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Art – Coup de Griffe actu https://www.coupdegriffeactu.com Musée Virtuel Thu, 22 Feb 2024 21:35:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 Bamba et Bamba chante Bamba – PlumePerdue & Khadim Fall https://www.coupdegriffeactu.com/2024/02/22/bamba-et-bamba-chante-bamba-plumeperdue-khadim-fall/ https://www.coupdegriffeactu.com/2024/02/22/bamba-et-bamba-chante-bamba-plumeperdue-khadim-fall/#respond Thu, 22 Feb 2024 21:35:44 +0000 https://www.coupdegriffeactu.com/?p=11186

Serigne-Mountaga-Mbacké © Malick MBOW
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Sénégal : Da Vinci à Dakar grâce aux nouvelles technologies https://www.coupdegriffeactu.com/2021/04/30/senegal-da-vinci-a-dakar-grace-aux-nouvelles-technologies/ https://www.coupdegriffeactu.com/2021/04/30/senegal-da-vinci-a-dakar-grace-aux-nouvelles-technologies/#comments Fri, 30 Apr 2021 20:06:01 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=11055 Un homme regarde une oeuvre de Léonard de Vinci lors de l’exposition « Opera Omnia Leonardo », organisée au Musée des civilisations noires de Dakar, Sénégal, le 22 janvier 2021.

Le Musée des civilisations noires de Dakar a accueilli une exposition inédite de chefs d’œuvres de Léonard de Vinci, rassemblés pour la première fois en Afrique de l’Ouest.

Amener la Joconde au Sénégal… Tel est le pari fou du Musée des civilisations noires de Dakar avec l’exposition « Omnia Opera Leonardo », développée en partenariat étroit avec l’Institut culturel italien. « Cet événement a été un grand succès. Malgré la pandémie de Covid-19, l’affluence a été particulièrement forte, en particulier le week-end », se félicite le professeur Hamady Bocoum, directeur du Musée des civilisations noires. « On a même vu des enfants venir avec leur classe, et revenir avec leurs parents ». Forte de son succès, l’exposition, qui a démarré le 16 janvier et devait se tenir jusqu’au 28 février, a même joué les prolongations pendant une semaine.

Un événement rendu possible par une prouesse technologique : celle du HD Visual painting, qui a permis, pour la toute première fois, de réunir dans un seul endroit les chefs d’œuvres du maître italien. Ce système permet de présenter des reproductions numériques des tableaux avec un système de rétroéclairage réglant l’intensité de la lumière ainsi que celle des couleurs et s’adaptant à l’environnement. Résultat : une expérience visuelle inédite, permettant d’admirer les œuvres reproduites sans perdre la qualité des originales.

« Les toiles sont rétro-illuminées avec deux lumières : une lumière blanche pour les tons froids, et une jaune pour les tons chauds. Cela permet de magnifier les reproductions », explique avec un enthousiasme non dissimulé Cristina Di Giorgio, directrice de l’Institut culturel italien.

« Les affiches de l’exposition m’ont intrigué. Quand j’ai lu “Opera Omnia”, j’ai cru qu’on jouait les opéras de Léonard de Vinci à Dakar », s’amuse Mamoudou, étudiant en droit à l’université Cheikh Anta Diop. Le titre prête en effet à confusion pour les non-latinistes : dans la langue de Jules César, le nom de l’exposition se traduit par « toutes les œuvres ». « C’est très émouvant de voir cette exposition au Sénégal, en particulier en période de pandémie, se réjouit l’étudiant. Je n’aurais jamais cru avoir la chance de pouvoir admirer ces œuvres de si près ».

À la genèse de ce projet atypique, un constat du professeur Antonio Paolucci, historien de l’art et ancien ministre de la culture en Italie. « Il s’est dit que pour voir toutes les œuvres de Vinci disséminées aux quatre coins de la planète, il faudrait faire des milliers de kilomètres, et voyager de l’Hermitage au Louvre en passant par Milan ». Un tour du monde culturel difficile d’accès pour de nombreuses personnes – et en particulier pour les habitants du continent africain.

ON RETROUVE UN PEU DU RÊVE SENGHORIEN DANS CE PROJET. IL CÉLÈBRE LE DIALOGUE DES CULTURES. »

Et pour cause : il est extrêmement difficile pour les musées africains d’avoir accès aux œuvres de maître disposées dans les musées occidentaux. Assurances aux tarifs prohibitifs, infrastructures insuffisantes en matière de conservation et de sécurité, coût de déplacement des œuvres : autant d’obstacles pour l’heure infranchissables. « Les budgets nécessaires à de telles expositions sont faramineux, déplore Hamady Bocoum. Or, il est dans l’intérêt de l’humanité que les œuvres voyagent. »

Pour le directeur du musée, cette exposition est un excellent moyen de remédier au désamour des populations envers leurs musées, qu’il a souvent constaté en Afrique de l’Ouest. « Les musées africains accordent souvent une place trop importante à l’ethnographie, déplore-t-il. Or l’intérêt d’un musée, c’est la rencontre avec l’autre. »

Le directeur du musée se félicite de l’affluence générée par cet événement hors normes, et espère accueillir bientôt une exposition du même genre, accueillant, cette fois, les œuvres de Picasso. « On retrouve un peu du rêve senghorien dans ce projet, conclut le professeur Bocoum. Car il célèbre le dialogue des cultures, et non leur affrontement ».

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  Expo « Gis Gis Bu Bess »  au Musée des Civilisations Noires https://www.coupdegriffeactu.com/2020/12/13/expo-gis-gis-bu-bess-au-musee-des-civilisations-noires/ https://www.coupdegriffeactu.com/2020/12/13/expo-gis-gis-bu-bess-au-musee-des-civilisations-noires/#comments Sun, 13 Dec 2020 22:00:22 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=11007 Expo « Gis Gis Bu Bess » au Musée des Civilisations Noires – A4 PERSPECTIVES

 

kalilou

 

 Le regard neuf de Kalidou Kassé sur le monde en devenir

L’artiste plasticien sénégalais Kalidou Kassé célèbre ses quarante ans de vie artistique par une belle exposition intitulée « Gis Gis Bu Bess » au Musée des Civilisations Noires de Dakar.

L’événement a lieu du 27 novembre au 28 décembre. C’est le temps d’un bilan et d’une projection dans le futur pour celui qui est surnommé « le Pinceau du Sahel ». Inaugurée par le ministre de la culture Abdoulaye Diop, l’expo Gis Gis marque la relance des activités culturelles freinées par la terrible pandémie de la covid 19 et l’ouverture de la grande exposition d’art contemporain « Maintenant l’Afrique » organisée par le Musée des civilisations noires de Dakar, à l’occasion du deuxième anniversaire de son ouverture.  

*Par Jean PIRES

Le monde de la culture s’est donné rendez-vous au Musée des Civilisations Noires le vendredi 27 novembre pour le vernissage de l’exposition « Gis Gis Bu Bess » de l’artiste peintre sénégalais Kalidou Kassé qui célèbre les 40 ans de vie artistique.

Le vernissage de l’exposition Gis Gis Bu Bess a été présidé par le ministre de la culture Abdoulaye Diop en présence de nombreuses personnalités du monde culturel et des milieux universitaires, des médias et de la politique.

En visitant la cinquantaine d’œuvres de cette exposition, on constate que la pandémie de la covid-19 n’a pas stoppé l’activité artistique, au contraire le confinement a été pour Kalidou  l’occasion de se donner à fond dans son espace  des « Ateliers du Sahel ».

