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ETATS-UNIS Malgré la polémique sur le recours à la torture, elle a été confirmée de justesse par le Sénat américain…
20 Minutes avec AFP
Publié le 18/05/18
Gina Haspel le 9 mai 2018 à Washington. AP Photo/Alex Brandon. — Alex Brandon/AP/SIPA
C’est madame la directrice. Gina Haspel, confirmée jeudi par le Sénat américain, est la première femme à diriger la CIA. Elle a passé plus de trente ans dans l’ombre des opérations clandestines de l’agence américaine du renseignement, une carrière ternie par son rôle dans des programmes controversés de torture après le 11-Septembre.
« Félicitations à notre nouvelle directrice de la CIA », a tweeté le président Donald Trump, après qu’elle a obtenu 54 voix pour et 46 contre, finalement soutenue par six sénateurs démocrates pour prendre la tête de l’agence américaine du renseignement.
Congratulations to our new CIA Director, Gina Haspel!
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« La torture ne marche pas »
Agée de 61 ans, Gina Haspel était jusqu’à présent directrice adjointe de l’agence basée à Langley (Virginie). Elle avait créé la polémique pour avoir dirigé pendant une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés. Ils y subissaient des simulacres de noyade (« waterboarding »), une technique illégale selon le code militaire mais autorisée par le président George W. Bush après les attentats du 11-Septembre. Ces techniques ont été définitivement bannies par son successeur Barack Obama.
Devant la commission sénatoriale du renseignement, chargée de valider sa candidature, elle a promis que la CIA ne reprendrait pas ce programme d’interrogatoires, tout en estimant qu’il avait fourni « des informations de valeur » pour empêcher d’autres attentats. Elle a également admis que « la torture ne marche pas ».
Sa nomination a été dénoncée par des associations de défense des droits de l’homme. Pour HRW, c’est la conséquence « de l’échec des Etats-Unis à se confronter aux abus du passé ». Selon l’ACLU, c’est une « tâche sur notre histoire, que nous regretterons ».
Une vie mystérieuse
Elle est née dans le Kentucky (centre-est), dans une famille de cinq enfants issue de la classe moyenne. Elle vit à l’étranger au gré des affectations de son père, membre de l’US Air Force, passe son baccalauréat au Royaume-Uni avant d’intégrer l’Université de Louisville (Kentucky) où elle étudie le journalisme et les langues étrangères (français et espagnol).
Sa biographie lui attribue deux passions : l’équipe de basketball de son ancienne université et le célèbre chanteur country Johnny Cash, « symbole de l’individualisme américain ». Elle rejoint la CIA en 1985. « Je voulais vivre des aventures à l’étranger où je pourrais utiliser mon amour pour les langues étrangères. La CIA me l’a permis », a-t-elle dit.
Elle part d’abord en Afrique, comme officier traitant. Ce poste « était tout droit sorti d’un roman d’espionnage. On ne pouvait pas rêver mieux ». Elle assure avoir « excellé à trouver des informations confidentielles obtenues de la main à la main, dans des cachettes ou par des rencontres dans des rues sombres de capitales du tiers-monde ».
Après avoir appris le russe et le turc, elle se retrouve en Russie et en Europe de l’Est dans les années 1990 puis devient chef de poste en Azerbaïdjan. Elle dirige la traque et l’arrestation de deux djihadistes présumés. Cette opération reste confidentielle mais les dates correspondent aux attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998. Gina Haspel intègre ensuite le centre antiterroriste de l’Agence. Elle prend son poste le 11 septembre 2001, quand plusieurs attentats font près de 3.000 morts aux Etats-Unis.
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John O. Brennan, en 2015. – Win McNamee – Getty – AFP
Dans un message publié sur Twitter, l’ancien directeur de la CIA, à la tête de l’agence pendant le deuxième mandat de Barack Obama, étrille l’actuel président des Etats-Unis.
