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Par Pauline LaforgueLe 11 décembre 2019
Complices lorsqu’ils se retrouvent, Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy ont noué entre eux une relation particulière. Et il y a même une qualité chez l’actuel chef de l’Etat, que son prédécesseur apprécie tout particulièrement.
Il lui voue une véritable admiration. Si depuis le début de son mandat Emmanuel Macron ne fait pas toujours l’unanimité auprès des Français, mais aussi, de la classe politique, il en est un qui ne manque jamais de lui rendre hommage : Nicolas Sarkozy. tant que ce dernier tacle sans cesse son successeur François Hollande, il n’est jamais avare en belles paroles lorsqu’il s’agit de complimenter le jeune président de 23 ans son cadet. Et il y a notamment une qualité d’Emmanuel Macron qu’il apprécie tout particulièrement et le « fascine » : son intelligence.
« Il est flatté que le président le traite avec égards, lui demande son avis. En retour, Sarkozy se comporte avec lui en homme d’Etat », souligne un habitué de l’Elysée dans Le Parisien, en kiosque mercredi 11 décembre. Un rôle auprès d’Emmanuel Macron, que l’époux de Carla Bruni apprécie tout particulièrement, lui qui « se reconnaît plus jeune » en l’actuel président de la République. « Nicolas l’aime beaucoup. Pour lui, Macron c’est Sarkozy express ! Il fait tout comme lui, mais en plus vite. Il est dans une position bienveillante, il ne fera jamais rien contre lui », précise un proche au Parisien.
Depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy a noué des liens étroits avec l’époux de Brigitte Macron. En plus de le rencontrer régulièrement lors de cérémonies officielles, le chef de l’Etat peut également compter sur son prédécesseur pour le représenter à l’étranger, comme lors de l’intronisation de l’empereur du Japon. Une complicité qui dépasse même désormais la politique. Et en privé, Nicolas Sarkozy n’est même « pas tellement critique » envers Emmanuel Macron. « Ils se parlent de temps en temps par téléphone sur des sujets internationaux. Il y a du respect entre eux », assurait même un proche du président de la République.
]]>Par François Pinault
Dire adieu à un ami est un exercice difficile.
Jacques Chirac fut l’un de mes plus chers amis. Ce qui avait commencé comme une relation de circonstances s’est mué, avec le temps, en un lien fort, solide et indissoluble.

Cela tenait beaucoup à la nature de cet homme exceptionnel. Comme nul autre, Jacques Chirac maîtrisait cet équilibre fragile entre la distance et la proximité, le respect et l’empathie, et enfin la fidélité et la liberté, qui constitue le socle même de l’amitié.

Notre première rencontre date d’il y a plus de quarante ans. Il était alors maire de Paris. Je n’avais de lui qu’une idée vague, celle d’un homme politique à l’ambition débordante. Il m’avait invité en ma qualité de jeune entrepreneur à l’hôtel de ville pour m’entretenir d’une affaire « des plus importantes ». Ce jour-là, dans son grand bureau, il m’avait parlé d’une entreprise de menuiserie au bord du dépôt de bilan à Meymac, en Corrèze. Il m’avait longuement exposé la situation des salariés, qu’il connaissait individuellement, les risques qu’ils encouraient, leur histoire personnelle… avant d’affirmer le plus sérieusement du monde : « Mon avenir politique dépend du sort de cette entreprise de menuiserie ! » Son « numéro » m’avait amusé, mais c’est surtout sa détermination et l’énergie qu’il mettait à défendre cette petite entreprise qui m’avaient impressionné. J’avais décidé de jouer son jeu. J’avais repris la menuiserie. S’en est suivi un long compagnonnage qui m’aura permis d’approcher de près ce personnage complexe, tout en pudeur et retenue, mais ô combien attachant.