Cet artiste très populaire au Sénégal et dont les œuvres sont également distinguées au plan international,  propose des peintures, des tapisseries et une sculpture dans une nouvelle dynamique qu’il appelle « Gis gis bu bees », littéralement en langue ouolof « une nouvelle façon de voir ».

Le Pr Malick Ndiaye, Conservateur du Musée d’art africain Théodore Monod est le directeur artistique de cette exposition Gis Gis Bu Bess. Il analyse la démarche de l’artiste en évoquant la crise qui agit comme un moteur de l’histoire. « La pandémie a montré que le système mondial est précaire et nous oblige à reconsidérer les conséquences systémiques de nos modèles de vie et

Donner un visage à nos rêves

donner un visage à nos rêves… Gis Gis Bu Bess, avance-t-il,  veut qu’à partir de l’expérience historique des formes artistiques émerge un nouveau futur. Il y a dans les nouvelles œuvres de Kalidou Kassé, une volonté d’articuler un regard frais sur le monde » soutient-il.

  Artistes, collectionneurs, mécènes, galeristes et passionnés des arts plastiques sont venus nombreux apprécier le cru 2020 du « Pinceau du Sahel » Kalidou Kassé, ainsi désigné, il y quelques décennies par le maître de conférence et critique d’art, feu Iba Ndiaye Djadji.

En 40 années de pratique artistique, cet artiste a fait un parcours sans doute honorable au vu des expériences vécues au plan artistique et socio culturel.

Le célèbre homme au béret noir s’est illustré par sa palette aux couleurs chaudes, ses toiles vivantes traversées par des personnages aux vêtements colorés ou en ombres chinoises irradiés de soleil.

La nature reprend ses droits dans les toiles de Kalidou Kassé, mais l’artiste est également préoccupé par les thèmes de l’actualité sociale, le travail des femmes, l’économie populaire, les droits des enfants, l’opinion publique, l’Afrique et ses grands espaces. L’une des attractions de cette expo c’est la belle série « bleue » semi abstraite d’œuvres réalisées en acrylique sur papier « canson ».

Dans cette expo l’artiste consacre aussi une attention soutenue au métier à tisser traditionnel et au pagne, vêtement et objet culturel, souvent chargé de symbole et de signes. Dans une série d’acrylique sur toiles, Kalidou Kasssé s’ inspire de la dextérité et de la créativité de l’artisan. L’intérêt pour le pagne tissé n’est pas dû au hasard, chez l’artiste. Il retrouve à travers ce vêtement une réminiscence de l’environnement traditionnel du tissage et de la couture avec sa mère ainsi que ses années d’artiste cartonnier à la manufacture sénégalaise des arts décoratifs de Thiés.

Pinceau du Sahel et Tisserand de la toile

L’artiste justifie ainsi l’autre surnom de  « tisserand de la toile » que lui avait attribué spontanément le philosophe, écrivain et homme de culture, le regretté Pr. Hamidou Dia.

Les thématiques de l’exposition Gis Gis Bu Bess ont souvent accompagné l’artiste sur plusieurs décennies telles « les portes de l’espoir et du futur », une transposition de la fameuse porte du « voyage sans retour » de la Maison des esclaves de Gorée. La maturité d’esprit et la maitrise technique apportent une aura à ce travail neuf. La touche du Pinceau du Sahel  a fait des émules depuis l’époque de sa première galerie privée «  les Artistes réunis », créée au Point E, dans les années 80, avec son compère et ami Paul Hann, actuellement installé aux Etats Unis.

En se rappelant des souvenirs 40 ans après l’entrée dans le monde des arts, on mesure la part d’extraordinaire de la destinée toute tracée de l’homme au béret noir.  Le dicton africain énonce avec philosophie « la vie a de longues jambes ». Cela est encore vrai dans la belle détermination du petit élève de 7ans venu accueillir le président L.S.Senghor en visite aux Manufactures des arts. Comme il le voulait, il est  devenu, une décennie après, un artiste cartonnier dans le même établissement et  quelques années plus tard le très populaire Kalidou Kassé,  le Pinceau du Sahel et Tisserand de la toile qui peut revendiquer une reconnaissance mondiale. Bravo et Bon anniversaire l’artiste.

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1:59 / 8:01 Les artistes guinéens rendent hommage a MORY KANTE https://www.coupdegriffeactu.com/2020/06/05/159-801-les-artistes-guineens-rendent-hommage-a-mory-kante/ https://www.coupdegriffeactu.com/2020/06/05/159-801-les-artistes-guineens-rendent-hommage-a-mory-kante/#comments Fri, 05 Jun 2020 00:13:33 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10893

MORY KANTE©Malick MBOW
MORY KANTE©Malick MBOW      

 

 

 

 

 

 

 

 

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COVID-19 ART AGAINTS SENEGAL https://www.coupdegriffeactu.com/2020/05/13/covid-19-art-againts-senegal/ https://www.coupdegriffeactu.com/2020/05/13/covid-19-art-againts-senegal/#comments Wed, 13 May 2020 01:34:14 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10867

Kiné AW

Née en 1977 à Dakar et diplômée de l’École Nationale des Arts en 2006, Kiné Aw est une artiste peintre courbiste. La danse des courbes jaillit de son intérieur…

Mouhamadou DIA

Mouhamadou Dia est un des rares peintres figuratifs sénégalais. Après quatre années d’études à l’Ecole des…

Viyé DIBA

Depuis 1989, mon travail est orienté dans la recherche d’une esthétique nouvelle qui part de la substance de l’art traditionnel africain en…

Limalé DIOP

Limale Diop, artiste plasticien né à Dakar à la rue 7×8 Médina, il est licier et sculpteur. Après des études primaires à…

Kara FALL

Artiste plasticien, Kara FALL est né en 1971 à Dakar.

Il grandit près du premier Village des Arts fondé…

Mor FAYE

Artiste plasticien multidisciplinaire, curator indépendant et organisateur.
Président PACA-SENEGAL ( Cercle Panafrican des Artistes).<br…< p= » »>

Abdoulaye KA

Né en 1977 à Missirah dans la région de Diourbel, Abdoulaye KA est un artiste sénégalais travaillant à Kolda, dans la région sud du…

Pape Mbaye Mballo KEBE

Diplômé de l’Ecole du Louvre, Papa Baye Mballo Kébé abandonne sa carrière de conservateur de musée pour se consacrer à la peinture. Elève d’Iba Ndiaye, il fait…

Ibrahima KEBE

D’origine sarakholé, Ibrahima Kébé est né à Kaolack le 2 octobre 1955. Kébé de son nom d’artiste résidait à Dakar depuis plusieurs…

Tita MBAYE

Ancien instituteur devenu professeur d’art plastique, le peintre Tita Mbaye présente pour la première fois ses oeuvres dans le 18ème…

Diplômé de l’Ecole…

Malick MBOW

Malick Mbow, architecte de formation, auteur de plusieurs œuvres architecturales à Dakar, allie aujourd’hui son métier…

Daouda NDIAYE

Daouda Ndiaye est un artiste plasticien sénégalais diplômé de l’École des Beaux-arts de Dakar, sorti major de sa promotion en 1985. Finaliste du Grand prix…