John O. Brennan ne mâche pas ses mots. L’ancien directeur de la CIA, à la tête de l’agence de renseignement de 2013 à 2017, a publié ce samedi sur Twitter un message particulièrement virulent, dans lequel il interpelle violemment le président américain, Donald Trump, après le limogeage de l’ancien numéro 2 du FBI, Andrew McCabe.
« L’Amérique triomphera de vous »
« Lorsque l’étendue complète de votre vénalité, de votre turpitude morale et de votre corruption politique sera connue, vous occuperez votre juste place parmi les démagogues déshonorés dans la poubelle de l’Histoire. Vous pouvez faire d’Andry McCabe votre bouc émissaire, mais vous ne détruirez pas l’Amérique… L’Amérique triomphera de vous », a ainsi écrit John O. Brennan.
When the full extent of your venality, moral turpitude, and political corruption becomes known, you will take your rightful place as a disgraced demagogue in the dustbin of history. You may scapegoat Andy McCabe, but you will not destroy America…America will triumph over you. https://twitter.com/realdonaldtrump/status/974859881827258369 …
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Un limogeage soudain
John O. Brennan réagissait au limogeage soudain de l’ancien directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, renvoyé vendredi à deux jours de son départ à la retraite, après 21 ans de service. Resté employé de la police fédérale américaine après avoir quitté ses fonctions en janvier, il était dans le collimateur de Donald Trump depuis plusieurs mois.
Ce limogeage avait été suivi d’un tweet particulièrement virulent du président américain à son encontre.
« Andrew McCabe VIRÉ, un grand jour pour les travailleurs et travailleuses du FBI, un grand jour pour la démocratie. (…) Il savait tout sur les mensonges et la corruption en cours aux plus hauts niveaux du FBI! », avait écrit Donald Trump, qui avait limogé trois jours plus tôt son secrétaire d’Etat Rex Tillerson.
Andrew McCabe FIRED, a great day for the hard working men and women of the FBI – A great day for Democracy. Sanctimonious James Comey was his boss and made McCabe look like a choirboy. He knew all about the lies and corruption going on at the highest levels of the FBI!
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Le tweet vengeur de James Comey
Andrew McCabe avait pris les rênes par intérim du FBI de mai à août 2017, après le limogeage par Donald Trump de l’ancien numéro un, James Comey. Nommé en 2013 à ce poste par Barack Obama, celui-ci avait été renvoyé par son successeur en mai 2017, alors qu’il dirigeait l’enquête sur les liens éventuels entre la Russie et l’équipe de campagne du milliardaire.
En apprenant ce nouveau renvoi, James Comey a lui aussi directement interpellé le président sur Twitter, vendredi, en faisant référence à la sortie prochaine de son livre de révélations.
« Monsieur le président le peuple américain entendra mon histoire très bientôt. Et ils pourront juger eux-mêmes qui est honorable et qui ne l’est pas », a-t-il écrit. Son message a été retweeté plus de 100.000 fois.
Mr. President, the American people will hear my story very soon. And they can judge for themselves who is honorable and who is not.
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13/03/2018
Gina Haspel est la première femme à prendre la tête de la CIA. – CIA – AFP
A 61 ans, Gina Haspel vient d’être nommée à la tête de la fameuse agence de renseignement américaine. Une première pour une femme. Mais le passé trouble de cette espionne, et sa possible implication dans la mise en place de pratiques de torture dans des prisons secrètes, viennent ternir cette promotion.
Elle est la première femme nommée à la tête de la CIA. Gina Haspel a été propulsée à la tête de l’agence de renseignement américaine, ce mardi, après le limogeage par Donald Trump de son secrétaire d’Etat Rex Tillerson, remplacé dans la foulée par l’actuel numéro un de la CIA, Mike Pompeo. Une nomination historique.
Mais le rôle de cette ancienne responsable des opérations clandestines dans les prisons secrètes où des détenus étaient torturés, pourrait compliquer sa tâche pour diriger l’une des plus grandes agences de renseignement du monde.
