’annonce ». Cette prise de parole du désormais ex-président sera finalement elle-même décalée, alors que reprend l’allocution de M. Njai, allocution qui va de pair avec le rétablissement des télécommunications dans le pays.
Dans une Gambie coupée du monde – Internet, les communications internationales et les SMS étant été coupés – cette élection est un tournant pour le plus petit pays d’Afrique continentale. Adama Barrow, ancien trésorier du parti et homme d’affaires, avait été nommé à la tête de la coalition de l’opposition le 8 novembre dernier, faisant alors ses premiers pas dans la lumière pâle de la politique gambienne. Depuis son indépendance, les Gambiens n’avaient connu que deux présidents, Daouda Jawara et Yahya Jammeh, le second ayant renversé le premier d’un coup d’état en 1994.
]]>https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/02/gambie-defaite-historique-du-president-autocrate-yahya-jammeh/feed/0Gambie: Jammeh reconnaît sa défaite
https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/02/gambie-jammeh-reconnait-sa-defaite/
https://www.coupdegriffeactu.com/2016/12/02/gambie-jammeh-reconnait-sa-defaite/#respondFri, 02 Dec 2016 13:39:39 +0000http://www.coupdegriffeactu.com/?p=3810
| Le 02 décembre, 2016
sa défaite
Le chef de l’Etat gambien Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, a reconnu sa défaite au scrutin présidentiel de jeudi face au candidat d’une coalition d’opposition, Adama Barrow, selon la Commission électorale indépendante (CENI).
Le président de la CENI, Alieu Momar Njie, a confirmé que le président sortant a accepté de s’incliner devant le verdict des urnes qui donne l’opposant Barrow vainqueur.
« Il est vraiment exceptionnel que quelqu’un qui a dirigé le pays aussi longtemps ait accepté sa défaite », a déclaré M. Njie aux journalistes, peu avant l’annonce officielle des résultats.