Douts NDOYE

Né en 1973, Ndoye Douts est un artiste plasticien sénégalais, l’un des plus célèbres de sa génération, diplômé des Beaux-Arts…

El SY

El Hadj Sy (ou El Sy) – de son nom complet El Hadj Moussa Babacar Sy, né le 9 septembre 1954 à Dakar, est un peintre sénégalais contemporain. On le rattache à la…

Moussa TINE

Biographie bientôt disponible

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Mick Jagger et Paul McCartney rejouent (pour rire) la guerre entre Beatles et Rolling Stones https://www.coupdegriffeactu.com/2020/04/26/mick-jagger-et-paul-mccartney-rejouent-pour-rire-la-guerre-entre-beatles-et-rolling-stones/ https://www.coupdegriffeactu.com/2020/04/26/mick-jagger-et-paul-mccartney-rejouent-pour-rire-la-guerre-entre-beatles-et-rolling-stones/#comments Sun, 26 Apr 2020 15:39:39 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10845

Mick JAGGER- © Malick MBOW
Mick JAGGER- © Malick MBOW

DEBAT Les deux chanteurs se répondent par médias interposés sur la question de la supériorité de leurs groupes respectifs

 

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Paul McCartney et Mick Jagger en 2011 à New York
Paul McCartney et Mick Jagger en 2011 à New York — Richard Young / Rex Fea/REX/SIPA

Paul McCartney et Mick Jagger relancent la polémique la plus vive des dernières décennies : plutôt Beatles ou Rolling Stones? Alors bien sûr, c’est pour rire, bien sûr, ils sont de mauvaise foi, et bien sûr, tout le monde sait que les Kinks sont indépassables.

N’empêche, l’échange entre les deux chanteurs par médias interposés est assez savoureux. L’ex-Beatles Paul McCartney a lancé les hostilités lors d’une interview au micro de Howard Stern : « Les Stones ont toujours été à fond dans le blues. Quand ils écrivent quelque chose, il faut que ce soit lié au blues. Nous avions plus des influences plus variées. Il y a beaucoup de différences, et j’adore les Stones, mais je le concède : les Beatles étaient plus grands. »

Longévité et plagiat

Boum. Et derrière, Paul McCartney avait habilement, avec une antiphrase de toute beauté, doublée d’une prétérition très élégante, relancé le débat sur le fait que les Rolling Stones auraient beaucoup copié les Beatles au cours de leurs carrières.

C’est dans une interview avec Zane Lowe sur AppleMusic, que le chanteur des Rolling Stones a répliqué : « Paul est vraiment drôle. Il est adorable. Il n’y a évidemment pas de compétition entre les deux groupes. La grande différence néanmoins, si on prend un peu de recul, c’est que les Rolling Stones est un groupe de gros concerts qui a traversé des décennies et des époques différentes, tandis que les Beatles n’ont jamais fait une tournée des stades. Ils se sont séparés avant que tout ceci n’apparaisse. » Et Mick Jagger de tacler la courte carrière sur scène des Beatles, comparée à l’extraordinaire longévité des Stones.

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LA RESTITUTION DU PATRIMOINE AFRICAIN ET LA QUESTION DE LA RÉPARATION https://www.coupdegriffeactu.com/2020/03/04/la-restitution-du-patrimoine-africain-et-la-question-de-la-reparation/ https://www.coupdegriffeactu.com/2020/03/04/la-restitution-du-patrimoine-africain-et-la-question-de-la-reparation/#comments Wed, 04 Mar 2020 00:03:51 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10761

Pr Babacar Mbaye DIOP© Malick MBOW
Pr Babacar Mbaye DIOP© Malick MBOW

Reconnaître d’avoir spoliés les biens culturels africains et décider des siècles plus tard ne suffit pas. Les Occidentaux doivent aussi payer la réparation, non pas financière, mais par la mise en place de vastes programmes de développement de l’Afrique

Babacar Mbaye Diop  |   Publication 02/03/2020

Toutes les grandes puissances occidentales ont leur musée consacré à l’art africain (1). Le développement des musées ou collections d’objets d’art africain en Occident coïncide avec la colonisation et l’essor de l’action missionnaire. La plupart de ces collections sont, en effet, le résultat de pillages militaires, de vols ou de ventes illégales. Plusieurs voix se sont levées pour réclamer le retour de ce patrimoine artistique en Afrique. Mais le débat sur la restitution n’est pas nouveau. Abdou Sylla, dans une étude consacrée au « Retour et restitution des biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs » publiée en 2005 (13 ans avant le rapport Sarr-Savoy !) dans la revue Éthiopiques n°75, nous rappelle que la question du retour et de la restitution a été d’abord soulevée et prise en charge par deux anciens directeurs généraux de l’UNESCO : d’abord René Maheu et ensuite Amadou Mahtar Mbow (2). Si aujourd’hui la question est toujours posée, c’est parce que « l’on observe encore, que tous les musées ethnologiques européens et nord-américains, mais également les collections privées, sont remplis d’objets d’art et de biens culturels et ayant appartenu aux peuples anciennement dominés qui les ont créés » (3). Mais il existe un lobby anti-restitution venant le plus souvent des musées et des marchands d’art. L’idée selon laquelle les musées africains ne sont pas aptes à accueillir les œuvres restituées ou que les politiques culturelles africaines ne sont pas à la hauteur est souvent soulevée par les détracteurs de la restitution. Abdou Sylla, dans une autre étude datant de 2006 (12 ans avant le rapport Sarr-Savoy !) publiée dans la revue Éthiopiques n°76 et intitulée « Retour et restitutions des biens culturels à leur pays d’origine : difficultés et enjeux », montre que « l’ampleur et la diversité des initiatives et des actions déjà entreprises ou en cours sont indéniables » (4). L’auteur souligne les difficultés techniques, juridiques, mais aussi les obstacles psychologiques et les « réticences inévitables » inhérentes à la Convention de l’UNESCO de 1970. Il aborde la situation avec des questions importantes et difficiles :

« Ces pays occidentaux accepteront-ils volontiers de se laisser dessaisir de ces valeurs culturelles ? Ces valeurs constituent-elles désormais des richesses nationales de ces pays industrialisés et intégrales, en tant que telles, à leurs patrimoines culturels nationaux ? Est-il possible de dresser des inventaires complets de tous ces patrimoines ? Selon quelles conditions et modalités seront effectuées ce retour et cette restitution ? Les pays détenteurs accepteront-ils de les restituer sans contrepartie ? Les pays dépossédés disposent-ils des moyens de rachat, de conservation, de traitement et de mise en valeur de ces patrimoines, une fois le retour effectué ? » (5).

Aujourd’hui, alors que ces difficultés et ces réticences persistent encore et que la plupart des pays détenteurs de ces objets pris à l’Afrique refusent de les rendre, il est heureux d’entendre le Président français, Emmanuel Macron, parler de « restitutions temporaires ou définitives » (6) de ce patrimoine africain, prisonnier de musées ou de collectionneurs occidentaux. Mon propos dans cette communication est d’abord de rappeler les conditions dans lesquelles les objets d’art africain sont entrés dans les musées occidentaux et ensuite de revenir sur le débat actuel de leur restitution et de la réparation.