Trente ans d’expérience à la CIA
Agée de 61 ans, Gina Haspel est une espionne très expérimentée dans les opérations clandestines. Elle a rejoint la CIA en 1985 et a servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres à la fin des années 2000.
« Gina est une espionne exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l’entourent », déclarait Mike Pompeo en la nommant numéro 2 de l’agence, il y a un an.
Trois anciens directeurs de la CIA et d’autres responsables, dont James Clapper, ancien directeur du renseignement américain, avaient apporté leur soutien à Gina Haspel.
Accusée de torture
En revanche, deux sénateurs démocrates ont fait part de leurs réserves sur sa nomination dans une lettre au président Donald Trump. « Son parcours fait qu’elle n’est pas adaptée pour ce poste », estiment les sénateurs Ron Wyden et Martin Heinrich.
Gina Haspel avait été nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, mais avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 de prisons secrètes à l’étranger, où des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects.
Destruction de vidéo compromettantes
Selon le Washington Post à l’époque, elle avait « géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d’autres mauvais traitements ». Le quotidien américain affirmait que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques « d’interrogatoire poussé » appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande.
Les avocats de ces détenus membres présumés d’Al-Qaïda souhaitent récupérer ces vidéos pour les présenter devant les tribunaux. Parmi les prisonniers soumis à des méthodes d’interrogation brutales sous la responsabilité de Gina Haspel figurent deux Saoudiens: Abd al-Rahim al-Nashiri, considéré comme le cerveau de l’attentat contre le pétrolier Limburg en 2002 et de l’attaque contre le navire américain USS Cole en 2000, et Abou Zoubaydah, le premier membre influent présumé du réseau islamiste capturé par les Américains après le 11-Septembre.
Des preuves bientôt détruites?
Un rapport secret sur ce programme de tortures de la CIA a été réalisé en 2014 par la commission du Renseignement du Sénat, mais le président actuel de cette commission, un Républicain, tente depuis plusieurs mois d’en rassembler les copies, assurant vouloir éviter des fuites.
Les démocrates craignent que l’élu républicain ne veuille détruire toutes les copies de ce rapport et que la vérité sur ce programme de la CIA ne voie jamais le jour.
Ce rapport de 6700 pages détaille les méthodes d’interrogatoire et les conditions de détention controversées des suspects, en utilisant des techniques interdites comme la simulation de noyade ou la privation de sommeil pour obtenir des aveux. Un résumé de 528 pages avait rendu public en décembre 2014 mais la version complète – classifiée – comprend des détails sur les méthodes, les participants et les lieux.
Le président sortant Barack Obama, qui craignait que ce rapport soit enterré, a conservé une copie pour sa librairie présidentielle de Chicago. Mais elle restera classifiée jusqu’en 2029.
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AFP,AFP il y a 2 heures 29 minutes



Washington (AFP) – La CIA avait averti le président Barack Obama dès août 2016 que les piratages du parti démocrate avaient été ordonnés par Vladimir Poutine dans le but de nuire à Hillary Clinton et d’aider Donald Trump, selon le Washington Post vendredi.
Les soupçons pesaient déjà contre la Russie en juillet 2016, quand des messages volés du parti démocrate ont été diffusés par WikiLeaks à la veille de la convention démocrate.
Mais le Washington Post raconte désormais avec détails l’alerte lancée par le service de renseignement américain à la Maison Blanche, plusieurs mois avant que Washington n’accuse publiquement, le 7 octobre 2016, les plus hauts échelons du gouvernement russe d’avoir fomenté les piratages informatiques.
Et ce n’est qu’en janvier 2017 que les Etats-Unis accuseront nommément le président russe d’avoir cherché à déstabiliser le système électoral américain, en sapant la candidature d’Hillary Clinton et en aidant celle du républicain Donald Trump.