Energie. A l’époque, il avait décidé de vivre vite, d’agir avec conviction et ténacité, de ne reculer devant aucun obstacle, de ne jamais s’arrêter. Son énergie était inépuisable et son charisme, irrésistible. Il ne faisait jamais les choses à moitié. L’à-peu-près n’existait pas dans son vocabulaire. A chaque campagne électorale, fût-elle cantonale, municipale, législative ou, enfin, présidentielle, il éprouvait ses capacités physiques jusqu’à leurs dernières limites. Il a ainsi arpenté la majorité des communes de France, visitant autant que faire se peut les boutiques, les commerces, les restaurants, les fermes… serrant toutes les mains sans distinction. Lorsque je l’accompagnais, j’étais frappé par la manière dont son charme opérait. Tout le monde se reconnaissait en lui, du paysan breton au bobo parisien, de l’élu local au chef d’Etat étranger. Il avait cette rare faculté de faire siennes les préoccupations d’autrui, en particulier celles des gens simples et humbles, qui suscitaient chez lui une sympathie naturelle, spontanée et authentique. Pour eux, il était plein d’attentions et de marques de respect, quitte à prendre tous les risques. Il aimait les discrets et les silencieux, même après avoir accédé à la magistrature suprême. Il se voulait le miroir de l’esprit français dans ce qu’il considérait de meilleur : l’attachement aux racines et l’aspiration à l’universalité. Les Français ne s’y sont pas trompés. Ils l’ont aimé, malgré les aléas de la vie publique.
Sous les feux de la rampe, il restait impassible et imperturbable. La lumière le laissait de marbre. D’une certaine manière, il l’avait domptée pour mieux se protéger. Tous ses faits et gestes étaient observés, scrutés, analysés, commentés. Mais l’homme est toujours resté une énigme. Rien ne lui aura été épargné, ni la critique, ni la caricature, ni même les hagiographies excessives. Il opposait à ses exégètes soit une distance amusée, soit une indifférence souveraine. Il s’était armé d’une carapace solide pour mettre à l’abri de la curiosité sa sensibilité, ses fragilités, en un mot son être intime.
Culture. Celui qu’on a longtemps présenté comme un amateur de westerns et de musique militaire lisait le soir les vers subtils de la poésie japonaise, méditait les préceptes de la sagesse chinoise et dévorait toute la littérature consacrée aux arts premiers. Pour lui, la culture représentait la plus noble des avancées humaines, celle qui soude les peuples. Son esprit ouvert et délicat se refusait pourtant à exprimer le moindre jugement en public. Aux postures il a préféré l’action. Durant sa carrière, il n’a eu de cesse de promouvoir la culture. Maire de Paris, il a insufflé une nouvelle énergie à la vie culturelle de la capitale en investissant pleinement le champ artistique. Premier ministre, il a mis tout son poids dans la balance pour sauver le Centre Pompidou. Président de la République, il a œuvré sans relâche pour l’ouverture et le succès du musée du Quai-Branly. Il m’a appris à aimer les arts premiers. Hélas, je ne suis pas parvenu à éveiller son intérêt pour l’art contemporain. Quoique…
La vie de Jacques Chirac ne fut pas soustraite aux épreuves. Au contraire. Mais rien n’entamait son calme apparent. Il affichait en toutes circonstances une retenue exceptionnelle. En cela, il suivait, à la lettre, le conseil du cardinal de Richelieu à Louis XIII quand il disait qu’un homme d’Etat doit savoir renoncer aux « sentiments des particuliers ». Il l’a fait et même davantage. Une seule fois je l’ai vu fendre l’armure, lorsqu’il a appris la mort de sa fille Laurence.
Retenue. Dans les affaires publiques, il ne s’est jamais départi de son impassibilité. Aux mauvaises manières il répondait par le silence. Rien ne trahissait la moindre émotion sur son visage. Je reste néanmoins persuadé qu’il a été profondément meurtri par l’attitude de ceux qui lui ont tourné le dos en 1994. Cela ne l’a d’ailleurs pas empêché de faire appel à certains d’entre eux dès lors qu’il les jugeait aptes à servir la France. Il avait le talent de s’élever au-dessus de lui-même.
La sphère privée se résumait à sa famille : son épouse, ses filles et son petit-fils. Mais, là encore, il affrontait ses angoisses dans une solitude sans doute douloureuse. Nous n’en avons jamais parlé, mais je devinais chez lui un fond religieux.
La mort, il n’en parlait jamais, mais il y pensait, ne serait-ce qu’en raison des signes qui l’annonçaient : la rage qui s’assoupit, la mémoire qui fait défaut, les mots qui se dérobent, le silence qui s’annonce… Mais il l’a défiée jusqu’à son dernier souffle.
Cette force le rendait unique.
Il était le plus précieux de mes amis.
Jacques Chirac est désormais rendu à l’Histoire et à la mémoire d’un peuple qui l’a tant aimé§