Les collections d’art africain dans les musées occidentaux (7)

Les auteurs de Restituer le patrimoine africain, rapport commandité par Emmanuel Macron, Felwine Sarr et Bénédicte Savoy soulignent avec juste raison que « la recherche active de biens culturels et leur transfert dans les capitales européennes ont été au cœur (…) de l’entreprise coloniale » (8). On ne peut parler de la restitution des objets africains sans convoquer le colonialisme. Les colonisateurs estimaient avoir sauvés et valorisés ces objets. Ils avaient créé dans leurs colonies mêmes des institutions afin de collecter les objets de la culture matérielle des peuples colonisés. Le but était de prouver la nécessité d’apporter la civilisation à ces peuples barbares. Les missionnaires ont joué un rôle important dans ce transfert d’objets : ils demandaient aux colonisés de jeter leurs objets d’adoration afin d’être convertis à leur nouvelle religion. Mais ces objets se retrouvaient le plus souvent dans les musées européens. Ils ont, au cours de plusieurs siècles de domination, nous précise Abdou Sylla « acquis, accumulé et conservé des biens et valeurs culturels inestimables, ayant appartenu aux peuples qu’ils avaient colonisés. Dans ces pays, à côté des patrimoines culturels publics, il existe encore de nombreuses collections privées, constituées de très nombreux biens culturels, propriétés des peuples colonisés anciennement » (9).

Les colons britanniques, français et allemands ramenaient dans leur pays, certaines de ces « curiosités » artistiques qui donnaient une couleur d’exotisme à leurs domiciles. Avec l’expédition punitive des Britanniques au royaume d’Ashanti en 1874 et au Bénin en 1897, certaines missions comme celles de Léo Frobenius en Afrique occidentale et au Congo, la mission scientifique DakarDjibouti dirigée par Michel Leiris et Marcel Griaule en 1931, qui ont raflé des milliers d’objets, on peut parler d’un pillage systématique et organisé des objets d’art africain.

Depuis les premières expositions des objets africains en France (Galerie Devambez, Art nègre et océanien, Paris, 1919 ; galerie Le Portique, Exposition d’art nègre, catalogue, Carl Einstein, Paris, 1925) aux expositions du Museum of Primitive Art de New York dans les années 1960, l’intérêt d’en savoir plus sur l’art africain s’avéra essentiel. Il commence à faire l’objet d’investigation scientifique et ethnologique. C’est ainsi qu’à partir des années 60 des marchands occidentaux parcourent l’Afrique noire pour acheter des objets sur place. Beaucoup de ces objets d’art enrichissent aujourd’hui les collections ethnographiques des plus célèbres musées occidentaux. On peut citer le Musée Royal de l’Afrique à Tervuren en Belgique (plus d’un siècle de collections et plus de 180000 objets d’art africain), le British Museum avec plus de 69000 objets venant d’Afrique, le Musée d’Ethnographie de Hongrie avec sa collection africaine où sont rassemblés plus de 10 mille objets africains, le Musée Vienne avec plus de 37000 objets d’Afrique, le Musée du Quai Branly de Paris avec sa collection africaine de plus de 70000 objets, le Musée d’Anthropologie et d’Ethnographie Pierre-le-Grand à Saint-Pétersbourg, le Musée d’art africain de la Smithsonian de Washington, le Metropolitan Museum of Art de New York, l’Art Institute de Chicago, les nombreux autres musées universitaires américains et européens. Après l’extermination des Hereros en 1904 en Namibie, plus de 300 têtes humaines ont été prises envoyées en Allemagne. Des milliers d’ossements et de cranes africains sont dans plusieurs musées d’Europe. La colonisation n’était pas que militaire et économique, il fallait aussi déposséder les Africains de leur culture matérielle. L’historien Achille Mbembe a eu raison de dire que « la violence coloniale n’épargna ni les êtres humains ni les biens. Son but ultime était la dé-symbolisation de la vie des Africains » (10).

Toutes ces institutions gèrent aujourd’hui une énorme collection d’objets africains dont le statut a changé avec le temps. Ce sont tout d’abord les marins, les missionnaires, les collectionneurs, les employés des États coloniaux, médecins, journalistes, coopérants qui ont été les premiers à amener ces objets en Europe. Au début, ces objets n’étaient pas exposés à des fins esthétiques, ils servaient seulement de décor exotique à la propagande coloniale. Aujourd’hui, il existe plusieurs réseaux de collectionneurs d’objets d’art africain et des dealers prêts à tout faire pour obtenir des objets précieux.

La responsabilité des Africains est aussi engagée dans le trafic et des vols des objets. Selon Abdou Sylla, « depuis les Indépendances, presque tous les musées ethnographiques nationaux ont été victimes de vols. Une catastrophe pour les patrimoines culturels qu’ils abritent » (11). En effet, plusieurs milliers d’objets d’art africain tels que des masques, des figurines qui sont aujourd’hui en Europe et aux États-Unis ont été volés dans les musées et dans les villages. Ces vols sont aussi parfois le fait des Africains eux-mêmes. Ces pillages, dus à la pauvreté, aux guerres, à la valeur de l’art africain (selon Interpol, le trafic illicite des objets d’art africain est estimé à près de 400 millions de dollar US par an) se font devant l’indifférence des gouvernements. Avec de difficiles conditions de survie, et avec une demande incompréhensible pour eux de la part des Européens, les populations africaines ont commencé à vendre tout ce qu’elles pouvaient vendre. Les guerres civiles et ethniques ont également largement favorisé le pillage systématique de musées ou de sites archéologiques. Aujourd’hui, ce sont surtout les Africains qui volent et vendent les objets. Ce marché frauduleux est bien connu des musées et marchands occidentaux. Mais si des objets furent achetés ou proviennent de vols ou de pillages, il faut signaler que la plupart des objets exposés dans les musées occidentaux ont été pris lors de multiples razzias des colons.

La question de la restitution

Maintenant que l’art africain a sa section dans beaucoup de grands musées d’art, les gouvernements africains ont tenté de mettre fin aux trafics et au pillage, en créant des lois réglementant la sortie des objets d’art. Mais trop souvent, ces législations sont incomplètes ou violées, et la restitution reste une exception. Au sein de l’UNESCO, des années de débats, d’études et de recherches ont abouti à la Convention de 1970 qui fixe des mesures pour empêcher et interdire l’importation, l’exportation et le transfert de propriétés illicites des biens culturels. Mais cette Convention n’a été adoptée par l’Assemblée Générale de l’ONU que le 22 octobre 1987 par la Résolution 42/7 intitulée « Retour ou Restitution de biens culturels à leur pays d’origine ». Et lors du vote, les pays concernés par la Convention et la Résolution, tels que ceux « de l’Union européenne actuelle, des États-Unis d’Amérique, de l’Australie, d’Israël », qui ont « au cours de plusieurs siècles de domination, acquis, accumulé et conservé des biens et valeurs culturels inestimables » (12), ce sont abstenus.

Cette Convention reconnaît que le vol est une cause principale de l’appauvrissement du patrimoine culturel des pays d’origine. Pourtant un grand nombre de pays n’ont à ce jour pas encore ratifié cette convention. Ce n’est pas tant les réglementations et les services douaniers qui leur posent problème, mais plutôt les restitutions de patrimoines nationaux. Et même signée, cette convention sera difficile à appliquer de façon stricte puisqu’il est très difficile de définir quels objets restituer, difficile de retrouver ces objets, de les acquérir et de savoir à qui les restituer.