Dès août 2016, selon le quotidien, Barack Obama a mis la Maison Blanche sur le pied de guerre, dans le plus grand secret, ordonnant à ses services de renseignement et de sécurité d’obtenir le plus d’informations possible et de dresser une liste de représailles possibles, allant de sanctions économiques à des cyber-attaques.
– ‘L’administration Obama savait’ –
Le Post rapporte qu’en plus de l’avertissement formulé directement par Barack Obama à Vladimir Poutine, en marge d’un sommet en Chine en septembre, le patron de la CIA, John Brennan, a téléphoné le 4 août à son homologue des services de sécurité russes FSB, Alexander Bortnikov, pour l’avertir. Et le 31 octobre, un message a été envoyé à Moscou par un canal sécurisé pour prévenir que toute interférence dans le scrutin du 8 novembre serait inacceptable.
Mais Barack Obama, comme cela a été rapporté auparavant, était réticent à riposter avant l’élection, de peur que la Russie ne lance des attaques le jour du scrutin, et également par crainte que toute action ne soit interprétée politiquement par les républicains.
Finalement, Barack Obama autorisa des sanctions le 29 décembre: l’expulsion de 35 espions sous couverture officielle, la fermeture de deux résidences diplomatiques russes aux Etats-Unis, et des sanctions économiques contre les services secrets russes.
Secrètement, l’ancien président démocrate aurait également autorisé une opération ultra-sensible conjointe de la CIA, de la NSA et du cyber-commandement américain: l’implantation dans les infrastructures russes de codes malicieux dormants pouvant être ensuite déclenchés en cas d’escalade.
Selon le Post, rien n’indique que cet ordre de M. Obama ait été annulé par son successeur, Donald Trump.
Le nouveau président américain a cependant mis en cause vendredi la gestion de ce dossier par son prédécesseur, via son canal de communication favori, Twitter: « Révélé à l’instant: l’administration Obama savait bien avant le 8 novembre l’interférence de la Russie dans le scrutin. Mais elle n’a rien fait. POURQUOI? ».
Dans un entretien à la chaîne de télévision Fox News qui sera diffusé intégralement dimanche, Donald Trump a de même manifesté son incompréhension face à la faible couverture médiatique de ces révélations concernant Barack Obama: « S’il avait l’information, pourquoi n’a-t-il rien fait ? Il aurait dû faire quelque chose. Mais ça vous ne le lisez pas. C’est plutôt triste », a-t-il déclaré à Fox, selon un extrait diffusé vendredi.
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Le 23 mai, 2017
L’ex-directeur de la CIA a affirmé mardi à Washington qu’il avait clairement mis en garde Moscou contre toute interférence dans l’élection présidentielle américaine, mais que la Russie avait choisi d’ignorer cet avertissement exprimé l’été dernier.
La Russie a interféré « en dépit de nos fermes protestations ». « Tout le monde doit être bien conscient que la Russie a interféré dans notre processus électoral de la présidentielle 2016, et qu’elle l’a fait en dépit de nos fermes protestations et avertissements clairs de ne pas agir ainsi », a déclaré John Brennan.
« J’ai dit que les électeurs américains seraient outrés ». L’ex-patron de la CIA de 2013 à janvier 2017, interrogé par la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a expliqué avoir téléphoné le 4 août 2016 au chef du FSB, les services secrets russes. « Je lui ai dit que tous les Américains, quelles que fussent leur étiquette politique ou leur préférence pour l’élection, étaient attachés à leur faculté de choisir leurs dirigeants sans interférence. J’ai dit que les électeurs américains seraient outrés par toute ingérence dans l’élection », a relaté John Brennan. Selon lui son interlocuteur a, sans surprise, nié toute implication russe, en indiquant toutefois qu’il allait faire part au président Vladimir Poutine de l’avertissement américain.