Les auteurs de Restituer le patrimoine africain, Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, proposent, en ce qui concerne la France, « le cadre chronologique, juridique, méthodologique et financier dans lequel pourras s’effectuer le retour du patrimoine africain en Afrique » (13). Ils se posent des questions essentielles telles que : « quelle Afrique pour quelles restitutions ? », « À qui rendre » ? Les deux auteurs nous apprennent que dans les anciennes colonies françaises, dans la seule collection du quai Branly, le Tchad « arrive en tête (9296 objets). Il est suivi du Cameroun (7838), de l’île de Madagascar (7590), du Mali (6910), de la Côte d’Ivoire (3951), du Bénin (3157), de la république du Congo (2593), du Gabon (2448), du Sénégal (2281 et de la Guinée (1997) » (14). L’Ethiopie (3081 objets), le Ghana (1656) et le Nigéria (1148), la RDC (1428), l’Afrique australe sans le Madagascar (1692), l’Afrique de l’Est (2262) sont aussi présents dans les collections du musée quai Branly (15).

Ce travail devrait aussi être fait en Allemagne, en Belgique et dans tous les autres musées occidentaux où se trouvent des objets d’art africain.

Si l’on considère l’ensemble des objets produits dans une société, la dispersion de ces pièces est une aliénation. L’idée fondamentale, c’est que les objets d’une société lui appartiennent et doivent lui revenir. Il est vrai que ces objets, une fois retournés en Afrique, ne pourront plus jouer le même rôle qu’avant. Mais que les détracteurs de ce retour arrêtent de penser que parce que l’Afrique n’a pas assez de musées où mettre ces milliers d’objets, il serait mieux de garder encore en Occident. C’est un faux débat. Le Cameroun dispose d’un musée qui date de 1935, le Ghana de 1957, le Tchad de 1962, le Bénin de 1966, le Madagascar de 1962, le Mali de 1982, le Rwanda de 1989. Et un musée des civilisations noires est inauguré à Dakar en décembre 2018. Le paysage muséal africain est aujourd’hui en pleine construction.

Dans le refus de restitution des objets d’art africain prisonniers de musées occidentaux, il y a aussi le prétexte de l’universalisme ou de la diversité culturelle. Certains détracteurs du retour des objets en Afrique soutiennent que le fait de les conserver en Occident participe du brassage culturel entre les peuples et les situe dans la dialectique du Même et de l’Autre. Mais ce brassage culturel par l’art est un piège tendu à l’Afrique, c’est un phénomène trompeur dont il faut se méfier. Car au-delà du projet de coexistence entre l’Ailleurs et l’Ici, l’art africain, assigné à résidence dans les musées occidentaux, sera toujours déterminé par la doxa occidentale qui décide de ses conditions de visibilité (16).

Mais qu’est-ce qu’on fera de ces objets une fois qu’ils seront revenus en Afrique ? Faut-il alors leur redonner leurs fonctions d’origine ? Je ne le pense pas d’autant plus qu’avec l’islamisation beaucoup de sociétés ont renié ces objets. Faut-il les remettre dans des musées où les Africains ne viendront pas les voir parce que ne les considérant pas comme des objets d’exposition ? Abdou Sylla souligne dans son article « Les musées en Afrique : entre pillage et irresponsabilité » que :

« L’Afrique ancienne, dite traditionnelle ou précoloniale, ignorait la tradition muséale telle que pratiquée par l’Occident. En lieu et place de musée, elle utilisait les granges ou les arrière-cours ou encore les espaces compris entre les toits des cases et leurs murs. La grange elle-même n’avait pas la même signification qu’en Occident puisqu’en Afrique, il s’agissait de petites cases dans l’enclos familial, quelque part derrière, ou alors de vieilles cases délabrées dans lesquelles étaient jetés pêle-mêle les objets, parfois aussi les outils divers. Les villageois savent également qu’entre les pentes descendantes des toits et les murs, il y a des espaces, souvent aménagés, clôturés, dans lesquels les populations gardent récoltes, objets et bagages divers. En ces différents endroits de la concession familiale étaient entremêlés les « objets d’art » » (17).

Et si les Africains décidaient de ni les remettre dans leur contexte d’origine ni de les exposer ? Le Conservateur du Musée des civilisations noires de Dakar, mon collègue Hamady Bocoum ironise : « Si on avait envie de les bruler ? », une manière de dire que ces objets appartiennent à l’Afrique et doivent être rendus aux Africains qui décideront seuls de ce qu’ils en feront. La nécessité de ce retour des objets et biens culturels en Afrique est aujourd’hui reconnue comme légitime par les organisations culturelles internationales telles que l’UNESCO et les professionnels des musées africains.

Il est regrettable que les auteurs de Restituer le patrimoine africain n’aient pas mentionné une seule fois les noms de Abdou Sylla ou de Iba Ndiaye Diadji dans leur rapport. Les Sénégalais invités à l’atelier de Dakar qui a eu lieu le 12 juin 2018 au musée Théodore Monod d’art africain de l’IFANCheikh Anta DIOP n’étaient pas les mieux placés pour traiter la question. Le critique d’art Sylvain Sankalé dont le nom figure dans le rapport dit qu’il n’a pas été contacté pour donner son avis sur la question de la restitution.

Les deux philosophes Iba Ndiaye Diadji et Abdou Sylla sont incontournables au Sénégal sur la question de la restitution des biens culturels africains. Le Professeur Iba Ndiaye Diadji décédé en 2003 a écrit sur le pillage des biens culturels africains et il suffisait juste pour nos deux auteurs de lire L’impossible art africain (PUD, 2003) ou Créer l’art africain (Dëkkando, 2002), le Professeur Abdou Sylla malgré l’âge pouvait bien donner son avis sur la question puisqu’il en parle dans plusieurs articles parmi lesquels deux publiés dans la revue Éthiopiques (18) n°75 en 2005 et n°76 en 2006, et un dans la revue Africultures (19) n°70 en 2007. Comment peut-on ignorer l’apport d’Abdou Sylla sur la question ? Ce type de rapport est une affaire sérieuse. On ne peut pas se permettre, en tant qu’universitaires, d’ignorer ou de ne pas savoir ce qui a été déjà écrit sur la question par des chercheurs sénégalais.

Qu’en est-il de la réparation ?

Je voudrais conclure sur la question de la réparation. Après la restitution, la question de la réparation sera certainement posée. Aimé Césaire s’interrogeait déjà en 1955 : « Eh quoi ?, Les indiens massacrés, le monde musulman vidé de lui-même, le monde chinois pendant un bon siècle, souillé et dénaturé, le monde nègre disqualifié, d’immenses voix à jamais éteintes, des foyers dispersés au vent, tout ce bousillage, tout ce gaspillage, l’Humanité réduite au monologue, et vous croyez que tout cela ne se paie pas ? » (20), écrit Aimé Césaire dans le Discours sur le colonialisme. Le rapport Sarr-Savoy a presque esquivé la question de la réparation, les auteurs n’en parlent que sur une page (21) sur les 240 pages du document intégral. Ils écrivent :

« L’épineuse question de la réparation ne peut être éludée. Elle est souvent évoquée dans le contexte de crimes contre l’humanité (génocide des Herero et des Nama), de massacres violents liés à la conquête coloniale, ou de la prédation de ressources économiques, pour lesquelles la perte semble plus aisément quantifiable. Il s’agit cependant de comprendre, en ce qui concerne le patrimoine, que ce ne sont pas seulement des objets qui ont été pris, mais des réserves d’énergies, des ressources créatives, des gisements de potentiels, des forces d’engendrement de figures et de formes alternatives du réel, des puissances de germination ; et que cette perte est incommensurable parce qu’elle entraîne un type de rapport et un mode de participation au monde irrémédiablement obérés. Rendre les objets ne la compensera pas » (22).