Trois enquêtes en cours. John Brennan a répété que la CIA avait détecté en 2016 de possibles signes de collusion entre l’entourage de Donald Trump et les Russes, des soupçons qui font actuellement l’objet de trois enquêtes distinctes : deux par des parlementaires du Congrès et une par un procureur spécial nommé la semaine dernière. « J’ai vu des informations et des renseignements qui appelaient une enquête du bureau pour déterminer si une telle coopération ou collusion s’était produite », a déclaré l’ex-patron de la CIA. Le président Trump dénonce avec véhémence ces accusations de collusion, se disant victime d’une chasse aux sorcières sans précédent.
Auteur: Europe 1
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Par Jean-Marc Manach — 14 avril 2017 à 15:10
Au siège de l’agence américaine de renseignement, à Langley, en Virginie. Photo Carolyn Kaster. AP
En 2014, un logiciel espion sophistiqué était découvert. Les documents publiés par l’organisation d’Assange ont, depuis, permis de le relier aux hackers de la CIA. Ce vendredi, elle lève un coin du voile sur les modes opératoires de l’agence américaine, dans des documents que «Libération» a consulté.
WikiLeaks et des antivirus démasquent la CIA derrière un logiciel espion
«Flash Gordon», «Barbe bleue», «Assaut de pizza», «Souffleuse à neige»… Les noms de code utilisés par les mystérieux auteurs d’un logiciel espion découvert en 2014 par deux éditeurs d’antivirus, le russe Kaspersky et l’américain Symantec, avaient de quoi intriguer. D’autant que dans cette liste digne de la Complainte du progrès de Boris Vian, désignant à la fois des cibles et des opérations de piratage, on trouvait également un micmac improbable de références à Star Trek, un jeu vidéo et un manga japonais, un jeu de lancer d’anneaux, des beignets populaires dans les fêtes foraines américaines… Mais ce qui avait le plus mis en alerte les deux entreprises de cybersécurité, c’était le degré de sophistication du logiciel en question.
Des cibles très choisies
Ce dernier exploitait en effet des failles de sécurité jamais détectées, et était paramétré afin de n’infecter que tel ou tel ordinateur en particulier quand, d’ordinaire, les virus informatiques cherchent à s’attaquer à un maximum de cibles. Surtout, Symantec avait vu le programme s’autodétruire après avoir infecté (par erreur ?) un ordinateur américain, et ne contaminer, ces trois dernières années, que quarante cibles seulement, dans seize pays du Moyen-Orient, d’Europe, d’Afrique et d’Asie.
Ses cibles ? Des gouvernements, des organisations internationales, des entreprises ou institutions dans les secteurs de la finance, de l’énergie, des télécommunications, du vol spatial ou des ressources naturelles. Au plan technique, Kaspersky le comparait, «en termes de complexité», aux logiciels espions les plus sophistiqués que l’éditeur ait jamais analysés, attribués depuis à la NSA, au GCHQ (son équivalent britannique) et aux services de renseignement israéliens.
En ce début de semaine, les deux éditeurs d’antivirus ont révélé coup sur coup que ce logiciel espion, jusque-là surnommé «Longhorn» («grande corne» en VF) par Symantec et «Lambert Family» par Kaspersky, correspondait trait pour trait aux fonctionnalités et aux modes opératoires décrits dans plusieurs documents émanant de la division de la CIA chargée des attaques informatiques, et rendus publics par WikiLeaks début mars sous le nom de code «Vault 7». Prudents, ou pudiques, ni Symantec (société américaine dont le siège social est à Mountain View, en Californie) ni Kaspersky (multinationale russe employant une quarantaine d’experts dans dix-huit pays) ne mentionnent explicitement la CIA… Symantec se borne à évoquer les documents «Vault 7», et Kaspersky se réfère à l’analyse de «[ses] collègues de Symantec».