Il est évident que parce que missionnés les deux auteurs ne pouvaient pas parler autrement. Comment peut-on penser une seule fois que ce qui nous été pris est incompensable et « incommensurable » ? La question de la restitution et celle de la réparation sont indissociables. Qu’elle soit symbolique ou financière, la réparation doit être faite. Les Occidentaux ont pillé et arraché des biens culturels à l’Afrique, ont accumulé des ressources financières très importantes avec les millions d’entrées sur ces objets exposés dans leurs musées, et on veut esquiver la question de la réparation ?

Pour parler de la réparation, je me permets, dans ce qui suit, de présenter avec autant de détails le point de vue de Manthia Diawara dans une lettre ouverte adressée au président français intitulée « Lettre d’Afrique à Macron : la réparation plutôt que la restitution ! » et publiée à Médiapart le 16 décembre 2019, pour montrer qu’il a vu juste. Il a eu raison d’écrire : « nous préférons la réparation à la restitution ». La question de la restitution du patrimoine, « c’est encore une ruse montée par l’Occident pour distraire les Africains des vrais problèmes qui leur font face ».

Il faut d’abord, dit-il, régler le problème de la réparation avant de parler de la restitution. L’Afrique continue à être pillée et spoliée de ses ressources naturelles et matérielles par les puissances étrangères. Ce qui paupérise de plus en plus le continent et qui pousse les jeunes africains à affronter la Mer Méditerranée pour espérer de trouver des lendemains meilleurs. Pour Manthia Diawara, le fait de renvoyer les biens culturels africain en Afrique ne fait que rappeler « les expulsions quotidiennes des Africains » de l’Europe. Les pays africains sont de plus en plus endettés envers l’Occident, la Chine et la Russie.

À l’instar des pays comme la France, l’Allemagne, le Japon ou l’Israël qui, qui après la Seconde Guerre Mondiale, ont bénéficié de la réparation avant la restitution de leurs biens culturels, Manthia Diawara réclame, avec juste raison, la réparation avant la restitution du patrimoine culturel africain. De la même manière que les États-Unis d’Amérique, avec le Plan Marshall, avaient versé des milliards de dollars aux plusieurs pays d’Europe et d’Asie pour « leur permettre de se remettre sur pied, après les destructions massives de leurs économies et de leurs démocraties », Diawara pense aussi, et à juste titre, qu’« il faut aussi réparer à l’Afrique ses imputations commises par l’Europe ». Il ne s’agira pas de réparation financière pour les États africains concernés par le pillage de ces objets, mais de mettre en place de grands programmes de développement sans rien attendre en retour, comme c’est le cas maintenant avec cette aide qui n’en ai pas une, avec toutes ces entreprises occidentales qui ne font que profiter de ressources africaines. L’auteur de « Lettre d’Afrique à Macron : la réparation plutôt que la restitution ! » écrit :

« Au lieu de jeter les Africains quotidiennement dans la Mer Méditerranée, payez-nous avec la Réparation, car la majorité des émigrés africains en Occident retourneraient dans les pays africains s’ils avaient les mêmes opportunités de travail, de mobilités transfrontalières et de droits humains que l’Europe, en théorie, offre aujourd’hui ».

Ces programmes, affirme Manthia Diawara, devront être financés par les Occidentaux qui exploitent encore les ressources naturelles du continent et qui en même temps votent des lois contre l’immigration des Africains. Après les compensations versées à la communauté juive spoliée par les nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale, l’indemnisation par Berlin des juifs d’Algérie victimes de mesures antisémites, les Maoris dédommagés par la Grande Bretagne après avoir été dépossédés de leur terre par les colons de l’Empire en 1863, pourquoi les Africains ne doivent-ils pas réclamer eux aussi des dédommagements suite aux crimes de l’esclavage et de la colonisation ? Reconnaître d’avoir spoliés les biens culturels africains et décider des siècles plus tard de les restituer ne suffit pas. Les Occidentaux doivent aussi payer la réparation, non pas financière, mais par la mise en place de vastes programmes de développement de l’Afrique tels que : construction et équipement d’universités et d’écoles pour la formation, d’hôpitaux de qualité, d’entreprises agricoles et industrielles, de barrages, de gestion de l’eau et de l’environnement, d’infrastructures de transport terrestre et aérien, d’institutions de recherche et d’innovation, etc. – et sans rien attendre en retour.

*Ce texte qui a fait l’objet d’une conférence le 5 décembre 2019 à l’Université de Bayreuth en Allemagne a été aussi prononcé à Vienne en Autriche le 28 février 2020 au 4e Forum pour la philosophie interculturelle et la théorie post-décoloniale. Je livre ici au public francophone la version française. 

Babacar Mbaye Diop est Maître de Conférences/Département de Philosophie/UCAD, Spécialiste d’Esthétique, de Philosophie de l’Art et de la Culture, Sociétaire de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA).

Notes :

Maître de Conférences en Esthétique, Philosophie de l’art et de la culture, FLSH-UCAD – Sénégal

1. L’expression renvoie généralement aux créations artistiques traditionnelles de l’Afrique au Sud du Sahara.

2. Amadou Mahtar Mbow dans un appel du 7 juin 1978 déclarait que « ces biens de culture qui font partie de leur être, les hommes et les femmes de ces pays ont droit à les recouvrir ».

3. « Retour et restitution des biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs » publié en 2005 dans la revue Éthiopiques n°75

4. Revue Ethiopiques, n°76, 2006

5. « Retour et restitution des biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs » publié en 2005 dans la revue Éthiopiques n°75

6. Dans son discours prononcé le 28 novembre 2017 à l’Université de Ouaga 1 au Burkina Faso

7. Une partie de ce sous chapitre est déjà développée dans mon article « Arts d’Afrique noire et musées occidentaux », Revue Ethiopiques n°89, 2012

8. Felwine Sarr et Bénédicte Savoy dans Restituer le patrimoine africain, Philippe Rey et Seuil, 2018, p.27

9. Abdou Sylla, « Retour et restitution des biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs », in revue Ethiopiques n°75, 2005

10. Jeune Afrique, Magazine en ligne, du 13 mars 2018

11. In « Les musées en Afrique : entre pillage et irresponsabilité », Africultures, n°70, 2007

12. Abdou Sylla, « Retour et restitution des biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs », in revue Ethiopiques n°75, 2005

13. Restituer le patrimoine africain, Philippe Rey et Seuil, 2018, p.17

14. Op. cit. p.78

15. Pour ces chiffres, voir les pages 78-80 de Restituer le patrimoine africain, Felwine Sarr et Bénédicte Savoy

16. Lire mon article « Arts d’Afrique noire et musées occidentaux », in Revue Ethiopiques n°89, 2012, pages 208 à 282. J’en dis assez sur le sujet et je ne juge pas nécessaire d’y revenir ici.