Serveurs sous couverture
Les activités des hackers de la CIA n’avaient jamais été, jusque–là, aussi précisément documentées. Fin mars, WikiLeaks a ainsi dévoilé des documents, que Libération a pu consulter, expliquant comment l’agence américaine camouflait ses logiciels espions pour éviter qu’ils puissent lui être attribués. La semaine passée, l’organisation de Julian Assange a mis en ligne de nouveaux documents révélant la manière dont les pirates informatiques de la CIA «customisaient» leurs logiciels malveillants pour qu’ils ne soient pas repérés par les antivirus. On apprenait, au passage, que les espions américains avaient réutilisé un logiciel malveillant… russe, préalablement utilisé par le crime organisé pour pirater quelque 800 institutions bancaires, et détourner 250 millions de dollars (environ 235 millions d’euros) au détriment, principalement, d’épargnants russes.
A LIRE AUSSIWikiLeaks joue à cache-cache avec la CIA
Ce vendredi, WikiLeaks révèle de nouveaux documents, que Libération et le quotidien italien la Reppublica ont de nouveau pu consulter. Il s’agit cette fois du mode d’emploi d’une infrastructure nommée «Hive» («ruche» en VF), utilisée par l’agence américaine pour communiquer, de façon furtive et sécurisée, avec les logiciels espions qu’elle a réussi à installer, et exfiltrer les données des ordinateurs qu’elle a contaminés. Comme nombre d’auteurs de cyberattaques, les hackers de la CIA ne se connectent pas directement à leurs cibles, mais utilisent un système de relais, ici des serveurs «sous couverture» loués par le biais d’entreprises privées, afin de brouiller les pistes.
WikiLeaks explique vouloir ainsi continuer à aider les chercheurs en sécurité informatique et les éditeurs d’antivirus à attribuer les cyberattaques qu’ils auraient pu voir passer, sans être jusque-là en mesure d’identifier qu’elles émanaient de la CIA. Un point de vue qui n’est pas du goût du nouveau patron de l’agence, Mike Pompeo. Jeudi soir, ce dernier a accusé l’organisation d’Assange de se comporter en «service de renseignement hostile», parce qu’elle avait incité ses abonnés Twitter à s’inscrire en stage à la CIA pour faire «fuiter» des documents.
Pour en revenir aux noms de code, une chose aurait pu mettre la puce à l’oreille de Symantec et Kaspersky. Comme l’avaient révélé les documents d’Edward Snowden, les noms de code utilisés par la NSA pour qualifier ses propres systèmes de surveillance et ses logiciels espions sont tout aussi intrigants, sinon poétiques. En français dans le texte, ils vont de «girafe égoïste» à «fourre-tout fantomatique», en passant par «péage mélancolique», «poutre transversale», «chaos élégant», «chaton déplaçable», «broyeur à marteaux», «dauphin grinçant», «sable de fer», «bouillon mutant», «torpille à photons» et même… «Schtroumpf paranoïaque».
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Dans son premier discours public, Mike Pompeo a ciblé le site de Julian Assange comme une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.
De notre correspondant à Washington,
Pour sa première intervention publique, dix semaines après son entrée en fonction, le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a désigné un ennemi de l’Amérique apparemment supérieur à tous les autres: WikiLeaks. Le site fondé par Julian Assange, qui se consacre à la divulgation de secrets d’Etat, n’est rien d’autre qu’un «service de renseignement ennemi», qui «menace la sécurité nationale», fait «cause commune avec des dictateurs» et se «serait trouvé du mauvais côté de l’histoire» dans les années 1930 et 40.
Cette charge ciblée peut surprendre dans un contexte de terrorisme international, de guerre contre l’Etat islamique et de défi nucléaire de la Corée du Nord. D’autant que Donald Trump a, durant la campagne, maintes fois applaudi les révélations de Julian Assange sur les courriels de Hillary Clinton, déclarant en octobre dernier: «J’adore WikiLeaks».
L’homme qu’il a nommé à la tête de la CIA n’est pas sur la même ligne. Début mars, le site avait exposé les techniques de cyberespionnage de la centrale, portant un coup à sa crédibilité et à ses opérations. Le courroux de Pompeo a semble-t-il été décuplé par la parution mercredi dans le Washington Post d’une tribune d’Assange affirmant: «WikiLeaks a la même mission que le Post et le Times». «Les fausses allégations doivent être dénoncées, a déclaré le chef espion devant le Conseil d’études stratégiques et internationales de Washington (CSIS). Wikileaks parle et se comporte comme un service d’espionnage non-étatique hostile».