17. In « Les musées en Afrique : entre pillage et irresponsabilité », Africultures, n°70, 2007

18. – « Retour et restitution de biens culturels à leur pays d’origine : objets et motifs », Ethiopiques n°75, 2005 – « Retour et restitutions des biens culturels à leur pays d’origine : difficultés et enjeux », Revue Ethiopiques, n°76, 2006

19.Voir « Les musées en Afrique : entre pillage et irresponsabilité », Africultures, n°70, 2007

20. Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, éditions Présence Africaine, Paris, 1955, p. 37

21. Fin page 33 et la page 34

22. Sarr-Savoy, Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle, novembre 25. 2018, p.34

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11 décembre 2013, Ousmane Sow devient le premier Africain à entrer dans l’Académie des beaux arts https://www.coupdegriffeactu.com/2019/12/11/11-decembre-2013-ousmane-sow-devient-le-premier-africain-a-entrer-dans-lacademie-des-beaux-arts/ https://www.coupdegriffeactu.com/2019/12/11/11-decembre-2013-ousmane-sow-devient-le-premier-africain-a-entrer-dans-lacademie-des-beaux-arts/#comments Wed, 11 Dec 2019 21:35:04 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10445
Ousmane SOW © Malick MBOW
Ousmane SOW © Malick MBOW

 

Ousmane SOW -Besson © Malick MBOW
Ousmane SOW -Besson © Malick MBOW

le Mercredi 11 Décembre 2019 

Après Léopold Sédar Senghor qui inscrit son nom sur la liste sélective » des membres de l’Académie française, un autre Sénégalais va être honoré avec une place à l’Académie des beaux arts. L’entrée effective d’Ousmane Sow dont l’installation a eu lieu le 11 décembre 2013 récompense ainsi son immense talent et ses œuvres appréciées de par le monde.

 

C’est en remplacement au peintre réaliste américain Andrew Wyeth que le sculpteur sénégalais Ousmane Sow sera admis à l’entrée à l’académie des beaux arts. Il devra siéger dans la section de membre associé étranger dès son installation le 11 décembre 2013. Comme pour témoigner de son talent sans conteste, Ousmane Sow sera élu auparavant à l’unanimité le 12 avril 2011.

Né à Dakar en 1935, Sow est un spécialiste dans la sculpture consacrée aux ethnies africaines (Nouba, Massaï, Zoulou et Peul) avec comme matériau principal la terre. Son œuvre a eu le privilège d’être exposée dans un peu plus de 20 lieux d’exposition dont le Whitney Museum à New York en 1999. Cette exposition en Amérique sera décisive dans sa carrière puisqu’elle entraînera plus de 3 millions de visiteurs.

Ousmane Sow décède le 1er décembre 2016 à l’âge de 81 ans.

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L’Architecte Abib DIENE « LE JAZZMEN » EN ARCHITECTURE NOUS LIVRE UNE DE SES NOTES ARCHITECTURALES! https://www.coupdegriffeactu.com/2019/11/24/larchitecte-abib-diene-le-jazzmen-en-architecture-nous-livre-une-de-ses-notes-architecturales/ https://www.coupdegriffeactu.com/2019/11/24/larchitecte-abib-diene-le-jazzmen-en-architecture-nous-livre-une-de-ses-notes-architecturales/#comments Sun, 24 Nov 2019 19:39:08 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10376

Abib-DIEN© Malick MBOW
Abib-DIEN© Malick MBOW

 

 

 

EN TOUTE DISCRÉTION LA RÉSIDENCE Black Rock VIBRANTE !!!

Kehinde Wiley, portraitiste d’Obama, ouvre sa résidence artistique à Dakar

Black Rock accueillera des artistes du monde entier pour qu’émerge « l’inverse du perpétuel narratif de désastres que l’on accole à l’Afrique ».

Par   Publié le 21 juin 2019 

La résidence d'artistes Black Rock à Dakar, fin mai 2019.
La résidence d’artistes Black Rock à Dakar, fin mai 2019. Matteo Maillard

Il faut y appliquer les deux mains, puis pousser avec force. Alors la porte de six mètres de haut daigne pivoter lentement sur ses gonds et révéler un intérieur grandiose : balustrades en verre poli, plinthes de bois précieux, rambardes en acier brossé, piscine à débordement et végétation tropicale dans un jardin manucuré. « J’ai voulu créer une oasis dans le Sahel, lance Kehinde Wiley, un symbole d’excellence africaine en termes de design et d’esthétique. » En ce mois de juin, le célèbre peintre américain d’origine nigériane s’apprête à recevoir la première promotion d’artistes internationaux en résidence dans sa demeure dakaroise flambant neuve.

Surnommée Black Rock, en référence aux roches volcaniques qui jonchent les plages de la capitale sénégalaise, cette expérimentation artistique a été conçue à la fois comme laboratoire et cercle de réflexion où des artistes du monde entier – peintres, plasticiens, sculpteurs, écrivains – se relaieront entre trois et six mois afin de créer et forger un regard neuf sur le continent. « Un espace où l’Afrique est sujet de conversation et de développement personnel, appuie M. Wiley. Pendant des siècles, elle a été vue par des gens qui l’utilisaient afin de se sentir et se montrer supérieurs. Je pense que nous avons besoin d’avoir un miroir honnête, une façon saine d’échanger avec ce continent. » Une philosophie que Black Rock, se voulant « volontairement politique et imprévisible », instigue dans sa structure même. Ainsi sa gigantesque porte d’entrée est une version inversée et accueillante de la « porte du non-retour » située sur l’île de Gorée et par laquelle passaient les esclaves enchaînés avant d’être envoyés en Amérique.

« Hors de contrôle »

Selon sa fiche de présentation, le projet mûrit depuis une décennie. Mais l’histoire remonte plus loin, à 1997, lorsque Kehinde Wiley découvre Dakar à 19 ans lors d’un voyage initiatique. « J’étais parti à la recherche de mon père nigérian et le Sénégal était la première escale de mon périple. » Tombé amoureux du pays, il y fera la connaissance de l’actrice américaine C.C.H. Pounder et son mari Boubacar Koné, fondateurs de l’un des premiers musées d’art contemporain en Afrique de l’Ouest, puis nouera de nombreuses amitiés sur la scène culturelle sénégalaise. Il réfléchit alors à créer un cabanon de plage où peindre et inviter des créateurs. Une idée qui enflera jusqu’à être « hors de contrôle », s’amuse-t-il, ouvrant la porte d’une suite dont la salle de bains est « grande comme un appartement new-yorkais ».

Inauguration du portrait de Barack Obama par le peintre américain Kehinde Wiley à Washington, le 12 février 2018.
Inauguration du portrait de Barack Obama par le peintre américain Kehinde Wiley à Washington, le 12 février 2018. MARK WILSON / AFP

Né en 1977 dans le quartier défavorisé de South Central à Los Angeles, Kehinde Wiley a connu une ascension progressive avant une récente fulgurance, lorsqu’il a été choisi par Barack Obama en 2018 pour devenir son portraitiste officiel. Celui qui s’est évertué à peindre dans des poses rococo des Afro-Américains anonymes a trouvé dans la célébrité un luxe neuf, présent partout dans le manoir Black Rock, dont l’écrin détonne dans ce quartier populaire en construction. Sauna, salle de sport, ateliers spacieux et chef à disposition pour concocter des plats fusion entre la gastronomie africaine, européenne ou japonaise. « Je veux que les artistes se sentent respectés, presque gâtés », confie M. Wiley. Pour le décorer, il n’a voulu employer que des artisans locaux, de l’architecte Abib Djenne à la couturière Assa Dione, spécialiste de la broderie ouest-africaine, en passant par la sculptrice Fatiya Djenne. Les murs sont couverts d’œuvres contemporaines africaines ou afro-descendantes, dont une série de portraits de Sénégalais réalisée par le photographe américain Dewayne Rogers.

Le mannequin Naomi Campbell et la chanteuse Alicia Keys durant la soirée de lancement de la résidence d’artistes Black Rock à Dakar, le 26 mai 2019.
Le mannequin Naomi Campbell et la chanteuse Alicia Keys durant la soirée de lancement de la résidence d’artistes Black Rock à Dakar, le 26 mai 2019. Matteo Maillard

Si l’on ne connaît pas encore la poignée d’heureux élus sélectionnés pour participer à cette « expérimentation sociale », M. Wiley assure que « des milliers d’artistes ont déjà candidaté ». Lui, souhaite le panel le plus divers possible. « Je veux que l’on commence à voir l’Afrique comme une maison, un espace qui devient progressivement familier. Non cette terre terrifiante que voyaient Braque ou Picasso. Que, jour après jour, dans ce petit groupe d’amis, notre travail passe du stéréotype au vécu. »

« S’aiguiser comme des couteaux »

Kehinde Wiley a bien conscience qu’il y a un risque de « flirter avec le désastre, avoue-t-il. Car nous ne savons pas ce qu’il se passe quand on rassemble des artistes qui ont des vies tout à fait différentes. Je veux que Black Rock se répande dans le monde comme un virus, mais un virus qui apporterait joie, créativité et nouveauté, à l’inverse de ce perpétuel narratif de guerre, désastres et anxiété que l’on accole à l’Afrique. Je veux que Dakar soit une provocation aussi sexy que New York ou Paris en leur temps, comme une énorme soirée glamour où les gens savent qu’il y aura des tenues hallucinantes ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Kehinde Wiley, le peintre qui magnifie les communautés marginalisées

Lors de sa soirée de promotion le 26 mai, Black Rock a accueilli les célèbres amis du peintre, la chanteuse Alicia Keys et son mari le producteur Swizz Beatz, venus spécialement pour l’occasion, ainsi que le mannequin Naomi Campbell, qui en a profité pour célébrer son 49anniversaire dans la capitale sénégalaise. Kehinde Wiley veut faire de Dakar l’épicentre d’un « dialogue mondial entre artistes afin qu’ils s’aiguisent entre eux comme des couteaux, avance-t-il : « Je pense que c’est ainsi que surviennent les révolutions. Non par des moments coups de poing, mais par ces petites touches. C’est comme tomber amoureux et je veux que le monde tombe amoureux de l’Afrique de l’Ouest. »

« Femme piquée par un serpent », de Kehinde Wiley lors d’une exposition au Miami Beach Convention Center en décembre 2010.
« Femme piquée par un serpent », de Kehinde Wiley lors d’une exposition au Miami Beach Convention Center en décembre 2010. Hans Deryk / REUTERS
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Gauguin bientôt sorti des musées? https://www.coupdegriffeactu.com/2019/11/23/gauguin-bientot-sorti-des-musees/ https://www.coupdegriffeactu.com/2019/11/23/gauguin-bientot-sorti-des-musees/#comments Sat, 23 Nov 2019 22:33:12 +0000 http://www.coupdegriffeactu.com/?p=10372

Paul-GAUGUIN© Malick MBOW
Paul-GAUGUIN© Malick MBOW

Gauguin bientôt sorti des musées?
JOUR DÉLICIEUX, 1896

En parcourant l’édition de lundi du New York Times, j’ai rapidement été attiré par le titre d’un article sur le peintre Gauguin: «Is it Time Gauguin Got Canceled?»

Depuis quelques années, les historiens sont appelés à se prononcer régulièrement sur la place que nous réservons à des politiciens, des activistes, des artistes ou des sportifs. Quels héritages doit-on commémorer? Doit-on faire disparaître ou dissimuler ce qui choque à la lumière de nos valeurs ou de nos priorités actuelles?

La plupart du temps, l’historien insiste sur la nécessité de préserver le passé mais de le remettre en contexte. S’il considère les susceptibilités de ses contemporains, le spécialiste de l’histoire voudra principalement nourrir la réflexion qui précède le retrait d’un monument ou la dissimulation d’une œuvre. On ne peut rien changer à l’histoire, mais on peut cependant choisir ce que nous honorons.

Si, aux États-Unis, les projecteurs ont été récemment braqués sur le retrait de monuments confédérés, le cas de Paul Gauguin retient l’attention depuis peu. Et le débat autour du peintre et de ses œuvres va bien au-delà du continent américain.

Le nom Gauguin attire encore beaucoup de visiteurs dans les musées à l’échelle internationale. Une exposition des œuvres du peintre est toujours couronnée de succès et les recettes sont au rendez-vous.

La vie du peintre français comporte cependant plusieurs zones d’ombre. Nous apprenons peu de choses nouvelles sur son existence, mais nous portons un regard différent sur celle-ci.

Gauguin est un Occidental privilégié qui passera les 12 dernières années de sa vie à Tahiti et sur l’île Hiva Oha. Il y réalisera de nombreuses toiles dont plusieurs portraits. Ce sont ces derniers qui sont au cœur de la remise en question entourant son héritage artistique.

Lors de son séjour en Polynésie, Gauguin a profité d’une plus grande liberté sexuelle, plusieurs de ses maîtresses étaient des mineures et certaines d’entre elles se retrouvent dans ses œuvres. De ses relations naîtront des enfants qui, eux aussi, figureront dans ses tableaux.

Sans vouloir atténuer la portée des actions du peintre, je précise qu’à l’époque, le comportement de Gauguin ne choque pas en Polynésie et qu’on ne retrouve aucun indice de poursuites judiciaires. D’ailleurs, l’attentat à la pudeur ne concernait que les moins de treize ans. Les «compagnes» de Gauguin ont 13 ou 14 ans.

Le comportement de Gauguin est celui de bien des visiteurs de la métropole dans un monde colonial. Il lui arrive parfois d’être condescendant avec les «sauvages». Je précise cependant que si le peintre avait vécu ainsi sur le continent ou dans la métropole, il aurait été jugé sévèrement.

Pour certains observateurs de l’époque, mais surtout pour nous, au XXIe siècle, Gauguin est un pédophile. Si certains de ses portraits étaient plutôt des photographies, les musées ne les présenteraient pas tant le malaise serait encore plus grand en observant de jeunes adolescentes dénudées, un malaise particulièrement inconfortable quand on sait que la jeune femme est une maîtresse ou même une épouse du peintre.

Alors, que faire de l’œuvre de Gauguin? On continue à la présenter, mais on ajoute des commentaires pour accompagner les œuvres? On la cache dans les caves des musées? Si l’homme est détestable, l’œuvre est majeure.

Je ne compte plus le nombre de grands personnages dont la vie et l’œuvre furent d’une grande complexité. Si nous devions dégommer tous les «grands ou grandes» de l’histoire dont la personnalité ou les comportements furent exécrables et condamnables, nous n’en finirions jamais de réécrire l’histoire. Continuons à présenter Gauguin, mais racontons toute son histoire et, surtout, n’oublions pas la contextualisation.

Je comprendrais parfaitement que vous ne partagiez pas mon avis.

Vous trouverez l’article du New York Times ici .

Gauguin bientôt sorti des musées?

CONTES BARBARES, 1902
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