«Julian Assange fait équipe avec des dictateurs, il est le chéri des terroristes»
Mike Pompeo, le directeur de la CIA
Julian Assange, Australien réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres pour échapper à une accusation de viol en Suède, en prend pour son grade: «Il fait équipe avec des dictateurs, il est le chéri des terroristes», accuse le directeur de la CIA. En janvier, un rapport du renseignement américain avait accusé la Russie de lui avoir transmis les éléments piratés durant la campagne dans des serveurs informatiques démocrates.
Julian Assange et Edward Snowden, auteur de fuites sur les programmes de surveillance de la NSA, ne sont que «des escrocs, des lâches derrière leurs écrans, des narcissiques sans compas moral, qui ne créent aucune valeur» et n’hésitent pas «à mettre des vies en danger pour assurer leur notoriété», assène Pompeo. Il assure que plus de mille groupes terroristes ont modifié leurs communications après les révélations de Snowden. Il évoque aussi le précédent de Philip Agee, un ancien espion qui avait dévoilé en 1974 l’identité du chef de poste de la CIA à Athènes, Richard Welch, assassiné un an plus tard par le groupe terroriste du 17-Novembre.
Transgressions de Téhéran
Plus prudent pour commenter l’actualité, Mike Pompeo affirme être «sûr des faits» impliquant le régime syrien dans les dernières attaques chimiques. Les tirs de missiles américains en représailles sont «quelque chose dont l’Iran devrait prendre note», ajoute-t-il, expliquant que «la liste des trangressions (de Téhéran) s’allonge spectaculairement». Quant à l’aide attendue de la Chine pour neutraliser le programme nucléaire et de missiles balistiques de la Corée du Nord, «je compte fermement dessus», dit-il. A entendre l’ancien élu du Kansas, proche du Tea Party et de Donald Trump, les tensions entre la CIA et le président appartiennent au passé. «La relation est fantastique, proclame-t-il. La Maison-Blanche est une consommatrice avide de notre production d’informations».
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AFP,AFP ven. 7 avr. 06:13 UTC
Washington (AFP) – La CIA savait que la Russie interférait dans l’élection américaine pour aider à l’élection de Donald Trump plus tôt qu’on ne le pensait jusqu’à présent et en avait informé des élus dès l’été 2016, affirme jeudi le New York Times.
L’ingérence de la Russie n’a été rendue publique qu’après l’élection de M. Trump le 8 novembre, quand le renseignement américain a dénoncé publiquement la main de Moscou, dans les conclusions d’une enquête diligentée par Barack Obama.
Selon le New York Times, qui cite d’anciens responsables gouvernementaux, les briefings classés secrets de ces élus ont aussi révélé la divergence d’analyse entre la CIA et le FBI, chargée du contre-espionnage.
Pour des hauts responsables de la police fédérale, les piratages informatiques auxquels se sont livrés les services russes dans le parti démocrate n’avaient d’autre but que de perturber l’élection, et pas de faire élire le milliardaire. Le FBI est venu plus tard à la même conclusion que la CIA.
John Brennan, qui était alors le patron de la CIA, a informé fin août -soit 10 semaines avant l’élection- les élus habilités à recevoir les informations les plus secrètes que la CIA avait détecté de possibles signes de collusion entre l’entourage de Donald Trump et les Russes.
Début mars, le directeur du FBI, James Comey, a solennellement révélé lors d’une audience publique au Congrès que ses services enquêtaient sur le sujet.
Les deux commissions du renseignement du Congrès ont elles aussi lancé une enquête sur cette affaire.
Le président Trump a toujours dénoncé avec véhémence ces accusations de collusion et pour l’heure aucune preuve n’a été avancée publiquement.
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